Paroisse Montrevel-en-Bresse

Jésus ou Jésus-Christ ?

Article de Juliette Levivier publié dans Famille Chrétienne n° 2133

 

Encore un coup du fisc. Pour mieux prélever ses impôts, César Auguste ordonne un recensement « de tout le monde habité ». « Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie ». C’est ainsi, nous précise l’évangéliste Luc, que Joseph et Marie quittèrent leur ville de Nazareth, en Galilée, pour se rendre à Bethléem, en Judée, afin de s’y faire recenser. Enceinte, Marie y « enfanta son fils premier-né » (Lc 2). L’Évangile de Matthieu précise que l’enfant, appelé Jésus, était né « au temps du roi Hérode » (Mt 2,1).

 

Les Évangiles ne sont pas avares en repères historiques et géographiques : Jésus n’est pas un mythe mais un homme, un vrai, descendant en ligne direct du roi David. On sait où et quand Il est né ; où, quand, pourquoi et comment Il est mort ; où Il a vécu ; qui étaient ses parents, ses amis, ses ennemis, etc. On Le connaît beaucoup mieux que la plupart des hommes qui vécurent dans l’Antiquité, car les écrits à son sujet sont exceptionnellement nombreux pour l’époque. Si plusieurs auteurs profanes Le mentionnent, ce sont évidemment les Évangiles qui en parlent le mieux, leur valeur historique est indéniable. Jésus a laissé dans l’Histoire une empreinte universelle que personne d’autre n’a jamais laissée. Qui est-Il donc pour que tous les hommes, aujourd’hui encore, se situent dans le temps par rapport à sa naissance ?

 

LE « JESUS DE L’HISTOIRE » EST ENTRE DANS L’ETERNITE

 

Ce Qui sépare l’athée du croyant, ce n’est pas de croire que Jésus ait existé, mais de croire qu’Il existe toujours, qu’Il est vivant, qu’Il est le Christ, le Sauveur que le Père nous a envoyé pour nous délivrer de la mort et du péché. Tout est là.

 

Sa résurrection, événement historique par excellence, a comme ouvert une faille dans le temps, et dans l’espace : ressuscité, vivant à jamais, le « Jésus de l’Histoire » est entré dans l’éternité ; Il a été reconnu, pour ceux qui ont la foi, comme le Christ (le Messie attendu, l’oint de Dieu). Notre foi repose sur une Personne vivante et sur des faits réels, quoique surnaturels.

 

Ce pas de la foi n’est une évidence pour personne : c’est un don de Dieu. Seul l’Esprit Saint, l’Amour qui les unit, peut nous faire reconnaître en Jésus le Fils « unique », le Fils « bien-aimé » du Père. Et seul le Fils peut nous révéler le Père (Jn 14,9). Les Évangiles l’attestent – et c’est ce qui les distingue de tout autre écrit et fait leur inestimable valeur : écrits par des témoins et inspirés par l’Esprit, ils sont parole de Dieu.

 

JESUS-CHRIST, CHANGERA-T-IL LE COURS DE NOTRE HISTOIRE PERSONNELLE ?

 

Une seule Personne, deux natures inséparables. Vrai homme, Jésus-Christ est aussi vrai Dieu : Il est infiniment au-delà de ce que nous pourrons percevoir. Gardons-nous d’aplatir un si grand mystère ! Le Fils de Dieu s’est abaissé jusqu’à nous pour nous élever jusqu’à Lui : parce qu’Il a choisi de partager notre humanité, nous pouvons à présent partager sa divinité.

 

Qui avons-nous accueilli à Noël ? Jésus ou Jésus-Christ ? Un homme exceptionnel qui a laissé de beaux souvenirs et quelques citations cultes ou la Parole vivante de Dieu ? Ce Jésus qui a pris chair de la Vierge Marie « au temps du roi Hérode », a souffert « sous Ponce Pilate », a été crucifié, est ressuscité des morts, ce Christ qui récapitule toute l’Écriture sainte, a fondé l’Église et changé le cours de l’histoire universelle changera-t-Il aussi celui de notre histoire personnelle ? Le ciel est descendu sur la terre, le Fils de Dieu est devenu notre frère et ça ne nous renverse pas ?

 

Le Seigneur « veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. En réalité, dès les premières pages de la Bible, il y a, sous diverses formes, l’appel à la sainteté. Voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : ‘Marche en ma présence et sois parfait’ (Gn 17, 1) » (François, Gaudete et Exultate, n°1).