Le Carême, vers l’horizon de la Résurrection

Mgr Pascal Roland déclarait récemment : « Dans mon diocèse, j’ai été voir, la nuit de Noël, des gens qui étaient sur un rond-point. La première chose que ces gens disaient : « C’est formidable, on a découvert de la fraternité ». Ces gens, qui sont sortis de chez eux, ont découvert que d’autres existaient, et ont lié des liens de fraternité. Ca met le doigt sur l’absence de fraternité dans notre société d’aujourd’hui. Mais ce qui m’a frappé aussi, c’est le manque d’horizon: ce qu’on veut, c’est 50 € pour acheter un peu plus… Mais une fois qu’on les aura obtenus, on en demandera encore ! On est dans une société qui n’offre pas d’autres horizon que consommer plus. On tourne en rond ! Il manque une dimension transcendante, une ouverture ! »

 

Le Pape François nous propose dans son message de carême une méditation sur cette soif de posséder : « Si nous ne tendons pas continuellement vers la Pâque, vers l’horizon de la Résurrection, il devient clair que la logique du “tout et tout de suite”, du “posséder toujours davantage” finit par s’imposer. […] Quand on abandonne la loi de Dieu, la loi de l’amour, c’est la loi du plus fort sur le plus faible qui finit par s’imposer. Le péché qui habite dans le cœur de l’homme – et se manifeste sous les traits de l’avidité, du désir véhément pour le bien-être excessif, du désintérêt pour le bien d’autrui, et même souvent pour le bien propre – conduit à l’exploitation de la création, des personnes et de l’environnement, sous la motion de cette cupidité insatiable qui considère tout désir comme un droit, et qui tôt ou tard, finira par détruire même celui qui se laisse dominer par elle. »

 

En réponse, le Saint-Père nous propose trois moyens : « Jeûner, c’est-à-dire apprendre à changer d’attitude à l’égard des autres et des créatures: de la tentation de tout “dévorer” pour assouvir notre cupidité, à la capacité de souffrir par amour, laquelle est capable de combler le vide de notre cœur. Prier afin de savoir renoncer à l’idolâtrie et à l’autosuffisance de notre moi, et reconnaître qu’on a besoin du Seigneur et de sa miséricorde. Pratiquer l’aumône pour se libérer de la sottise de vivre en accumulant toute chose pour soi dans l’illusion de s’assurer un avenir qui ne nous appartient pas. Il s’agit ainsi de retrouver la joie du dessein de Dieu sur la création et sur notre cœur, celui de L’aimer, d’aimer nos frères et le monde entier, et de trouver dans cet amour le vrai bonheur. »