Paroisse Feillens

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3ème dimanche de Carême - 24 mars 2019

Avec le troisième dimanche du Carême, le thème de la conversion, du renouveau baptismal, devient l’élément central de notre célébration eucharistique. A ce thème s’ajoute celui de la patience de Dieu. Lorsqu’un malheur arrive, qu’il soit causé par la méchanceté des humains ou par un accident de la nature, nous cherchons d’abord les coupables. C’est comme un penchant naturel qui nous pousse à accuser les autres lorsque les choses tournent mal. La recherche des responsables nous donne bonne conscience. En condamnant les autres nous nous plaçons dans le camp des bons. Ce sont toujours les autres qui sont à blâmer.

Les deux événements pénibles rapportés dans l’évangile d’aujourd’hui ont dû faire une profonde impression sur les gens. Dans le premier cas, il s’agit de l’assassinat odieux de personnes en train d’offrir un sacrifice dans le temple ; dans le second, l’écroulement d’une tour qui entraîne la mort de dix-huit personnes. Survenus à Jérusalem, ces deux incidents ont dû provoquer des discussions sur le problème de la souffrance et de la culpabilité.  La conscience populaire à cette époque, considérait la souffrance comme le châtiment d’une faute. En évoquant la mort violente de personnes en train de poser un geste religieux et la mort purement accidentelle provoquée par l’effondrement d’une tour, Jésus rejette l’idée qu’il faille voir dans ces drames déplorables des châtiments de Dieu. Il suggère cependant que la mort de ces malheureux devrait être matière à réflexion pour chacun de nous. En somme, Jésus fait de ces événements un appel à la conversion. Il affirme en substance : Vous voulez à tout prix trouver des coupables ? Et si vous commenciez par faire votre propre examen de conscience. L’évolution de l’ensemble de la Bible nous amène à renoncer à l’idée d’un Dieu punisseur, auteur des catastrophes qui frappent les hommes. Cette croyance erronée n’a pas complètement disparu : atteints de maux divers, beaucoup s’en prennent à Dieu, comme s’il intervenait régulièrement et était responsable de ce qui nous arrive : « Qu’est-ce que j’ai fait au  bon Dieu pour que cela m’arrive ? » «  Où était Dieu lors de tel drame dans ma vie ? »

Pour le Christ, nous avons tous besoin de conversion et chacun de nous est comme le figuier de l’évangile d’aujourd’hui. Nous portons peu de fruits et nous avons besoin de la patience et de la miséricorde de Dieu : « ça fait trois ans que cet arbre ne produit pas de fruits. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? ». Cependant, il ne faut pas abuser de la patience de Dieu et toujours repousser dans l’avenir notre capacité de porter du fruit. Dieu est patient, mais un jour le temps qui nous est octroyé prendra fin. Vous avez sans doute remarqué que la parabole du figuier n’a pas de conclusion. Nous ne savons pas ce qui est arrivé à cet arbre. Il en est de même pour nous. L’avenir est ouvert. La patience et la sollicitude de Dieu nous sont données, non pas pour nous encourager à la paresse, à la négligence, à l’insouciance, mais pour raviver notre espérance et nous permettre de porter du fruit. Le Carême est le temps idéal pour fertiliser notre arbre. La prière, le jeûne et le partage peuvent améliorer la fertilité de notre terrain. Le Christ nous invite aujourd’hui à profiter du temps qui nous est accordé, un temps précieux qui est un don de Dieu : « Laisse encore cette année… peut être donnerait-il du fruit à l’avenir ».

Père  Aimé OWAH, Curé

 

2ème dimanche de Carême - 17 mars 2019

La transfiguration

Aujourd’hui, nous contemplons la gloire du Christ sur le mont Tabor, sa divinité resplendissante. A travers le récit de la transfiguration, nous contemplons déjà le mystère de Pâques, mystère de la mort et de la Résurrection du Christ, mystère d’abaissement et d’élévation du Fils. Toute la vie du chrétien est centrée sur ce mouvement : mort et résurrection, la gloire et la croix, l’abaissement et l’élévation.

Aujourd’hui, Jésus prends avec lui trois de ses disciples Pierre, Jacques et Jean. Demain il sera seul, face à la trahison des uns et au reniement des autres. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, son visage brille comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière. Il rayonne de la gloire divine. Demain il sera nu sur la croix comme un ver de terre, son visage couvert de sang n’aura plus d’apparence humaine. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui deux personnages prestigieux, Moïse et Élie lui tiennent compagnie. Demain sur la croix il aura pour interlocuteurs que deux malfaiteurs. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, Pierre donne son vœu de rester auprès de son Maître: « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! ». Demain il sera absent à la croix. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, une voix venant du ciel dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écouter-le ! ». Demain sur la croix le ciel sera comme plombé, aucune voix ne retentira, que le cri du Fils : « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? » Et pourtant c’est le même Christ.

Nous devons lutter contre la tentation d’opposer le mont Tabor (Lieu de la Transfiguration du Christ) et la montagne du Calvaire (Lieu de la crucifixion). Le mystère de la Transfiguration, ce n’est pas seulement l’anticipation du matin de Pâques, c’est aussi l’anticipation de la Beauté crucifiée du Vendredi saint, cette croix de Jésus qui est l’heure de sa glorification. Sur le Tabor, le Père glorifie son Fils bien-aimé. Sur le Calvaire, c’est le Fils qui glorifie son Père par le geste suprême de l’amour, du don de sa vie. Il s’agit d’un unique mystère qui nous conduit au secret le plus caché de la gloire de Dieu. La gloire de Dieu c’est le rayonnement qui procède de l’excès de l’amour.

Au cœur des mystères dans lesquels nous vivons parfois, au milieu de toutes les questions qui se posent sur le sens de nos vies, sur le sens de nos souffrances, sur le sens du monde qui nous paraît souvent obscur et confus, il est bon de nous rappeler la grande lumière qui est celle du Christ, donnée visiblement, en un instant, aux apôtres à la Transfiguration. Et qui nous est donnée et que, parfois, nous ressentons nous aussi en un instant de grâce. « L’exemple du Seigneur invite la foi des croyants à comprendre que, sans avoir à douter des promesses de bonheur, nous devons pourtant, parmi les épreuves de cette vie, demander la patience avant la gloire » (le pape saint Léon). «  Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé. Fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin. Et nous aurons le regard pur pour discerner ta gloire. » (Prière d’ouverture de la messe). Evangile selon Saint Luc 9,28-36

Père  Aimé OWAH, Curé

 

1er dimanche de Carême - 10 mars 2019

Le Carême : Temps de marche et de conversion dans le désert.

L’Eglise s’unit chaque année  par les quarante jours du grand carême, au mystère de Jésus dans le désert.

Le désert: lieu de silence où l’homme se trouve rigoureusement face à lui-même, sans tous les faux-fuyants et tous les masques que la société nous fournit, lieu de dénuement, de solitude, des privations. Mais il peut se révéler aussi comme le lieu privilégié de la rencontre, avec soi, avec Dieu. C’est bien là le sens du carême : se dépouiller de soi, creuser en soi le désir de rencontrer Dieu en Esprit et en vérité. C’est dans le désert de notre cœur que Dieu nous attend pour nous parler. Comme les hébreux, il nous faut quitter nos terres d’Egypte pour nous mettre en route vers la terre promise, tout en sachant que pour atteindre ce terme, il nous faudra oser nous enfoncer quarante jours au désert.

Le Carême est un temps de combat spirituel. L’oraison de la liturgie du Mercredi des cendres nous le rappelait: « Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal ». Ce combat, le Pape Benoît XVI l’identifie à celui de l’humilité: accepter que quelqu’un d’autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Pour mener ce combat, le Seigneur nous offre trois armes : la prière, le jeûne et l’aumône. C’est par la prière et le jeûne que le Christ lui-même a pu vaincre les tentations du démon dans le désert. La récompense du  jeûne, de la prière et de l’aumône, c’est l’intimité retrouvée avec le Père au terme d’un chemin de décentrement de soi, d’apparente perte du bénéfice de son action, du désintéressement, et de gratuité.

Jeûner c’est faire de la place en nous pour permettre à Dieu de nous rejoindre. Jeûner c’est aussi reconnaître que Dieu est notre unique nécessaire et que tout nous vient de lui. Jeûner c’est enfin prendre conscience que la seule chose qui ne vient que de nous et que nous pouvons présenter à Dieu pour qu’il nous en libère : c’est la pauvreté de notre péché. Jeûner c’est faire le vide en nous, pour permettre au Seigneur de nous remplir de son amour. Jeûner c’est reconnaître son néant face à Dieu. Par la prière, le jeûne et l’aumône, Dieu nous appelle à la conversion de nos cœurs.

Frères et sœurs, notre conversion doit se réaliser dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, le souci des pauvres, l’exercice et la défense de la justice et du droit, par l’accueil des autres, le partage, le service, la révision de vie, l’examen de conscience, la direction spirituelle, la confession des péchés… Faire des œuvres de miséricorde. Ceci nous renvoie à  l’accueil aimant de ceux qui frappent à notre porte, Que ce carême nous fasse grandir dans la foi l’Espérance et la charité.

Bon Carême et bonne montée vers Pâques

Père  Aimé OWAH, Curé

 

 

8ème dimanche du temps ordinaire - 3 mars 2019

 

« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon »

Les propos de Jésus à la suite des béatitudes portent sur le témoignage des disciples à la face du monde. Dimanche dernier il les invitait à « aimer leurs ennemis et à prier pour leurs persécuteurs ». Aujourd’hui, il les exhorte à se remettre en question eux-mêmes plutôt qu’à jeter hâtivement l’opprobre sur les autres : « qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton prochain ? ». Nous nous plaisons maintes fois à porter des jugements à l’emporte pièce sur la vie des autres sans toutefois examiner notre propre conduite. « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle », nous interroge Jésus. Il nous faut assainir notre propre témoignage de vie avant de prétendre guider les autres. « L’œil, nous dit Jésus, est la lampe du corps » ; l’aveuglément évoqué par Jésus renvoie aussi bien à la cécité spirituelle qu’à un état d’impureté intérieure. Voir clair, c’est en fin de compte être pur et libre des chaînes du péché. D’où le défi d’enlever d’abord la poutre de l’hypocrisie et des désirs mauvais qui font écran à l’action de Dieu dans nos vies.

L’enseignement de Jésus nous invite à être des « témoins » plutôt que des donneurs de leçons qui ont tout à reprocher aux autres. Ce que le Maître attend de nous, ce sont des fruits dignes de la semence de vie éternelle qu’il a jetée dans nos cœurs par le baptême. L’apôtre Pierre déclare en effet : « vous avez purifié vos âmes, en obéissant à la vérité, pour pratiquer un amour fraternel sans hypocrisie. Aimez-vous les uns les autres d’un cœur pur, avec constance, vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu » (1P1, 22-23). De même qu’on reconnaît un arbre à ses fruits, de même les chrétiens, nés de l’eau et de l’Esprit, doivent être reconnus par leurs fruits. Mais alors, comment donner du fruit si l’on n’est pas solidement uni au cep ? Jésus nous dit : « celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance » (Jn15, 5).

Demeurer en Jésus c’est plonger les racines de nos vies en lui pour y puiser les richesses nécessaires à notre croissance spirituelle. De même que l’arbre se nourrit à l’aide des racines qui lui fournissent l’eau et les minéraux indispensables pour la constitution de la sève qui l’irrigue et le rend fécond, de même le disciple de Jésus se doit de demeurer en lui pour pouvoir se nourrir de la sève de l’Esprit. Et puisque l’arbre fruitier produit abondamment lorsqu’il est émondé, de même le disciple de Jésus doit se laisser émonder par la Parole de vérité :  déjà, déclare-t-il, vous êtes émondés par la Parole que je vous ai dite » (Jn15, 3). C’est à ce titre que l’apôtre Paul nous rappelle que « nous brillons comme les astres dans l’univers en tenant ferme la Parole de vie » (Ph2, 15s).

La Parole de Dieu féconde nos cœurs pour que des fruits de qualité en résultent. Ainsi, ce que l’on dit exhale le parfum de la paix, la douceur, la magnanimité, la maîtrise de soi, la joie, la bonté (Ga5, 22-25) qui s’éveillent en nous. Puisse le Seigneur nous aider à « prendre une part toujours plus active à son œuvre » et à produire en tout temps les fruits de sainteté.

Père Davy

 

7ème dimanche du temps ordinaire - 24 février 2019

 

Après l’exorde du Sermon sur la montagne, Matthieu a regroupé un certain nombre d’enseignements de Jésus qui montrent comment les disciples doivent entendre et pratiquer la loi. Pas de théorie, ni, à proprement parler, de prescriptions vraiment nouvelles, mais quelques exemples aux traits parfois grossis à dessein, pour orienter dans le bon sens la conduite concrète et quotidienne des disciples, face à toutes les situations, même inédites que, par définition, un code législatif ne saurait prévoir.

« Œil pour œil, dent pour dent ». C’est la loi, dite « du talion » (Exode 21, 24). Il s’agit, en effet, d’un principe qui mettait fin aux surenchères de la vengeance privée et aux cruelles représailles exercées sans fin entre les groupes ou les clans. A la violence aveugle et sans frein, la loi substituait une juste proportion entre, d’une part la gravité du crime commis et du tort causé, d’autre part le châtiment et la réparation.

Jésus se place sur un tout autre terrain que celui des codes de justice sans lesquels il n’y a pas de société de droit. Il ne demande pas de se conduire en naïfs, et encore moins de démissionner devant l’injustice et la violence. Mais il dit fermement: En toute circonstance, soyez artisans efficaces de paix, d’amour et de réconciliation, prêts à aller éventuellement jusqu’à des « excès »: tendre l’autre joue, abandonner son manteau et tunique, donner à qui demande même abusivement. En cela aussi Jésus accomplit la loi. En effet, le livre des lévites, qui a fait sien le principe « Œil pour œil, dent pour dent », interdit la haine même en pensée, la vengeance et la rancune. Cette interdiction est faite en raison du commandement de l’amour du prochain : « Soyez saints, comme moi, le Seigneur, je suis saint ». De cette sainteté et de cet amour infini de Dieu, Jésus est personnellement la révélation suprême.

Deux nouveaux exemples de la manière dont les disciples doivent accomplir la loi et les prophètes: opposer le bien au mal; aller au-devant des besoins de tous, quelle que soit la manière dont ils s’expriment; aimer jusqu’à ses ennemis et demander à Dieu de leur pardonner. Le mal n’est pas surmonté quand nous y répondons par une dureté équivalente. Quand on rend le mal pour le mal, on rentre dans le circuit infernal. En effet, le mal qu’on a subi, au fond, reste extérieur à nous; mais quand on  le rend, ce mal remporte une victoire supplémentaire, car il rentre en nous. Jésus veut ouvrir une autre route à l’humanité : vaincre le mal par le bien, répondre à la haine par l’amour. Que l’Esprit de Dieu nous aide à vivre cette parole dans notre quotidien. « Fais que les événements du monde, Seigneur, se déroulent dans la paix, selon ton dessein. Et que ton peuple connaisse la joie de te servir sans inquiétude. » (Prière d’ouverture du 7ème dimanche ordinaire.)           Père Aimé  OWAH, Curé

 

5ème dimanche du temps ordinaire - 10 février 2019

 

« Sur ton ordre, je vais jeter les filets »

Nous connaissons bien ce fameux récit de la pêche miraculeuse. Les évangiles nous en donnent d’ailleurs deux versions. Aujourd’hui est proclamée celle de Luc où l’événement se produit au début de la vie publique de Jésus et où le rôle de Pierre est confirmé : « Désormais, ce sont des hommes que tu prendras ». L’autre récit se trouve dans l’évangile de Jean (Jn 21,1-19) et survient après la résurrection. Il met également en évidence le rôle de Pierre, mais Jésus ne lui dit plus qu’il deviendra pêcheur d’hommes, il l’invite plutôt à devenir le berger de ses agneaux.

L’évangile de la pêche miraculeuse commence par un constat d’échec. Découragé, Pierre se rend compte que lui et ses compagnons ont travaillé en vain : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ». Nous connaissons bien ce genre d’expériences dans nos vies : échecs dans notre mariage, dans l’éducation des enfants, dans notre vie professionnelle, dans les résolutions que nous prenons et ne tenons pas… personne n’est exempt de ces défaites pénibles et humiliantes. Il en est de même pour notre Eglise qui vit aussi des moments difficiles : l’insuffisance des prêtres et le vieillissement de ceux qui restent, l’éloignement des enfants qui ne fréquentent plus les sacrements, les adultes qui ne pratiquent plus, etc. Souvent nous sommes découragés devant le peu d’enthousiasme des chrétiens à rendre certains services communautaires essentiels. On a besoin des catéchistes et tellement peu de gens répondent à l’appel. Devant ces réalités, nous sommes tentés de démissionner et de baisser les bras.

La parole de Jésus aujourd’hui est une invitation à la confiance : « avancez en eau profonde et jetez les filets… » C’est maintenant, en pleine crise, au milieu de la tempête, que Jésus nous invite, avec Pierre, à avancer en eau profonde et à reprendre le travail. C’est le cœur de notre page d’évangile. Fatigué, découragé, sachant très bien qu’on ne pêche pas le jour, Pierre fait quand même confiance à la parole d’un Autre, du Tout Autre et accepte de lancer les filets : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre, mais sur ton ordre je vais jeter les filets ». La mission de l’Eglise dépasse totalement les forces humaines : Le vrai disciple écoute la parole de Dieu même si elle lui demande des choses apparemment déraisonnables. Le seul succès possible pour l’Eglise, est dû à la foi en la parole de Jésus.

Le vrai miracle de l’événement qui nous est raconté n’est pas que les filets soient remplis à craquer, c’est que, sur la parole du Christ, Pierre ait accepté de faire confiance, d’avancer en eau profonde et de recommencer à pêcher. C’est cela la foi. Ainsi, à certains moments, sommes-nous invités à prendre le beau risque de la foi : pour aimer les autres tels qu’ils sont, pour supporter une épreuve … ou même, tout simplement, pour supporter un seul jour de notre existence stérile où nous peinons sans rien prendre. Il nous faut avancer sur l’abîme, risquer le geste fou que Jésus nous demande. La foi, c’est la confiance en la parole d’un autre. Oui Seigneur, sur ta parole je reprendrai courage, je mettrai toutes mes énergies et toutes mes ressources à ta disposition sur le plan familial, éducatif, politique, économique, religieux afin d’apporter ma petite contribution à notre monde contemporain.

( Luc 5,1-11 )

Père Aimé  OWAH, Curé

3ème et 4ème dimanche du temps ordinaire - 27 janvier et 3 février 2019

Lettre pastoral du Père Aimé Owah, curé

Chers paroissiennes et paroissiens,

Qu’il me soit permis de vous réitérer mes vœux les meilleurs pour cette nouvelle année que Dieu nous donne et vous dire de nouveau ma profonde gratitude pour l’accueil généreux et sympathique que vous avez réservé au Père Davy et à moi, ainsi que la bonté que vous nous témoignez chaque jour. Nous en sommes d’autant plus marqués que nous trouvons force et réconfort dans l’accomplissement de la mission que le Christ nous a assignée par l’entremise de notre Père évêque.

Comme je le soulignais en substance à l’occasion de mon installation, c’est une grâce qui m’a été faite par Dieu d’être envoyé en mission pastorale dans ces deux groupements qui, pour la première fois, étaient appelés à former un seul corps tout en préservant leurs identités spécifiques. Je me sens davantage serviteur de cette communion que nous devons bâtir au-delà de toute tendance au repli sur soi et à l’exclusion. « Que tous soient un (…) pour que le monde croit que tu m’as envoyé » (Jn17, 21), demandait Jésus dans sa grande prière sacerdotale.

Il est merveilleux de réentendre ces paroles sortant de la bouche de notre Seigneur Jésus-Christ peu avant sa glorification sur la croix : « que tous soient ». Sans l’ombre d’un doute, il signifiait par ces mots la communion que devraient construire ses disciples pour que leur mission dans le monde porte du fruit : « afin que le monde croit que tu m’as envoyé ». C’est en fin de compte le témoignage de notre communion fraternelle qui donne force et fécondité au message que nous portons au monde. Et cela, à l’image de la première communauté chrétienne : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac2, 42).

C’est à cet élan de communion que nous sommes tous appelés si nous voulons que nos deux groupements paroissiaux répondent vraiment à leur vocation de « sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen Gentium n°1). Cela passe nécessairement par l’acceptation de l’autre malgré sa singularité voire même sa différence. Toute communauté de fidèles est à l’image de l’Eglise Universelle, le Corps du Christ, bien que ses membres soient différents les uns des autres. En effet, l’Esprit, premier don fait aux croyants, assure l’unité entre tous pour que l’œuvre de Dieu se construise dans la paix et l’harmonie.

Vous comprenez d’emblée que la tâche est d’autant plus lourde qu’elle ne saurait être portée par une ou deux personnes seulement. D’où je compte sur la participation de tous pour une plus grande efficacité de notre mission commune. Le mercredi 06 Février 2019 à 20h30 à la cure de Feillens, l’équipe presbytérale rencontrera les conseils pastoraux des deux groupements afin de présenter l’instrument de travail qui nous aidera à bâtir un projet pastoral. Ce sera aussi l’occasion de réfléchir à la réorganisation de tous les organes canoniques qui aident le curé dans l’accomplissement de son ministère. Je vous invite à faire participer tous les paroissiens disponibles au traitement du questionnaire qui vous sera remis à cet effet. Les réponses que vous apporterez devront traduire les attentes de toute la communauté réunie comme « un seul cœur et une seule âme ».

Je vous sais d’avance gré pour l’aide précieuse que vous nous apporterez au terme de ce travail communautaire dont vous définirez les modalités selon les possibilités et disponibilités de chacun.

« Que la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Phi4, 7).

 

 

2ème dimanche du temps ordinaire - 20 janvier 2019

La liturgie de ce dimanche nous donne une des clefs pour l’interprétation des noces de Cana en faisant lire ce passage d’Isaïe. Isaïe nous parle de l’insertion de la divinité qui assume notre humanité, pour un partage réciproque, selon les paroles de l’offertoire d’un autre repas, le repas eucharistique. Dans les dernières lignes du texte du prophète Isaïe, Dieu se présente comme l’époux de Jérusalem et, au delà de Jérusalem. Il est à noter que ce Dieu n’est pas un Dieu lointain et froid, c’est un Dieu qui vit la joie de la proximité avec les hommes. Et cela nous devons nous le rappeler souvent. L’Eglise, en choisissant ce texte prophétique, nous dit que, par delà le banquet de Cana, le vrai banquet auquel Jésus participe, ce sont les épousailles de Dieu et de l’humanité, la Nouvelle Alliance.

A celle-ci, l’eau de la purification ne suffit pas. Les 6 cuves de pierre sont bien utiles, mais elles prennent une autre destination. Pour le banquet des temps nouveaux, il faut du vin.  Certes, il peut devenir cause de dépravation, mais par nature il est plutôt signe de prospérité et de joie. Avec Jésus, c’est l’accomplissement des merveilles : le manque de vin qui a fait naître le récit est comblé ; tout pourrait ainsi s’achever dans la joie et la fête. La grâce nous est donnée à chacun de nous. A chacun de découvrir la vérité réelle que nous apporte le Christ. Si Jésus accomplit un pareil signe, c’est que l’heure approche. Cana est l’inauguration des miracles qui manifestent cette proximité de l’Heure.

Le miracle de Cana est écrit à l’usage des croyants qui ont fait l’expérience de la foi pascale. Tout cela transparaît dans la construction du récit. L’ouverture et la conclusion situent le lecteur dans un contexte pascal : le troisième jour, traduit ici «  trois jours plus tard », évoque la Résurrection, où s’est manifestée la gloire de Jésus et où la foi des disciples est devenue totale. L’ensemble du récit décrit comment en Jésus s’opère le passage de l’ancien au nouveau. L’ancienne Alliance arrive à épuisement. Les six jarres destinées à la purification des juifs sont vides. Les responsables de la noce sont imprévoyants : le festin messianique est sur le point de s’épuiser. De plus, quand Jésus intervient, donnant aux noces un prolongement inattendu et merveilleux, le maître du repas ainsi que le marié sont incapables d’accueillir la nouveauté qui se donne en Jésus : le maître du repas se contente de se tourner vers le passé et de redire « ce qui se fait d’habitude ». Avec ce miracle, Jésus inaugure les temps nouveaux.

La mère de Jésus est là : elle est celle par qui la fête entre Dieu et l’humanité redevient possible. Elle conduit le nouvel Israël (symbolisé ici par les serviteurs) vers Jésus. Mais en le faisant, elle devient elle-même la femme, figure du nouvel Israël, qui se soumet à son fils : « Quoi qu’il vous dise, faites-le. »La quantité et la qualité exceptionnelle du vin signifie que la fête messianique est engagée et que désormais le vin ne saurait manquer. « Ont-ils tout bu ? S’interrogeait un Père de l’Eglise. Non, car nous en buvons encore. »

 

 

Père Aimé  OWAH, Curé

Baptême du Seigneur - 13 janvier 2019

Le baptême de Jésus par Jean est un des événements de la vie de Jésus les plus assurés historiquement. C’est la première manifestation publique du Christ. Lors de sa manifestation à Bethléem, il n’avait été révélé qu’à quelques privilégiés.  Aujourd’hui, tous ceux qui entourent le Baptiste, c’est-à-dire ses disciples et la foule venue au bord du Jourdain, sont tous témoins d’une manifestation plus solennelle.

Cette manifestation comporte deux aspects: l’aspect de l’humilité représenté par le baptême auquel le Seigneur se soumet. L’aspect de la gloire représenté par le témoignage humain que lui rend le Baptiste et le témoignage divin que le Père et l’Esprit rendent au Fils, la garantie que cet homme Jésus appartient bien à la Trinité divine. Ces deux aspects sont à retenir dans l’histoire de notre vie humaine comme dans la vie intérieure et spirituelle. Nous ne pouvons pas nous approcher du Christ glorifié sans nous approcher en même tant du Christ humilié, ni approcher du Christ humilié sans nous approcher du Christ glorifié. Nous ne pouvons approcher et accueillir les hommes nos frères qu’en acceptant leur condition, leurs misères, leurs limites et, dans le même temps, de voir en eux des fils de Dieu, appelés à partager la gloire du Christ glorifié.

A travers ce baptême du Christ, nous contemplons l’humilité de Dieu, son abaissement. C’est un Dieu qui vient rejoindre l’humanité pécheresse, un Dieu qui se fait solidaire avec les pécheurs que nous sommes. Il nous est dit dans cet épisode du baptême que Jésus a effectué un double mouvement : il est « descendu » dans les eaux… il « remonte  » des eaux… Le mouvement vers le Jourdain, point le plus bas de notre planète, c’est le mouvement même de Dieu venu à la rencontre des pécheurs, Jésus, né, crucifié, mort, enseveli au tombeau, descendu aux enfers, ressuscité des morts et monté aux cieux. Telle est la grande Révélation du Dieu de Jésus-Christ.

Puissions-nous entendre encore aujourd’hui cette voix du Père qui dit à chacune et chacun de nous: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour ». Nous sommes devenus fils du Père dans le Christ Jésus.

Que la Trinité Sainte répande sur nous l’Esprit d’amour, qu’il ravive en nous la grâce reçue au baptême.

Père Aimé  OWAH, Curé

 

Epiphanie - 6 janvier 2019

L’histoire des Mages, rapportée par l’Evangile, montre magnifiquement combien la quête de Dieu est de tous les temps. Même s’il faut remonter au VIè siècle pour apprendre que ces rois se seraient appelés Melchior, Gaspard et Balthazar, que l’un était blanc, l’autre jaune et l’autre noir, qu’ils représentaient les trois âges de la vie ( Melchior un vieillard à longue barbe, Balthazar un homme d’âge mûr et Gaspard un jeune homme imberbe ), il n’en est pas moins que l’Epiphanie est l’une des plus anciennes affirmations de foi de notre Eglise.

 

L’essentiel n’est pas dans les détails que la légende a ajouté avec le temps, mais dans le grand message que saint Matthieu veut nous communiquer, à savoir que tous les peuples, toutes races, que tous les hommes, de tous âges et de toutes conditions sont invités à la suite des mages à chercher Dieu, sans oublier que c’est Dieu qui, le premier, cherche l’homme. Dieu fait le premier pas. Peut-être a-t-on tendance à oublier que, dans l’histoire des mages, le premier qui a bougé, c’est Dieu. Le sens de l’étoile est tout entier dans cette évidence: c’est toujours Dieu qui a l’initiative. Il y a d’abord l’intervention de Dieu qui lance un appel à l’homme. Dieu est le premier des mendiants: celui qui quête l’amour des hommes, celui qui veut avoir besoin d’eux et qui les rejoint dans leurs préoccupations.

 

Quand les mages arrivent à l’entrée de Jérusalem, l’étoile disparaît, ils posent alors à Hérode, puis aux prêtres une question capitale: Où est -il  ce roi qui vient de naître dont nous avons perdu la trace? « Où es-tu, Seigneur? » Les mages t’ont trouvé sous les traits d’un enfant. Peut- être devons-nous te chercher tout simplement sous les traits des plus faibles, des pauvres, de ceux qui ont besoin d’amour. Peut- être va-t-on te chercher trop loin. Souvent  nous passons notre chemin, sans te voir. Dieu est présent en nous, au coeur même de notre histoire humaine. Les mages l’ont trouvé à Bethléem qui signifie la « maison du pain ». Nous pouvons, nous aussi avoir la certitude de le trouver réellement dans l’Eucharistie, dans le visage de ceux que nous rencontrons. Tout homme est invité à être chercheur de ce Dieu fait homme. L’étoile symbolise la grâce de Dieu qui nous guide au quotidien.

 

Des mages, venus d’Orient pour adorer le Seigneur nouveau-né, ont pris la tête de cette foule innombrable. Ayant trouvé le Sauveur au terme d’un long voyage, ils sont repartis chez eux en empruntant un chemin nouveau, guidés, désormais, non plus par une étoile, mais par le reflet de la lumière née de la lumière, qui avait brillé dans leurs yeux, et qui, désormais, illuminait le monde. La célébration de l’Eucharistie et de tout sacrement est une épiphanie, une manifestation du Seigneur qui est là, présent sous d’humbles signes. Lorsque l’assemblée se disperse, elle est invitée à partir par un autre chemin, celui de la conversion. La rencontre avec le Christ transforme notre vie. Elle nous met sur un autre chemin : telle est la bonne nouvelle de ce dimanche.

Père Aimé  OWAH, Curé

La Sainte Famille - 30 décembre 2018

 

Extraits de l’homélie du Pape François,

à la veillée de Noël, à St Pierre de Rome

 

 « Dieu sait que nous avons besoin de nourriture pour vivre, mais il sait aussi que les aliments du monde ne rassasient pas le cœur. 

 L’homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie.

Le Christ est né à Bethléem, la « maison du pain » selon son étymologie hébraïque,  dans une mangeoire,  comme pour nous dire : « Me voici tout à vous, comme votre nourriture. »

Il ne prend pas, il offre à manger : il ne donne pas quelque chose, mais lui-même. 

 À Bethléem, nous découvrons que Dieu n’est pas quelqu’un qui prend la vie mais celui qui donne la vie. À l’homme, habitué depuis les origines à prendre et à manger, Jésus commence à dire : “Prenez, mangez : ceci est mon corps.”

Le petit corps de l’Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner. Dieu se fait petit pour être notre nourriture. En nous nourrissant de lui, Pain de vie, nous pouvons renaître dans l’amour et rompre la spirale de l’avidité et de la voracité.

Devant la mangeoire, nous comprenons que ce ne sont pas les biens qui entretiennent la vie, mais l’amour ; non pas la voracité, mais la charité ; non pas l’abondance à exhiber, mais la simplicité à préserver ».

«  Quelle est la nourriture de ma vie, dont je ne peux me passer ? Est-ce le Seigneur ou quelque chose d’autre ?

 Ai-je vraiment besoin de beaucoup de choses, de recettes compliquées pour vivre ?

Est-ce que  j’arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple ?

 Est-ce que je partage mon pain avec celui qui n’en a pas ? 

 Pain de la route, Jésus n’aime pas des digestions paresseuses, longues et sédentaires, mais il demande qu’on se lève en hâte de table pour servir, comme des pains rompus pour les autres. 

 A l’image des bergers de Bethléem qui  s’en vont laissant le troupeau sans surveillance  prenant ainsi  des risques pour Dieu, nous aussi, Seigneur, nous voulons aller à Bethléem. Aujourd’hui également la route est ascendante : on doit dépasser le sommet de l’égoïsme, il ne faut pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme. 

Je veux arriver à Bethléem, Seigneur, parce que c’est là que tu m’attends, et me rendre compte que toi, déposé dans une mangeoire, tu es le pain de ma vie. J’ai besoin du parfum tendre de ton amour pour être, à mon tour, pain rompu pour le monde.

 

 

NOEL: "Aujourd'hui vous est né un Sauveur."

 

Noël est une fête qui, même plus ou moins sécularisée, ne laisse personne totalement indifférent. A cette occasion, le coeur d’enfant que chacun porte en soi se remet à battre. Il en monte des sentiments de bienveillance à l’égard de tous, et d’abord des petits, des faibles, des pauvres, des personnes isolées à qui on s’efforce de porter un peu de joie. On rêve d’un monde de paix, de joie, de bonheur, d’amour et de partage. C’est Jésus qui vient nous rejoindre dans notre humanité, pour la réconciliée avec Lui. En Jésus, l’amour a été rendu visible, l’Espérance devient possible. En Jésus, Dieu se soumet au rythme de la croissance humaine dans le sein maternel, dans une famille humaine, dans les relations sociales. Sa divinité transfigure son humanité et son humanité manifeste sa divinité. Il n’y a plus de raison d’avoir peur ou de haïr un Dieu qui s’est fait Bébé, si humain, jusqu’à être défiguré et se blottir dans notre coeur pour que nous puissions réussir notre humanité par Lui, avec Lui et en Lui.

Cette fête de Noël nous rappelle que c’est au coeur de notre croissance humaine, dans les diverses étapes mouvementées de notre vie, dans toutes nos relations que nous sommes invités à découvrir Dieu en Jésus-Christ. Les bergers de l’Evangile et les mages ont suivi la lumière de l’étoile pour découvrir et reconnaître l’enfant Dieu dans la crèche de Bethléem. Comme les bergers, nous avons à nous mettre en route pour découvrir notre coeur d’enfant de Dieu. Il nous faut nous arrêter et contempler Jésus dans sa croissance de petit enfant jusqu’à l’âge adulte, jusqu’à sa passion et sa résurrection pour accueillir la lumière véritable qui éclaire tout homme.

Les bergers ont été les premiers à découvrir cet enfant Dieu. Ils sont les laissés pour compte de la société dans laquelle Jésus vient au monde. Ils sont nos pauvres d’aujourd’hui mais aussi tous ceux qui sont rejetés, abandonnés, marginalisés. C’est à eux que Dieu se révèle en premier. Ils sont les premiers témoins de ce Dieu qui en Jésus s’approche de tout être humain pour que chaque homme, chaque femme, puisse s’approcher autrement de Dieu. Dieu s’approche. Il vient à notre rencontre. Et il nous envoie en mission pour témoigner de son Amour auprès de nos contemporains. Dieu nous aime ! Je n’ai que cela à vous dire ce matin : Dieu nous aime et laissons-vous aimer pour répondre au Seigneur dans l’amour. Que la joie du Seigneur soit en vous, qu’elle soit parfaite. Que ce soit vraiment la joie du Fils de Dieu.

Rendons grâce à Dieu de nous avoir donné son fils, Jésus le Sauveur, Merveilleux -conseiller, Dieu-fort, Prince de la paix. Prions pour la paix dans les familles, la paix dans nos cœurs, la paix dans notre monde.

Joyeux Noël et une sainte et heureuse année 2019

Père Aimé  OWAH

 

 

 4ème dimanche de l'Avent

Le temps liturgique de l’Avent est sur le point de s’achever. Chacun s’affaire aux ultimes préparatifs de la fête de la Nativité du Seigneur. De son côté, la liturgie de ce dimanche se présente comme une veillée de Noël pleine de retenue, avant la célébration solennelle où éclatera le joyeux chant du gloria.

« Comment ai-je ce bonheur que la mère du Seigneur vienne jusqu’à moi ? », s’écrie Elisabeth. Celle qui a dit le « me voici » le plus pur et le plus parfait qui ne puisse concevoir, vient à notre rencontre, brûlée du désir de salut pour tous les hommes. Marie se dépêche. Marie accourt. Elle connaît le temps de Dieu mais son désir est tel qu’elle semble, dans sa course, vouloir nous apporter l’Enfant avant l’heure. Elle demeure la première des missionnaires.

 

Accueillant-la comme il se doit. La grâce qui nous est donnée au seuil de la fête de la Nativité est une effusion de l’Esprit Saint. Elisabeth fut remplie de l’Esprit Saint nous dit saint Luc. Accueillir Marie qui vient à nous, accueillir son fils qui se donne à nous, est faire nôtre sa disponibilité à l’Esprit, c’est-à-dire sa pureté de coeur. Utilisons ce dernier jour de l’Avent pour nous centrer sur l’essentiel, pour chercher l’étoile qui brille dans nos nuits. Redécouvrons au fond de nous-mêmes la vie qui se donne perpétuellement à nous. Cette vie est notre joie. Elle est le don ineffable que nous avons reçu au jour de notre baptême. Le Père, le Fils et Saint Esprit. La Sainte Trinité est le sens et le terme de nos propres vies. Car le désir de Marie qui accourt vers nous est de nous apprendre à enfanter Dieu dans nos vies. A ouvrir les yeux de nos cœurs sur la gloire qui nous est donnée. A entrer dans l’exultation d’Elisabeth dont les yeux s’ouvrent à la présence discrète du Dieu qui se fait proche, l’Emmanuel.

 

Après le départ de l’Ange de l’Annonciation, Marie s’est empressée d’aller chez sa cousine Elisabeth, la stérile enceinte d’un enfant appelé à préparer les chemins du Seigneur. Rencontre de deux femmes débordantes de joie et d’action de grâce : le Dieu fidèle accomplit ses promesses ; il vient visiter et sauver son peuple ! Elisabeth sent l’enfant qu’elle porte tressaillir d’allégresse. A ce signe, elle comprend que Marie est la Mère du Sauveur, la parfaite servante du Seigneur, totalement docile à sa parole.  Dieu, fais-nous revenir, que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

Le sens de cette scène d’Evangile est sans doute de nous faire saisir l’enjeu de ce qui se prépare, de tout ce qui se passe : le neuf que Dieu est en train de produire pour l’avenir du monde. Dieu, par ces deux femmes, nous fait signe. Un accomplissement formidable se produit chez Elisabeth (elle qu’on disait la stérile, au bout de son âge) et chez Marie (encore vierge et seulement promise) , car rien n’est impossible à Dieu. A chacune de ces deux femmes est donnée la preuve que la puissance de Dieu est à l’œuvre. L’Esprit Saint leur donne de reconnaître la signification profonde de ce qui se passe en elle. Réconfortées ainsi dans la foi, elles entrent personnellement dans le mystère d’un Dieu qui se révèle le plus fort, qui leur démontre fidélité, tendresse et miséricorde.

 

Nous sommes nous aussi sollicités par l’annonce d’une  nouveauté, alors que nous sommes mis en contact avec ces deux témoins privilégiées du mystère d’un Dieu qui agit. Vivons donc ce 4ème dimanche de l’Avent comme une étape d’ajustement, de mise à niveau de notre foi. Entrons par la porte de l’intimité et du respect que suggère la Visitation, pour contempler déjà le mystère de la Nativité du Sauveur. Les deux femmes en se visitant nous introduisent à la profondeur spirituelle voulue : leur action de grâce rejoignant celle du Christ lui-même au soir de la dernière Cène. Accueillant la mémoire pascale, là où Jésus consomme son offrande au Père et nous la donne en partage. Ne nous a-t-il pas confié la louange parfaite en nous donnant l’Eucharistie?

 

Père Aimé OWAH, Curé

 

 

3ème dimanche de l'Avent

« Que devons-nous faire ? »

La prédication de Jean Baptiste, rapportée dans l’évangile du dimanche dernier, a produit une onde de choc au sein du peuple. De grandes foules composées essentiellement de publicains, de soldats et bien d’autres personnes de mauvaise renommée, viennent se faire baptiser en signe de conversion. « Que devons-nous faire ? », demandent-ils ensuite au Baptiste. La requête ainsi formulée témoigne assurément de leur désir d’aller plus loin que le simple rituel de purification. Ils éprouvent le besoin de changer radicalement leur vie, conscients du mal qui les éloignait du Seigneur. A chacune des catégories de personnes venues se faire baptiser, Jean propose alors un chemin de conversion balisé par le respect de l’autre, l’attention aux plus faibles et l’honnêteté  dans l’accomplissement des tâches temporelles.

« Que devons-nous faire » ? Question d’autant plus cruciale qu’elle mérite de retenir notre attention. Elle nous ramène en fait à l’essentiel de la vie chrétienne. Jésus dira : «C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez [les vrais disciples]. Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt7, 20-21). La foi vient de ce que l’on entend dit saint Paul ; ce que l’on entend c’est la Parole de Dieu ; et la Parole de Dieu doit porter du fruit dans notre vie si nous voulons faire partie des héritiers du Royaume.

Ecoutons saint Jacques : « Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt comment il était. Mais celui qui aura plongé le regard dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité » (Jc 1, 23-25). Que devons-nous faire ? C’est à nous aujourd’hui de nous interroger sur le sens de notre présence au monde. Les sacrements reçus et en particulier le baptême ne sont pas de simples formalités visant à nous attribuer un quelconque statut social, mais des engagements pris en présence de l’Eglise pour vivre dans le monde en enfants de Dieu.

Que devons-faire ? Le temps de l’Avent nous est donné pour méditer à nouveau sur l’impact de la Parole de Dieu dans notre vie. Notre foi n’est vivante que dans la mesure où elle se traduit par la pratique des œuvres imprégnées de l’évangile. Le mensonge, la malveillance, la malhonnêteté, la corruption …sont autant d’antivaleurs qui infestent notre témoignage à la face du monde. Alors, allons au devant de celui qui vient  en rejetant les activités qui ternissent notre identité chrétienne.

Père Davy 

 

2ème dimanche de l'Avent 

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ! »

Noël c’est bientôt et je crois bien que personne ne l’oublie, surtout pas les enfants. Ça se prépare très activement dans les familles. Nous voulons tous que ce soit une belle fête. Les textes bibliques de ce dimanche sont là pour nous ramener au vrai sens de cet événement. Nous y trouvons des appels à l’espérance et à la joie. Et pourtant, à l’époque du prophète Baruc, la situation était catastrophique. Une puissance étrangère a soumis le pays; Babylone a balayé Israël. Elle a emporté ses prêtres, ses fonctionnaires et ses artisans pour son service; le temple de Jérusalem à été détruit; le peuple Hébreux est en exil.

 

C’est dans ce contexte douloureux que le prophète lance un appel à la joie et à l’espérance: “Quitte ta robe de tristesse et de misère et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours.” Ce message d’espérance nous rejoint aujourd’hui. Nous vivons dans un monde pollué par la violence, l’injustice et la haine. Mais le Seigneur est là: avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot. L’Avent c’est le temps de la venue de Dieu dans notre vie. Il est hors de question de rester prostré dans la  tristesse. Dieu est là pour le salut de tous les hommes.

 

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jean Baptiste nous annonce l’imminence du Royaume tant attendu. Pour préparer le chemin du Seigneur, il prêche l’urgence de la conversion et un baptême de pénitence. Beaucoup venaient l’écouter et recevoir le rite de purification qu’il proposait.

Oui, toute l’histoire chrétienne commence par un « cri » poussé par Jean Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Voilà l’urgence, voici la joyeuse nouvelle, l’Evangile, la Bonne Nouvelle annoncée par Jean. C’est exactement le même message que Jésus proclamera à son tour en Galilée, en Palestine: Dieu est tout proche. Dieu parmi les hommes, Dieu sur nos chemins. C’est ce Dieu humble qui vient croiser nos chemins, nos projets. Proche est son Royaume: Que ton Règne vienne! Que l’Amour vienne ! Que la paix vienne ! Que la justice vienne! Que vienne Tous ces biens auxquels l’humanité toute entière aspire.

 

A l’annonce de la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu qui est tout proche, les foules de ce temps-là partaient, à pied, vers le désert, et reconnaissaient leurs péchés. Et nous, aujourd’hui? Notre conscience ne serait-elle pas affrontée au péché? Serions-nous aveugles? Allons-nous, pour préparer le chemin de Noël, reconnaître le mal en nous et recevoir le sacrement merveilleux de la réconciliation? ou bien, serions-nous comme les pharisiens et les sadducéens?

Le temps de l’Avent est ce temps de se retourner le cœur vers Dieu, le temps de la décision à prendre, le temps de se convertir, se retourner complètement pour prendre la direction inverse de celle qu’on suivait jusqu’alors. Jean Baptiste nous invite à regarder vers le Royaume de Dieu, et à nous laisser totalement envahir par l’amour de celui qui nous visite. Que le Christ, Verbe Eternel du Père, soit avec nous durant ce temps de l’Avent, pour que son règne de paix, d’amour, de justice et de partage s’établisse au cœur de nos projets.

Père Aimé OWAH, Curé

 

1er dimanche de l'Avent

« Allons au devant de celui qui vient »

Le premier dimanche de l’Avent nous introduit dans une nouvelle année liturgique. Temps de grâces et de bénédictions, l’année liturgique nous fait cheminer avec le Seigneur dans tous les instants et espaces de nos vies. L’Avent qui en marque le début nous rappelle de fait que le Seigneur désire venir sans cesse à notre rencontre pour nous faire vivre de sa vie. Nous sommes donc invités à vivre ce temps fort qui nous prépare à Noël avec une ferveur nouvelle, sans jamais céder à la morsure du temps et de la routine. Car, nous dit saint François de Sales : « les années s’en vont, et l’éternité s’approche de nous : puissions-nous tellement employer ces années en l’amour divin que nous ayons l’éternité et sa gloire ». En effet, le temps de l’Avent fait retentir dans nos cœurs la promesse éternelle du salut de tout le genre humain : « voici venir des jours, oracle du Seigneur, où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda ». Cette promesse s’est réalisée il y a un peu plus de deux mille ans avec l’Incarnation de Jésus, le Seigneur de justice et elle s’accomplit chaque jour jusqu’à la plénitude des temps.

Dans l’attente de ce jour glorieux, l’évangile nous exhorte à la vigilance et à la prière pour ne pas se laisser happer par les vains soucis de ce monde en perte de vitesse : « Tenez-vous sur vos gardes », nous dit Jésus ! Comme des soldats en faction, nous devons rester attentifs afin de ne pas être pris à contre pied par la Mal qui opère insidieusement au milieu de nous. Oui, soyons vigilants car le démon rôde cherchant qui dévorer ! Soyons vigilants car le Mal est tapis à la porte de nos cœurs ! Soyons sobres, car le Malin nous tend souvent l’appât des richesses et des illusions vagues ! Soyons vigilants et endurants car l’épreuve de la durée peut faire le lit de la somnolence spirituelle !

Ecoutons saint Paul : « vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; (…) Faites donc de nouveaux progrès » (deuxième lecture). La vie chrétienne nous entraîne dans une dynamique. Elle ne nous enseigne pas à rester statiques et amorphes. Il faut faire de nouveaux progrès comme des athlètes qui visent sans cesse de plus grands records. Il ne s’agit pas de nourrir des ambitions hors de notre portée mais de se laisser mouvoir par l’Esprit qui fait correspondre nos paroles et nos actes à la volonté de Dieu. Puisse le Seigneur nous accordez la grâce d’un amour « de plus en plus débordant », pour « qu’en accomplissons nos tâches quotidiennes, nous hâtions la venue de son Règne ». Fructueux temps de l’Avent à tous !

Père Davy