Paroisse Pont-de-Veyle

Le commandement de l’amour.

Quand on m’interroge sur la vie de notre paroisse, je réponds assez spontanément qu’il règne entre les fidèles de notre communauté une réelle fraternité. Sans se jeter des fleurs, il faut reconnaître que de beaux liens se sont tissés entre chaque membre de notre paroisse, de tous les clochers, et que des initiatives se prennent pour venir en aide à tel ou tel, rendre tel service, proposer telle démarche, faire telle visite à qui en a besoin. Pour tous ces liens fraternels, nous devons rendre grâce à Dieu. Ils sont le fruit d’un climat de prière, d’un amour pour le Seigneur que chacun entretient dans le silence de son coeur et qui se révèle et s’exprime par la beauté et la ferveur de nos liturgies. Nul doute aussi que la place importante qu’occupe la Vierge Marie dans notre vie paroissiale est un vecteur capital pour notre unité. Tout cela répond à cet appel insistant de Jésus : « Aimez-vous les uns, les autres, comme je vous aimés. A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes me disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). La charité fraternelle, l’unité d’une paroisse est le premier acte d’évangélisation que nous pouvons faire en direction de ceux qui ne partagent pas, encore, la Foi au Christ mort et ressuscité pour nous. Il n’est pas nécessaire de faire de grands discours, d’avoir de belles prières universelles pour demander la paix dans le monde, pour demander de « s’accepter dans nos différences » si, déjà à notre mesure, nous ne mettons pas tout en oeuvre pour être artisan d’unité et de paix là où nous sommes. Nos familles, nos paroisses, nos mouvements sont le 1er lieu où nous devons oeuvrer pour l’unité.

 

On ne dira jamais assez que le monde se meurt parce qu’il a perdu le sens de Dieu. Nous n’avons pas le droit, Chrétiens, d’entretenir des rancoeurs d’un village à un autre. Nous n’avons pas le droit de nous batailler comme des enfants sur une cour de récréation pour des questions de « sensibilité liturgique ». Nous n’avons pas le droit, parce que le monde meurt de soif de Jésus-Christ, de critiquer publiquement tel Prêtre parce qu’il ne répond pas à ce que nous voudrions… Tout cela est très mauvais et n’est pas de Dieu. Il nous faut abolir ces attitudes et ces paroles qui nuisent à l’unité voulue, souhaitée, commandée par le Seigneur.

 

En écrivant ces lignes, je repense à Jean VANIER, fondateur des communautés de l’Arche et de Foi et Lumière qui accueillent des personnes avec un handicap. Jean disait souvent avec les larmes dans les yeux : « Œuvrez pour l’unité ! Œuvrez pour l’unité ! L’unité n’est pas une option elle est une nécessité, elle est indispensable au corps de l’Eglise qui est Jésus. L’unité, disait Jean Vanier, est le fondement de la mission, le commencement de la nouvelle  évangélisation ».

Et Dieu sait si ce fondateur a bouleversé bien des codes dans les communautés de  l’Arche afin que tous puissent trouver et prendre sa place. De la même manière, dans une communauté paroissiale, il y a de la place pour tout le monde. Il n’y a pas de différence entre les riches, les pauvres, les personnes seules, les couples, les familles, les personnes ayant un handicap. Chacun à sa place, chacun est accueilli pour ce qu’il est en profondeur : un enfant de Dieu qui est aimé. « Tu es bien plus beau que tu n’oses le croire ! » disait encore Jean Vanier. Oui, je me réjouis comme Curé et Pasteur de cette paroisse, de voir les liens que nous avons pu tisser les uns avec les autres. Je me réjouis quand j’entends quelqu’un de l’extérieur à la communauté qui, au terme de la Retraite paroissiale, m’a confié : « Père, vous avez une belle paroisse ! On sent l’esprit d’une famille ! ». Cela fait du bien à entendre… et j’imagine pour vous, à lire !

Certes, il y a encore du travail, il y a des efforts à faire de tous les côtés. Certes, il y a des conversions que nous devons encore, moi le premier, opérer, pour que cette unité soit parfaite. Nous devons tous, chaque jour, nous remettre en question et demander au Seigneur d’affermir notre volonté d’être artisan d’unité. Ma pensée se tourne vers ceux, peu nombreux, qui ont encore du mal, dans notre communauté, à accepter tel ou tel point qui peut être un élément de désaccord. Je vous le demande au nom de Jésus : Ne restez pas sur le bord de la route ! Venez rencontrer votre Curé dans un échange vrai et fraternel ! N’entretenez pas cet esprit de rancune qui plaît tant au diviseur, à l’Adversaire. Accueillez aujourd’hui le commandement du Christ Ressuscité qui nous appelle : « Je vous donne un commandement nouveau : C’est de vous aimer les uns, les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ».

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +