Paroisse Pont-d'Ain

Le Fils tout-puissant ?

Une phrase de l’Évangile doit retenir particulièrement notre attention en ce premier dimanche de Carême, dans le récit que fait l’évangéliste Luc de l’épreuve de Jésus au désert : « Jésus fut tenté par le diable. » Jésus a partagé notre humanité jusqu’à connaître la tentation et affronter le diable, celui qui divise et qui sait si bien interpréter faussement l’Écriture à son profit. La puissance du Mal va jusque-là. Avec quelle duplicité le diable s’adresse-t-il à Jésus ! « Tu es Fils de Dieu », nous le savons, nous l’avons entendu de la bouche de Dieu, sous-entendu : tu as donc le pouvoir – et le pouvoir d’en user pour assouvir ta faim et défier les lois de l’apesanteur pour contraindre Dieu.
Les limites humaines s’imposent-elles à Jésus ? N’a-t-il pas là l’occasion de montrer sa puissance divine ? En refusant de  consentir au pouvoir « magique », Jésus atteste de son humanité et de sa divinité. Si grande soit sa faim, Jésus ne cède pas. Il signifie que l’homme ne vit pas seulement de pain. Lui, Jésus, est bien un homme affamé, néanmoins le pouvoir du Fils de Dieu ne s’étend pas jusqu’à se nier lui-même en se jouant des réalités terrestres. L’attrait du pouvoir peut-il être si fort pour vaincre Dieu lui-même en son Fils ? Deux fois non. Non par la puissance de la fidélité du Fils au Père. Non par la frontière entre la tentation ressentie (et si nous croyons à la pleine humanité de Jésus Christ, nous devons en admettre la force, nos propres expériences nous y amènent) et le consentement à y céder. Consentir à la tentation du pouvoir de domination : c’est une réalité humaine qui touche les hommes et les institutions et contre laquelle le combat doit être mené avec la puissance de la justice et de l’amour de Dieu. 

(Prions en Eglise)  

Feuille Paroissiale

Ptd’Ain FP 10 Mars 2019 (double « clic » gauche pour ouvrir le fichier)