Paroisse Pont-de-Veyle

Une maman pour la vie.

Je rédige ce « mot du Curé » alors que nous venons d’apprendre que la cour d’appel de Paris a ordonné la reprise du traitement pour Vincent Lambert. Un traitement qui a été interrompu le temps d’une journée, lundi 20 mai 2019. Au-delà tout d’abord de la souffrance endurée par ce jeune homme, au-delà de toutes les questions médicales et éthiques, au-delà de tous les débats autour de cette question, au-delà de la médiatisation autour de ce cas… Il me semble que nous pouvons souligner un aspect particulier : celui du regard de la maman de Vincent sur son fils.

 

Quelle maman peut rester insensible face à la vie de son enfant ? Une maman est naturellement pour la vie ! Elle l’est, d’une part, au sens propre parce qu’elle porte la vie pendant 9 mois. Tout au long de sa maternité, une maman ne fait qu’un avec son enfant. Elle sent battre son coeur, elle ressent les mouvements de ce petit corps en formation. Elle s’émerveille devant les écographies. Chaque visite médicale pendant la grossesse est, d’abord, une petite appréhension « mon bébé va-t-il bien ? », puis un soulagement « Il grandit ! ». Une maman souffre pendant l’accouchement, la mise au monde se fait dans la douleur, mais la joie de la naissance est incomparable quand on lui présente le nouveau-né que l’on dépose sur son sein.

 

Une maman est pour la vie parce qu’elle accompagne son petit dans les premiers jours, dans les premières semaines… puis au fil des mois, puis au fil des ans. Son enfant reste son enfant ! Lorsque celui-ci arrive à l’âge adulte, une maman reste attentive, quoi que discrète, elle veille et regarde évoluer la chair de sa chair. Elle se réjouit quand son enfant va bien, elle souffre quand il souffre, elle l’aide parfois à poser les bons discernements, elle reste un repère fort et rassurant. Cela est tellement vrai, qu’une maman qui perd son enfant reste marquée à tout jamais car, dit-elle, « on m’a enlevé la vie ». Par conséquent, une maman est pour la vie au sens figuré du terme. Comment peut-il en être autrement ? Elle défend la vie !

 

Ce dimanche nous fêtons nos mamans ! Jésus dans l’Evangile nous adresse ces paroles : « Je vous donne ma paix ! ». Souhaitons à nos mamans d’accueillir cette Paix du Christ Ressuscité. Non pas « à la manière du monde » dit Jésus, mais nourris de cette Espérance, de cette Foi au Dieu Vivant qui nous promet la Vie Eternelle. A toutes les mamans, je veux dire ceci : « Que votre coeur ne soit pas bouleversé ni effrayé ! ». Soyez heureuses et fières de la vie que vous portez ! Soyez heureuses et fières des enfants qui sont les vôtres ! Soyez heureuses et fières de les voir grandir, s’affermir, de prendre la vie à bras le corps ! Rendez grâce pour tout ce que vous avez pu donner et transmettre ! Votre mission est essentielle pour la vie de vos enfants. Ils attendent de vous cette présence rassurante et aimante. Vous avez entre les mains la capacité de transmettre tout le trésor de la vie intérieure. Merci, chères mamans, de ce travail si discret et humble que vous accomplissez au jour le jour. Nous savons, ou nous percevons, que, parfois, vous cachez vos larmes parce que vos enfants ne prennent pas le chemin que vous auriez souhaité. A vous, mamans, qui avaient peut-être perdu un petit enfant, un nouveau-né : Soyez assurées que celui-ci intercède pour vous et qu’il est un protecteur pour votre famille et pour vous-même. Si votre enfant est décédé par suite de maladie et par accident, si votre enfant vous a tourné le dos pour différentes raisons : Laissez-vous consoler par le Coeur de Jésus car en Lui « vous trouverez le repos », Il saura vous apporter la consolation. Ce que vous avez semé portera ses fruits dans l’Eternité.

 

Enfin, bien sûr, à la fin de ce mois de Mai comment ne pas évoquer celle qui est la Mère des mères parce qu’Elle est Mère de Dieu ? Très chères mamans, la Vierge Marie doit être votre modèle. Exemple de douceur, de fidélité dans les petites choses du quotidien. Marie est le modèle des mamans. D’une présence continuelle et tout à la fois discrète. Elle est debout au pied de la croix mais elle est aussi la première au tombeau le matin de Pâques. Marie a chéri son Jésus mais Elle l’a aussi laissé partir sur les routes de Galilée. A nous tous, que nous ayons encore celle qui nous a donné la vie ou pas, Marie est notre Mère parce qu’ « Elle nous a engendré 2 fois : à la crèche et à la croix » (St Curé d’Ars) et parce qu’Elle nous conduit toujours au Christ, Source de la vie, source de la joie.

 

Bonne Fête à toutes les mamans !

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +