Paroisse Pont-de-Veyle

La Foi, une rencontre.

« La Foi chrétienne est avant tout une rencontre avec Jésus » écrivait St Cyrille d’Alexandrie. Quand des parents font baptiser leurs enfants, quand ces mêmes parents les éduquent dans la Foi, quand un Catéchiste donne une leçon, quand un Prêtre prêche, quand on partage les trésors de sa Foi à quelqu’un, on ne transmet pas une valeur, une chose abstraite, une idée, un concept, non ! On transmet le Christ, on permet à ceux qui nous écoutent de faire eux-mêmes une rencontre personnelle avec Jésus. L’Evangile s’appuie sur des faits concrets. Il relate des paroles que Jésus a prononcées, des gestes qu’Il a posés, des attitudes qu’Il a eu, des lieux que Notre Seigneur a visité et a fréquenté. La petite synagogue de Nazareth est un lieu très précis, le lac de Tibériade est géo-localisé, Zachée est une personne vivante, Ponce Pilate n’est pas une légende mais bien un personnage historique et ayant existé. Tout l’Evangile s’appuie sur des événements accomplis, rapportés par des témoins oculaires, fondé sur des enseignements solides. Jésus a pris chair de notre chair. L’incarnation n’est pas une idée, c’est un fait. Dieu prend un chemin réel pour rejoindre notre humanité. Au moment où tout est remis en cause, il n’est pas inutile de nous rappeler la réalité de la Foi, son incarnation. Notre Pape émérite Benoît XVI nous a laissé un grand héritage avec les ouvrages « Jésus de Nazareth » dans lesquels il nous montre, entre autres, le réalisme de l’Evangile. « Dans le geste des mains qui bénissent s’exprime la relation durable de Jésus avec ses disciples, avec le monde. Dans la Foi nous savons que Jésus, en bénissant, tient ses mains étendues sur nous. Voilà la raison permanente de la joie chrétienne » écrit Joseph Ratzinger – Benoît XVI. Les conséquences de ce réalisme de la Foi sont nombreuses.

Parce que Dieu n’est pas une idée mais une personne, en découle une série d’incidences dans nos pratiques. Par exemple, la ponctualité à la Messe. La politesse – certes, qui se perd de nos jours ! – exige que nous soyons à l’heure à un rendez-vous. Faire attendre une personne n’est pas correct. La devise « la ponctualité est la politesse des rois » doit alors s’appliquer, non seulement avec tous les hommes avec lesquels nous sommes en contact, mais plus encore avec DIEU. Le mois de janvier étant le mois des bonnes résolutions pour l’année nouvelle, nous pourrions commencer par prendre celle-ci : Arriver à l’heure à la Messe… et même quelques minutes avant pour nous y préparer saintement. L’expérience nous montre que si nous arrivons en retard pour prendre notre train, celui-ci s’en va sans nous attendre ! Par miséricorde, Monsieur le Curé, attend souvent quelques minutes avant de sonner la procession d’entrée mais combien arrivent encore au chant du Gloria quand ce n’est pas le psaume ou même la proclamation de l’Evangile ? Reprenons conscience que DIEU nous donne rendez-vous et qu’Il nous attend. Reprenons conscience que la Liturgie – qui est l’oeuvre de Dieu – débute à la procession d’entrée et s’achève à celle de la sortie. Marquons notre respect pour DIEU en mettant un point d’honneur à être à l’heure à la Sainte Messe. Il est surprenant de voir qu’on est à l’heure, et même largement en avance, pour des funérailles mais en retard à la Messe ! Si c’est possible en ces circonstances, pourquoi alors cela ne l’est-il pas pour la Messe Dominicale ? Par les liens de la charité qui nous unissent, aidons-nous les uns et les autres en ce sens !

Autre point concret qui marque l’incarnation de notre Foi. Quand on entre dans une maison, chez des amis par exemple, nous attendons que le maître du lieu nous invite à prendre place dans un fauteuil ou sur une chaise. De soi-même on ne se précipite pas pour s’affaler dans le canapé du salon ! De la même manière à l’église. Il y a, là aussi, des codes de bonne manière. Dieu est là présent en Son Tabernacle. On commence d’abord par Le saluer par une génuflexion ou une inclination profonde. On fait un beau signe de croix lent et ample. Puis, arrivé au banc, on peut prendre un petit temps d’arrêt debout ou à genoux avant de s’asseoir. Cet instant peut nous permettre de nous mettre en présence de Dieu. Un peu comme si le Seigneur depuis le Tabernacle nous disait à l’oreille de notre coeur « Tu peux t’asseoir maintenant, prenons le temps ! ». Ici, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les prie-Dieu ne sont pas des repose-pieds mais un moyen de se mettre à genoux ! Par charité, pensons aussi à ceux qui ne sont pas obligés de passer par le pressing chaque fois qu’ils sortent de l’église !!!

Peut-être que ces lignes vous ont fait sourire c’est déjà cela ! J’espère qu’elles ne vous ont pas blessé, ce n’est pas le but et si c’est le cas je vous en demande pardon. Parce que Dieu a pris chair de notre humanité, l’expression de notre Foi doit s’incarner en des faits et des gestes qui nous permettent de nous rendre sensibles à la Présence de JESUS, roi de l’univers, roi de nos coeurs et de nos vies.

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +