Paroisse Feillens

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5ème dimanche de Pâques - 19 mai 2019

 

La première lecture de ce dimanche nous présente la glorification de Jésus d’une manière particulière : elle intervient par l’intermédiaire de l’apostolat et de ses fruits. Paul et Barnabé achèvent leur premier voyage apostolique en Asie Mineur. Ils retournent dans la ville déjà visitée et cherchent à revivifier les disciples, à les exhorter à rester solide dans la foi car, comme ils disent, «  il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » La vie chrétienne n’est pas toujours facile. Il faut affronter un certain nombre de difficultés, de tribulations, mais avec la grâce de Dieu et la force du Ressuscité, il est possible de les dépasser. C’est ainsi que vivaient les premiers chrétiens comme nous le rappelle cet extrait du livre des Actes des apôtres (Actes des Apôtres 14, 21b-27).

 

Revenus à Antioche, Paul et Barnabé racontent à la communauté tous ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi. Tout cela est le fruit de la résurrection de Jésus. C’est l’amour universel du Christ ressuscité qui a poussé les apôtres à répandre la parole de Dieu au milieu des païens. C’est ainsi, par leur intermédiaire, que Dieu à accomplit de grandes choses. Le Ressuscité possède une force d’amour qui dépasse toutes les limites, qui ne s’arrête devant aucun obstacle et cherche à réunir l’humanité tout entière en un seul peuple, en une seule Eglise. Comme baptisés, nous sommes appelés à être annonciateurs du Christ ressuscité.

Pour poursuivre notre méditation sur l’annonce de l’Evangile, lisons cet extrait de l’homélie du Pape François : «  les premiers chrétiens n’avaient que la force du baptême qui leur donnait ce courage apostolique, cette force de l’Esprit, même au milieu des persécutions. Ils ont abandonné leur maison, ont emporté avec eux certainement très peu de choses ; ils n’avaient aucune sécurité, mais ils allèrent de lieu en lieu en annonçant la Parole de Dieu. Ils sont des simples fidèles qui ont à peine été baptisés depuis un an ou un peu plus peut être. Mais ils avaient le courage d’aller annoncer. Mais nous, avons-nous cette force, croyons-nous à cela ? Au fait que le baptême puisse suffire pour évangéliser ? » Et le Pape ajoutait encore : « Souvent, la grâce du baptême est un peu fermée sur elle-même, et nous sommes enfermés dans nos propres pensées, dans nos affaires. Ou parfois pensons-nous : J’ai reçu le baptême, la confirmation, la première communion, ma carte d’identité est en règle. Et donc tu dors tranquille : tu es chrétien. Mais où se trouve alors, a demandé le Pape, cette force de l’Esprit qui te porte en avant ? Si nous annonçons par contre, l’Eglise devient Mère qui engendre des fils, parce que nous, fils de l’Eglise, nous portons cela. Par contre lorsque nous ne le faisons pas, l’Eglise devient non pas une mère, mais l’Eglise-baby-sitter qui s’occupe de l’enfant et cherche à le faire dormir. C’est une Eglise assoupie. Pensons donc à notre baptême, à la responsabilité de notre baptême. »

Père Aimé  OWAH, Curé

 

 

4ème dimanche de Pâques - 12 mai 2019

 

En marche vers le bonheur éternel !

Notre communauté paroissiale est réunie en ce quatrième dimanche de Pâques, dit dimanche du « Bon Berger » et des « Vocations », pour célébrer le Seigneur ressuscité, qui nous ouvre les portes de la vie éternelle. A l’instar de la foule immense de témoins  contemplée par Jean dans la deuxième lecture, nous sommes rassemblés dans la joie pour faire mémoire de la victoire que l’Agneau immolé et vainqueur nous a acquise par le don de sa vie. Merveille que fit pour nous le Seigneur !

 

Les textes proposés à notre méditation nous encouragent à rester fermement attachés à ce que nous croyons : « le Christ est mort pour nos péchés et il est à jamais vivant pour nous ». Par son triomphe sur la mort, il a réduit à l’impuissance le péché et ses conséquences. Il a ainsi tracé le chemin de la vie pour ceux qui écoutent sa Parole et le suivent. « Mes brebis écoutent ma voix », déclare-t-il ! Les brebis se distinguent par leur remarquable docilité au berger. C’est cette attitude d’obéissance fondée sur la confiance que Jésus nous donne en exemple. Le disciple qui écoute attentivement le Maître et marche fidèlement à sa suite est sûr d’arriver au but de son cheminement.

 

Nous sommes en marche vers la Patrie céleste, en marche vers les biens éternels auxquels nous croyons. L’aboutissement de ce pèlerinage dépend essentiellement de l’attention que nous portons aux consignes du Bon Berger. Si le conducteur guidé par une aide à la navigation est certain d’arriver à destination, le chrétien qui reste à l’écoute de Jésus est plus que sûr d’entrer dans la vie éternelle.

 

Nous sommes en marche vers l’objet de notre espérance ! Une marche aussi joyeuse que périlleuse à cause de nombreuses embûches que nous pouvons rencontrer. Pourtant, toutes ces épreuves ne doivent en rien éteindre notre détermination. C’est par notre persévérance que nous serons jugés dignes de l’héritage promis ainsi que le proclame l’Apocalypse : « ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau ».

 

Mettons toute notre confiance dans le Seigneur qui nous connait et nous aime. Il nous conduira sûrement « aux sources des eaux de la vie ». Puissent nos cœurs demeurés attentifs à sa voix pour qu’au milieu du tumulte et des idoles flatteuses de notre monde, nous sachions discerner ce qui est juste, ce qui est salutaire pour nos âmes, ce qui est digne de la vie éternelle. Que fleurissent à jamais des vocations sacerdotales et religieuses pour le service du Royaume des Cieux !

Père Davy  SANZA NZAHOU MIKELE   

 

3ème dimanche de Pâques - 5 mai 2019

 

De l’échec au succès !

L’évangile de ce Troisième dimanche de Pâques manifeste une fois de plus la puissance infinie de Jésus ressuscité, vainqueur du Mal et des ténèbres. L’expérience que font les apôtres au bord du lac de Tibériade est véritablement un glorieux passage de l’échec au succès. Au terme d’une nuit de durs mais infructueux labeurs, ils parviennent à capturer une immense quantité de poissons grâce à la présence du Christ, le Maître du temps et des circonstances. « Or, cette nuit-là, ils ne prirent rien », affirme saint Jean. Au plus fort de la nuit du doute, de l’incertitude et du désespoir, les apôtres se heurtent à l’insuccès.

La lumière apportée par le Christ (au lever du jour), met fin à l’épreuve de l’échec et ouvre la splendide page de la réussite. « Jetez le filet à droite » ! En obéissant à la Parole de Jésus, les apôtres remportent enfin la victoire qui semblait s’échapper de leur prise. « C’est le Seigneur », s’écrie le disciple bien-aimé. Il reconnaît de suite que leur réussite n’est ni le fait du hasard ni le résultat de leurs propres efforts, mais le fruit de l’intervention de Jésus. Ainsi, conscient de son indignité, Pierre se jette à l’eau en signe de respect pour celui qui mérite tout honneur et toute gloire.

Cette scène merveilleuse est un beau prélude à la mission qui sera ensuite confiée à Pierre. Après son triple reniement corrigé par sa triple confession d’amour, (« oui Seigneur tu sais bien que je t’aime »), il devra conduire l’Eglise, en comptant ni sur son expérience ni sur ses capacités humaines, mais sur la grâce divine qui accomplit et couronne les efforts de l’homme.

« Jetez le filet à droite et vous trouverez » ! Bien plus que la simple exécution d’un ordre, les apôtres, lassés et découragés, ont fait preuve d’une foi admirable. Oui, l’obéissance de la foi ouvre des portes fermées et abat des obstacles infranchissables. La foi est en fin de compte l’écoute obéissante de Jésus. C’est une communion de vie et d’action avec celui qui est « le Chemin, la vérité et la vie ». Avoir la foi, c’est inviter le Seigneur à la table de notre maison, pour qu’il partage nos peines et nos joies. La foi, c’est l’accueil généreux de la lumière du ressuscité qui nous indique le juste chemin. Que l’Esprit Saint fasse grandir notre confiance dans le Nom du Seigneur qui peut tout !

Père Davy

 

Divine Miséricorde - 28 avril 2019

 

La joie pascale, la joie chrétienne est joie profonde. Non pas la joie que nous ressentons tout naturellement quand tout va bien, quand nous sommes en bonne santé, pleins de projets, de vitalité, quand nos relations avec la famille, les amis, sont plaisantes. La joie de la résurrection, c’est celle qui vient lorsque tout semble mal tourner, avec la souffrance, la maladie, l’angoisse, la peur, le désarroi. C’est la joie fondée sur la confiance que nous avons en Jésus mort sur la croix et ressuscité le jour de Pâques. Cette joie apporte avec elle une paix profonde.  Comme le dit saint Jean, dans le texte d’aujourd’hui, avec la joie et la paix, le Christ nous donne son Esprit pour que nous puissions remplir la mission qu’il nous a confiée : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ». C’est une invitation à sortir de nos sacristies et à vivre son message d’espérance et de vie nouvelle, dans notre monde d’aujourd’hui, au beau milieu de la course effrénée de notre siècle.

C’était le premier jour de la semaine, comme le premier jour où le monde crée sort du souffle de Dieu. Premier jour d’un monde nouveau, le monde de la vie nouvelle qui éclate. Les portes sont verrouillées, les cœurs sont barricadés dans le doute, le désespoir, la peur. Mais rien de tout cela n’arrête Jésus ; car il est présent au plus profond des hommes du monde. Alors que la peur enferme dans l’ombre de la mort. Lui, Jésus, manifeste sa présence aux disciples. Il dévoile qu’il est là, au milieu d’eux, au milieu de leur doute, au milieu de leur peur. Du coup tout change, leurs cœurs débordent de joie et ils croient c’est bien lui, lui le condamné, le crucifié, l’enterré. Ses mains, ses pieds et son côté en portent les traces indélébiles. Oui, il est vivant. Cependant Thomas, le jumeau est absent ; il refuse catégoriquement de croire : « Non je ne croirai pas ». Pourquoi le « jumeau ? Le jumeau de qui ? » D’abord des autres disciples. Il est l’un des douze. Mais bien plus il est le jumeau de moi, de nous, qui voulons, qui exigeons des signes, des preuves, des miracles.

Pourtant Thomas a raison, il faut que Jésus ait visité la souffrance et la mort. Oui, la mort l’a visité et il l’a traversée pour entrer dans la résurrection.  Jésus est et reste pour toujours l’Agneau immolé pour le salut du monde entier. Et nous, saurons-nous vivre dans la paix malgré les difficultés, les souffrances, les épreuves pour garder nos cœurs dans la foi. Car la paix, les plaies, la foi sont les signes de sa présence. Surtout n’oublions pas les paroles de Jésus et son souffle. Il souffla sur eux et leur dit : «  recevez l’Esprit Saint ». Ce geste symbolise la création des temps nouveaux, inauguré par la mort et la résurrection du Christ. Il rappelle le geste de la création lorsque Dieu insufflât la vie de l’être humain en partageant avec lui son souffle vital (Genèse 2,7). L’être d’argile devint alors un être vivant. Oui nous sommes heureux : Jésus nous ouvre les portes de la joie pour que notre cœur s’ouvre à la foi. Nous sommes porteurs du souffle du Christ, de son Esprit, de ses valeurs. Nous sommes « le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit… » Quelle beau mandat que cette mission de Pâques, mais combien difficile dans un monde qui ne croit ni à la paix, ni à la réconciliation. Le Christ nous invite aujourd’hui à créer avec lui un monde nouveau, un monde de paix, de fraternité et d’amour. (Jean 20,19-31).

Père Aimé OWAH, Curé 

Dimanche de Pâques - 21 avril 2019

Le Seigneur est ressuscité, Alléluia!

 

L’Eglise Universelle célèbre dans la joie, la résurrection de notre Seigneur et sauveur Jésus-Christ, événement fondamental dans lequel s’enracine la foi chrétienne. « ils sont finis les jours de la passion », proclame la sainte Liturgie. Elles sont brisées les chaînes de l’esclavage du péché. Passé de la mort à la vie, le Christ nous introduit à jamais dans la gloire du salut.

Accueillons la lumière de la résurrection dans nos vies, rejetons les œuvres du péché et suivons résolument le Christ qui nous fait passer « des ténèbres à son admirable lumière ».

Puisse le ressuscité vous combler largement de ses grâces ainsi que vos familles respectives. A tous et à chacun, joyeuse Pâques !

Père Aimé OWAH, Curé  

 

 

Dimanche des Rameaux - 14 avril 2019

Aujourd’hui, l’Eglise commémore l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, où la foule l’avait accueilli avec des branche des palmiers, des chants, des danses, criant: « Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna au plus haut des cieux! »  La foule est dans la joie d’accueillir Jésus comme Roi, elle le reconnaît comme Messie fils de David. Mais nous allons aussi entendre au cours de la lecture de la passion ce cri de la foule disant: « Crucifie-le! Crucifie-le! ». Nous sommes devant le mystère de Dieu: la Gloire et la croix. Ainsi, en ce dimanche des Rameaux, j’aimerais soumettre à votre méditation ce beau texte de GUERRIC d’IGNY, texte tiré dans Sermon sur les Rameaux, dans les Pères de l’Eglise commentent l’Evangile.

« Si l’on considère en même temps la procession d’aujourd’hui et la passion, on voit Jésus, d’un côté sublime et glorieux, de l’autre humble et misérable. Car dans la procession il reçoit des honneurs royaux, et dans la passion on le voit châtié comme un bandit. Ici, la gloire et l’honneur l’environnent, là il n’a ni apparence ni beauté. Ici, c’est la joie des hommes et la fierté du peuple; là, c’est la honte des hommes et le mépris du peuple. Ici, on l’acclame: Hosanna au fils de David! Béni soit le roi d’Israël qui vient. Là, on hurle qu’il mérite la mort et on se moque de lui parce qu’il s’est fait roi d’Israël. Ici, on accourt vers lui avec des palmes; là, ils le soufflètent au visage avec leurs paumes, et l’on frappe sa tête à coups de roseau. Ici, on le comble d’éloges; là, il est rassasié d’injures. Ici, on se dispute pour joncher sa route avec le vêtement des autres; là, on le dépouille de ses propres vêtements. Ici, on le reçoit dans Jérusalem comme le roi juste et sauveur; là, il est chassé de Jérusalem comme un criminel et un imposteur. Ici, il est monté sur un âne, assailli d’hommages; là, il est pendu au bois de la croix, déchiré par les fouets, transpercé de plaies et abandonné par les siens. »

En ce jour, nous suivons le Christ qui entre dans le drame de sa passion et de sa mort. Il a besoin de nous pour veiller avec lui, même si c’est pour une petite heure. Il a besoin de Simon de Cyrenne pour porte toutes les croix de l’humanité souffrante. Il a besoin de centurions pour le reconnaître comme Fils de Dieu. Vivre cette semaine sainte, c’est un engagement de tous les jours et de tous les moments.

Je vous souhaite une bonne semaine sainte et une bonne et sainte montée vers Pâques.

Père Aimé  OWAH, Curé

 

5ème dimanche de Carême - 7 avril 2019

La liturgie de ce jour nous invite à accueillir les choses nouvelles que le Seigneur veut faire pour nous. La première lecture nous interpelle sur ce point. La seconde lecture fait références à une autre nouveauté : la conversion de Paul. Enfin, l’Evangile nous parle de la libération  de la femme adultère. Dieu est Dieu créateur, un Dieu qui ne se fixe pas dans le passé mais qui crée toutes choses nouvelles, dont la création est plus belle. Dans l’oracle du prophète Isaïe, il dit : «  Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau. » Pour les Hébreux les traces du passé étaient très importantes. Isaïe se souvient de l’exode, de la merveilleuse libération du peuple de l’esclavage en Egypte. Mais tout cela c’est du passé et il ne faut pas rester fixé dans le passé comme si lui seul était réel. Le Seigneur veut accomplir des choses encore plus belles. Dans la seconde lecture, Paul qui était particulièrement observateur de la loi rapporte qu’il a été libéré d’un péché plus caché et plus profond et donc plus inconscient : le péché de celui qui se croit bon, parfait et irréprochable et qui, par là, se laisse aller à l’orgueil.

Dans l’Evangile, nous voyons que Jésus n’est pas venu dans le monde pour juger, mais pour sauver. Nous voyons cette réalité dans un cas bien concret dans lequel on voit bien la différence de perspective entre les scribes et les pharisiens d’une part et Jésus d’autre part. Une femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Les scribes et les pharisiens cherchent à condamner et à la faire mourir. Selon la loi, elle doit être lapidée. Jésus, en revanche n’est pas venu pour juger et pour condamner mais pour offrir une chance, rendre possible une vie nouvelle, un nouveau départ, une création nouvelle. Dans ces circonstances, il trouve donc le moyen de libérer cette femme, mais sans contredire la loi mosaïque. Il accepte que l’on applique cette loi, mais il ajoute une condition : «  Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. » A la fin Jésus demeure seul avec la femme. L’Evangile nous permet d’assister à un dialogue très émouvant : «  Femme, où sont-ils donc ? Alors, personne ne t’a condamnée ? Elle lui répond : personne Seigneur. .. Moi non plus, je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus. » Le Seigneur a porté condamnation, lui aussi, mais contre le péché, et non pas contre la femme.

Voici ce que saint Augustin dit de l’épisode de la femme adultère : « Si Jésus disait : Que l’adultère ne soit pas lapidée, il serait convaincu d’injustice. S’il disait : Qu’elle soit lapidée, sa douceur ne paraîtrait plus. Qu’il dise ce que doit dire celui qui est à la fois doux et juste: Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. C’est la voix de la justice : que soit châtiée la pécheresse, mais non par des pécheurs ; que s’accomplisse la loi, mais non par ceux qui violent la loi. C’est assurément la voix de la justice. Frappés par cette justice comme par un fer de lance, s’examinant et se trouvant coupables, ils s’en allaient l’un après l’autre. Il ne reste que deux personnes : la misère et la miséricorde. » Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde.

Père  Aimé OWAH, Curé

 

4ème dimanche de Carême - 31 mars 2019

Ce dimanche, qui se trouve au milieu du Carême, est le dimanche de la joie. Nous lisons dans l’antienne d’ouverture : « Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! Aussi vous serez nourris et rassasiés de l’abondance de sa joie. » En cette troisième année du cycle liturgique, l’année C, la joie est surtout celle de celui qui reçoit la miséricorde de Dieu. La liturgie nous présente la parabole du Père miséricordieux. La seconde lecture nous parle, elle aussi, de la miséricorde de Dieu qui s’est réconcilié le monde dans le Christ. La première lecture nous livre le récit de l’entrée du peuple hébreu dans la terre promise à la fin d’un long chemin dans le désert.

La parabole du fils prodigue, ou plus exactement du père miséricordieux, est très émouvante. Elle met en avant la figure du père. Elle nous présente un père qui respecte pleinement la volonté de ses enfants, même lorsque celle-ci a pour conséquence une séparation qu’il ne désire pas. Dieu offre à tous les hommes la grâce de devenir, en Jésus Christ et par lui, créatures nouvelles dans un monde nouveau. Encore faut-il se laisser réconcilier. Jésus, qui n’a pas péché, a fait bon accueil aux publicains et aux pécheurs, allant jusqu’à s’asseoir à leur table. A ceux qui s’en étonnaient, il a répondu par une parabole : «  Voyez ce père qui guette le retour de son fils parti au loin où il a mené mauvaise vie ; dès qu’il l’aperçoit, il court à ses devants, le serre contre lui, organise une grande fête à laquelle il convie tous ceux de sa maison. » Tel est Dieu. Il nous attend les bras grands ouverts. Dans son « Traité de la pénitence », TERTULLIEN disait ceci : « Qui devons-nous reconnaître en ce père ? Dieu, évidemment : personne n’est père comme lui, personne n’est bienveillant comme lui. C’est pourquoi, toi qui es son fils, même si tu as gaspillé ce que tu as reçu de lui, même si tu reviens nu, il t’accueillera, parce que tu es revenu, et il se réjouira de ton retour plus que de la sagesse de son autre fils ».

La conversion est un retour vers Dieu, donc un retour à la vraie vie. La joie du père « Mangeons et festoyons ! » nous déconcerte, en raison de la culpabilité du fils. Elle va conduire le second fils, l’aîné, à gronder comme les pharisiens : le père n’invite-t-il pas à festoyer avec un pécheur, un impur ? Le portrait du fils aîné révèle colère, jalousie et agressivité. Il se situe vis-à-vis de son père plus dans une relation de devoir que dans une relation d’amour. Son attitude renvoie à celle des pharisiens et des scribes. Là encore l’attitude de son père est dictée par l’amour pour son enfant : il sort et supplie son fils. Le fils aîné acceptera-t-il de manger avec son frère impur ou restera-t-il muré dans sa colère ? La parabole ne le dit pas. Me voilà donc, moi, auditeur de cette parabole, dans la situation du frère aîné : c’est à moi d’acquiescer ou non à l’invitation du père. Une réponse favorable est difficile, parfois douloureuse, la parabole ne dit nullement que ça va de soi. Par contre c’est ma conversion qui est en jeu, et ma liberté aussi. « Seigneur Dieu, ton Fils est venu dans ce monde pour nous tourner vers toi ; il nous révèle ta patience  et la générosité de ton accueil. Donne-nous de tellement croire à ton amour, d’aimer tellement ton nom de Père, que notre vie ne soit rien d’autre qu’une marche vers toi, Dieu fidèle pour les siècles des siècles. » (Luc 15,1-3.11-32).

Père  Aimé OWAH, Curé

 

3ème dimanche de Carême - 24 mars 2019

Avec le troisième dimanche du Carême, le thème de la conversion, du renouveau baptismal, devient l’élément central de notre célébration eucharistique. A ce thème s’ajoute celui de la patience de Dieu. Lorsqu’un malheur arrive, qu’il soit causé par la méchanceté des humains ou par un accident de la nature, nous cherchons d’abord les coupables. C’est comme un penchant naturel qui nous pousse à accuser les autres lorsque les choses tournent mal. La recherche des responsables nous donne bonne conscience. En condamnant les autres nous nous plaçons dans le camp des bons. Ce sont toujours les autres qui sont à blâmer.

Les deux événements pénibles rapportés dans l’évangile d’aujourd’hui ont dû faire une profonde impression sur les gens. Dans le premier cas, il s’agit de l’assassinat odieux de personnes en train d’offrir un sacrifice dans le temple ; dans le second, l’écroulement d’une tour qui entraîne la mort de dix-huit personnes. Survenus à Jérusalem, ces deux incidents ont dû provoquer des discussions sur le problème de la souffrance et de la culpabilité.  La conscience populaire à cette époque, considérait la souffrance comme le châtiment d’une faute. En évoquant la mort violente de personnes en train de poser un geste religieux et la mort purement accidentelle provoquée par l’effondrement d’une tour, Jésus rejette l’idée qu’il faille voir dans ces drames déplorables des châtiments de Dieu. Il suggère cependant que la mort de ces malheureux devrait être matière à réflexion pour chacun de nous. En somme, Jésus fait de ces événements un appel à la conversion. Il affirme en substance : Vous voulez à tout prix trouver des coupables ? Et si vous commenciez par faire votre propre examen de conscience. L’évolution de l’ensemble de la Bible nous amène à renoncer à l’idée d’un Dieu punisseur, auteur des catastrophes qui frappent les hommes. Cette croyance erronée n’a pas complètement disparu : atteints de maux divers, beaucoup s’en prennent à Dieu, comme s’il intervenait régulièrement et était responsable de ce qui nous arrive : « Qu’est-ce que j’ai fait au  bon Dieu pour que cela m’arrive ? » «  Où était Dieu lors de tel drame dans ma vie ? »

Pour le Christ, nous avons tous besoin de conversion et chacun de nous est comme le figuier de l’évangile d’aujourd’hui. Nous portons peu de fruits et nous avons besoin de la patience et de la miséricorde de Dieu : « ça fait trois ans que cet arbre ne produit pas de fruits. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? ». Cependant, il ne faut pas abuser de la patience de Dieu et toujours repousser dans l’avenir notre capacité de porter du fruit. Dieu est patient, mais un jour le temps qui nous est octroyé prendra fin. Vous avez sans doute remarqué que la parabole du figuier n’a pas de conclusion. Nous ne savons pas ce qui est arrivé à cet arbre. Il en est de même pour nous. L’avenir est ouvert. La patience et la sollicitude de Dieu nous sont données, non pas pour nous encourager à la paresse, à la négligence, à l’insouciance, mais pour raviver notre espérance et nous permettre de porter du fruit. Le Carême est le temps idéal pour fertiliser notre arbre. La prière, le jeûne et le partage peuvent améliorer la fertilité de notre terrain. Le Christ nous invite aujourd’hui à profiter du temps qui nous est accordé, un temps précieux qui est un don de Dieu : « Laisse encore cette année… peut être donnerait-il du fruit à l’avenir ».

Père  Aimé OWAH, Curé

 

2ème dimanche de Carême - 17 mars 2019

La transfiguration

Aujourd’hui, nous contemplons la gloire du Christ sur le mont Tabor, sa divinité resplendissante. A travers le récit de la transfiguration, nous contemplons déjà le mystère de Pâques, mystère de la mort et de la Résurrection du Christ, mystère d’abaissement et d’élévation du Fils. Toute la vie du chrétien est centrée sur ce mouvement : mort et résurrection, la gloire et la croix, l’abaissement et l’élévation.

Aujourd’hui, Jésus prends avec lui trois de ses disciples Pierre, Jacques et Jean. Demain il sera seul, face à la trahison des uns et au reniement des autres. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, son visage brille comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière. Il rayonne de la gloire divine. Demain il sera nu sur la croix comme un ver de terre, son visage couvert de sang n’aura plus d’apparence humaine. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui deux personnages prestigieux, Moïse et Élie lui tiennent compagnie. Demain sur la croix il aura pour interlocuteurs que deux malfaiteurs. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, Pierre donne son vœu de rester auprès de son Maître: « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! ». Demain il sera absent à la croix. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, une voix venant du ciel dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écouter-le ! ». Demain sur la croix le ciel sera comme plombé, aucune voix ne retentira, que le cri du Fils : « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? » Et pourtant c’est le même Christ.

Nous devons lutter contre la tentation d’opposer le mont Tabor (Lieu de la Transfiguration du Christ) et la montagne du Calvaire (Lieu de la crucifixion). Le mystère de la Transfiguration, ce n’est pas seulement l’anticipation du matin de Pâques, c’est aussi l’anticipation de la Beauté crucifiée du Vendredi saint, cette croix de Jésus qui est l’heure de sa glorification. Sur le Tabor, le Père glorifie son Fils bien-aimé. Sur le Calvaire, c’est le Fils qui glorifie son Père par le geste suprême de l’amour, du don de sa vie. Il s’agit d’un unique mystère qui nous conduit au secret le plus caché de la gloire de Dieu. La gloire de Dieu c’est le rayonnement qui procède de l’excès de l’amour.

Au cœur des mystères dans lesquels nous vivons parfois, au milieu de toutes les questions qui se posent sur le sens de nos vies, sur le sens de nos souffrances, sur le sens du monde qui nous paraît souvent obscur et confus, il est bon de nous rappeler la grande lumière qui est celle du Christ, donnée visiblement, en un instant, aux apôtres à la Transfiguration. Et qui nous est donnée et que, parfois, nous ressentons nous aussi en un instant de grâce. « L’exemple du Seigneur invite la foi des croyants à comprendre que, sans avoir à douter des promesses de bonheur, nous devons pourtant, parmi les épreuves de cette vie, demander la patience avant la gloire » (le pape saint Léon). «  Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé. Fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin. Et nous aurons le regard pur pour discerner ta gloire. » (Prière d’ouverture de la messe). Evangile selon Saint Luc 9,28-36

Père  Aimé OWAH, Curé

 

1er dimanche de Carême - 10 mars 2019

Le Carême : Temps de marche et de conversion dans le désert.

L’Eglise s’unit chaque année  par les quarante jours du grand carême, au mystère de Jésus dans le désert.

Le désert: lieu de silence où l’homme se trouve rigoureusement face à lui-même, sans tous les faux-fuyants et tous les masques que la société nous fournit, lieu de dénuement, de solitude, des privations. Mais il peut se révéler aussi comme le lieu privilégié de la rencontre, avec soi, avec Dieu. C’est bien là le sens du carême : se dépouiller de soi, creuser en soi le désir de rencontrer Dieu en Esprit et en vérité. C’est dans le désert de notre cœur que Dieu nous attend pour nous parler. Comme les hébreux, il nous faut quitter nos terres d’Egypte pour nous mettre en route vers la terre promise, tout en sachant que pour atteindre ce terme, il nous faudra oser nous enfoncer quarante jours au désert.

Le Carême est un temps de combat spirituel. L’oraison de la liturgie du Mercredi des cendres nous le rappelait: « Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal ». Ce combat, le Pape Benoît XVI l’identifie à celui de l’humilité: accepter que quelqu’un d’autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Pour mener ce combat, le Seigneur nous offre trois armes : la prière, le jeûne et l’aumône. C’est par la prière et le jeûne que le Christ lui-même a pu vaincre les tentations du démon dans le désert. La récompense du  jeûne, de la prière et de l’aumône, c’est l’intimité retrouvée avec le Père au terme d’un chemin de décentrement de soi, d’apparente perte du bénéfice de son action, du désintéressement, et de gratuité.

Jeûner c’est faire de la place en nous pour permettre à Dieu de nous rejoindre. Jeûner c’est aussi reconnaître que Dieu est notre unique nécessaire et que tout nous vient de lui. Jeûner c’est enfin prendre conscience que la seule chose qui ne vient que de nous et que nous pouvons présenter à Dieu pour qu’il nous en libère : c’est la pauvreté de notre péché. Jeûner c’est faire le vide en nous, pour permettre au Seigneur de nous remplir de son amour. Jeûner c’est reconnaître son néant face à Dieu. Par la prière, le jeûne et l’aumône, Dieu nous appelle à la conversion de nos cœurs.

Frères et sœurs, notre conversion doit se réaliser dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit, par l’accueil des autres, le partage, le service, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, la confession des péchés… Faire des œuvres de miséricorde. Ceci nous renvoie à  l’accueil aimant de ceux qui frappent à notre porte, Que ce carême nous fasse grandir dans la foi l’Espérance et la charité.

Bon Carême et bonne montée vers Pâques

Père  Aimé OWAH, Curé