Paroisse Pont-de-Veyle

« … sur ta parole, je vais jeter les filets. »

Voilà une parole qui traduit toute la confiance que St Pierre met en Jésus. Alors que les pauvres disciples ont peiné toute la nuit sans prendre aucun poisson, voici qu’au petit matin Jésus invite Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour la pêche ». On imagine bien la fatigue de ces hommes. Fatigue d’abord parce qu’ils n’ont pas dormi, ils ont passé la nuit sur cette barque, ils ont ressenti le froid (avez-vous déjà passé une nuit entière sur un bateau à découvert ?) mais aussi, ils sont découragés « nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ». Il faut une sacrée dose de confiance pour accueillir l’injonction de Jésus. Mais « sur ta parole, je vais jeter les filets ».

 

Qui d’entre nous n’a pas connu, dans sa vie spirituelle comme dans sa vie ordinaire, la même fatigue et le même découragement ? Je vous rassure tout de suite, c’est normal et c’est même très bien ! D’abord, ce découragement, Jésus lui-même l’a connu. On se souvient de son cri au sommet de la Croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». On se souvient aussi le passage de l’Evangile où Jésus soupire sur cette génération « incrédule et pervertie, jusques à quand vous supporterai-je ? » (Mt 17, 17). Combien de fois Jésus a-t-il dû expliquer encore et encore les mêmes choses à ses Apôtres « Tu ne me connais encore pas Philippe ? Depuis le temps que je suis avec vous ! ». Pour autant, le Seigneur n’a pas baissé les bras, Il est allé jusqu’au bout de sa mission et nous a montré la voie de la persévérance car « celui qui aura persévéré jusqu’au bout, celui-là sera sauvé » nous assure-t-il.

 

Et pour nous autres, il en est de même. Nous pourrions nous laisser aller au découragement, à la fatigue voire à la déprime. Nous aurions des raisons à cela : des petits-enfants qui ont abandonné le chemin de l’Eglise, des Neuvaines dont nous n’avons vu aucun résultat, une France qui semble avoir perdu ses racines, des personnes indifférentes à la détresse des autres, des forces vives qui ne se renouvellent pas dans tel ou tel service qu’il soit paroissial ou dans une association. Découragement d’un chef Scout face aux parents qui considèrent les vacances d’été plus importantes que le camp, pourtant le point d’orgue de l’année. Découragement d’un Curé devant l’écart qui se creuse entre l’Evangile qui est annoncé et la réception qui en est faite. Découragement face à la maladie qui nous accable et dont nous ne voyons pas d’issue. Bref, on peut être tenté de tomber dans la désespérance.

 

« Mais sur ta parole, je vais jeter les filets ! » voilà, en fait, ce que Jésus attend de nous. Le découragement et la désespérance ne doit avoir en nous aucune emprise. « Courage ! J’ai vaincu le monde ! » nous assure Jésus. La vie est plus forte que la mort. Chaque croix douloureuse éclate toujours en croix glorieuse. Il n’y a de pas de vendredi Saint sans matin de Pâques. Les anciens diraient aussi : « Après la pluie, le beau temps ! ». Elles sont nombreuses les affirmations de la victoire de la vie ! Notre Foi au Christ nous permet de traverser bien des épreuves parce que « Je suis venu, dit Jésus, pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». Comme St Pierre après une nuit de pêche sans rien prendre, nous devons faire confiance à la Parole de Dieu « sur ta parole, je vais jeter les filets ! ». Que les parents et les grands-parents ne désespérent pas face à leurs enfants : Ce qui a été semé portera du fruit tôt ou tard. Que nos frères malades – qui reçoivent ces jours-ci l’onction sainte – soient assurés que par leurs souffrances ils sont associés à celles du Christ et qu’elles contribuent à la sanctification de tous. Que nous ne lâchions pas la prière, les neuvaines, les actes de confiance exprimés à Dieu ou à la Sainte Vierge parce que Dieu veut notre bonheur. S’Il ne répond pas à notre manière, Il nous donne ce dont nous avons besoin. Que mes frères Prêtres restent fidèles à l’enseignement du Christ et de l’Eglise car les incompréhensions et les critiques sont le lot commun de tous les Saints ! Enfin, que chacun de nous porte un regard d’espérance sur notre pays, sur notre monde, sur nos familles, sur la société, sur l’Eglise même, car nous avons une certitude : Notre cité se trouve dans les Cieux !

A Marie qui défait les noeuds nous pouvons donner celui de la désespérance ! Que notre Bonne Mère nous aide à garder la joie en nous et la confiance inébranlable en Dieu ! Que Notre Dame qui défait les noeuds nous aide à vivre la parole pleine de Foi de St Pierre : « Sur ta parole, je vais jeter les filets ! ». Chrétien, la victoire du Christ Ressuscité nous est assurée ! Si parfois le filet de notre coeur est vide, celui de la grâce de Dieu, lui, ne se désemplit pas… il s’agit juste de faire confiance à Jésus et lui dire chaque matin : « Jésus, j’ai confiance en Toi ! ».

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +