L’église de Vieu d’Izenave

Les Journées du patrimoine ont cette année pour thème : « Voyage du patrimoine ». Voyager, ce n’est pas forcément aller au bout du monde, mais découvrir avec le soeur les lieux qui font l’histoire d’une région, d’un village. L’église de Vieu d’Izenave est l’une de ces richesses.

Histoire

L’église actuelle a été construite au XVe siècle. L’origine gallo-romaine du village (Vicus ? Vieu) laisse supposer que d’autres édifices ont précédé celui que nous connaissons. La paroisse est mentionnée dès 910 comme dépendance de l’église de Lyon. Au Moyen-Âge, l’entretien de l’édifice était, entre autres, à la charge des chartreux de Meyriat.
Depuis la fondation de la Chartreuse de Meyriat (XIIe s.), les prieurs furent curés de Vieu-d’Izenave et avaient, à ce titre, certains droits de juridiction sur le village. Ils auraient eu l’habitude de se faire enterrer dans l’église de Vieu. Ce qui tend à se confirmer. En effet, en mars 1986, lors des travaux entrepris pour le chauffage de l’église, le maçon mit à jour plusieurs squelettes alignés dans le sous-sol de la sacristie actuelle.

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Le clocher

Le clocher-porche, construit en 1693 (date gravée sur le portail) pour remplacer un autre plus ancien, fut détruit sous la Révolution jusqu’à hauteur de la toiture de la nef, puis reconstruit en 1818. En 1825, on remplaça l’ardoise de sa couverture par du fer blanc. La charpente du clocher fut refaite en 1864. Autrefois couverte de lauzes, la partie sud du toit fut remplacée par des tuiles en 1912-1914. L’intérieur du porche fut rénové en 1989 et de belles pierres apparurent.

Le 24 juillet 1960, deux cloches « Anne-Marie » et « Marie-Marthe », fondues par la Société Paccard à Annecy, furent inaugurées à l’église de Vieu sous le ministère de l’abbé Desmaris par Monseigneur Fourrey, évêque de Belley. Elles furent installées dans le clocher dont la charpente avait été entièrement refaite quelques années auparavant.

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L’intérieur de l’église
L’accès à l’intérieur de l’église se fait par une porte, sans doute la porte primitive, en arc brisé surmonté d’une sorte de tympan avec une croix sculptée dans la pierre et, au-dessous, d’un autre arc brisé.

L’église à nef unique est à trois travées avec voûte en berceau brisé. Une tribune occupe la première travée. Sous la tribune, un beau plafond à la Française a revu le jour lors des travaux de 1989.

Dans la deuxième travée, côté sud, s’ouvre une petite chapelle dédiée à la Vierge, voûtée en berceau.

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Dans l’avant ch?ur, au nord, s’ouvre une chapelle dédiée à Saint-Antoine, voûtée sur croisée d’ogive, reposant sur des culots sculptés et représentant, pour deux d’entre eux, une figure de femme. Le mur nord est orné de peintures murales (XVe siècle) dégagées et restaurées en 1989.

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Le ch?ur, voûté en berceau brisé, est percé d’une fenêtre de style gothique. L’autel actuel (1955-1957), face à l’assistance, est constitué d’une grande table en chêne. Il remplace l’autel primitif situé, autrefois, contre le chevet du ch?ur.

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La sacristie, au sud du ch?ur, laisse entrevoir des peintures murales (arabesques et rinceaux de feuillage).

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Les cinq statues en plâtre (XIXe siècle) qui ornent l’église ont été remises en peinture polychrome par l’atelier d’art des S?urs de Bethléem à Belmont-Tramonet (Savoie) en 1999. L’une d’elles représente saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse. Le chemin de croix imagé du XIXe siècle (14 stations) est accroché aux murs de la nef. Les fonts baptismaux (XVIe siècle) sont constitués d’un bassin octogonal en pierre de petite dimension. Le confessionnal en sapin, dans la chapelle sud, est déjà mentionné dans l’inventaire de mars 1906. Le bénitier, à l’entrée de l’église, remonte à 1880 environ. Sa vasque en marbre de forme ovale repose sur une petite colonne très galbée.

Les Tilleuls
Le terrain qui entoure l’église correspond à l’ancien cimetière; une seule tombe, celle de Francisque Bouvet (1799-1871), député de l’Ain et Consul de France, subsiste encore à l’angle sud du chevet.
Jusqu’en 1951, l’église avait fière allure, entourée de beaux tilleuls plantés sous Sully. Il fallut malheureusement les abattre pour protéger les constructions environnantes. En 1993, à l’occasion du tri-centenaire du clocher, trois jeunes tilleuls ont été plantés : l’un par le Curé René Bardet, le deuxième par le Maire Hector Doy et le troisième par les enfants de la paroisse.

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L’église de Vieu d’Izenave, bâtiment chargé d’histoire et rénové avec goût, est un lieu de prière que les paroissiens du village … et des environs… aiment tout particulièrement.
Noëlla Doy et Monique Brunet