Paroisse Pont-de-Veyle

Des chrétiens enivrés !

Ce titre n’est pas un appel à la débauche générale, rassurez-vous ! Vous comprendrez à la lecture de ces lignes de quel enivrement il s’agit ! Les pèlerins de Terre Sainte ont en tête ces immenses cuves de pierre à Cana. Elles sont au nombre de 6 et peuvent contenir chacune 100 litres. Le premier miracle du Seigneur s’est déroulé ici, à Cana, lors d’un mariage. Alors que les invités à la noce n’avaient plus de vin, voilà que, à l’invitation de Jésus, les serviteurs vont puiser dans ces fameuses cuves et, ô surprise, l’eau s’est transformée en vin. Et du bon vin s’il vous plaît ! La remarque du maître du repas au marié est sans équivoque : « Tout le monde sert le bon vin en premier… mais toi tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ! ». St Jean précise, au terme de cet évangile : « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana, en Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en Lui. ».

 

Au-delà du vin abondant qui a, sans doute, réjouit les convives du mariage, Jésus nous montre la surabondance qui déborde de son Divin Coeur. « Les dons de la grâce sont variés, dit St Paul, mais c’est toujours le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est toujours le même Seigneur ». Quand Dieu donne, Il le fait en abondance et même en surabondance. Le Seigneur ne fait pas de demi-mesure ! « Je suis venu, dit Jésus, pour que les hommes aient la vie, la vie en abondance ! ». A nous de venir puiser à cette source. Oui, Jésus veut nous enivrer de ses grâces. La volonté de Dieu c’est que nous soyons tout entier rempli de l’Esprit-Saint. Souvenez-vous la remarque faîte aux Apôtres le matin de la Pentecôte : « Ils sont plein de vin doux ! ».

 

Pas du tout, répondront-ils ! Ce n’est pas le vin qui nous enivre, c’est l’amour de Dieu répandu dans nos coeurs qui nous rend profondément joyeux et qui nous empêche de nous taire. Comme le vin délie les langues, la grâce de Dieu dilate le coeur et nous rend totalement insensible à la peur du « qu’en dira-t-on » par exemple.

 

Notre monde a bien besoin de chrétiens enivrés de la grâce ! Des chrétiens saouls de l’Esprit-Saint qui habite leur coeur, leur âme, leur intelligence, leurs capacités physiques, morales, spirituelles, leur volonté, bref, tout leur être. « N’ayez pas peur, dira St Jean-Paul II, ouvrez, ouvrez toutes grandes au Christ les portes de votre coeur ! Ouvrez à sa puissance salvatrice les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement ! » (22 octobre 1978). Le Pape François, à son tour, adressera ses mots à des Catholiques de France venus le visiter : « Devenez des témoins audacieux de l’amour de Dieu dans un monde blessé, en particulier dans les périphéries existentielles où d’innombrables hommes et femmes attendent la consolation du Seigneur. Puisse cette consolation leur parvenir à travers vous, véritables missionnaires du Christ ; qu’elle rejoigne ceux qui sont abattus au bord du chemin à travers la tendresse de vos paroles et les caresses de vos oeuvres, et qu’ainsi la miséricorde et l’amour de Dieu s’étendent et se répandent… » (20 mai 2018). Quelques années auparavant, au Paraguay, le même Pape François avait dit aux jeunes, en 2015, « Mettez le bazar, mais ensuite, aidez à ranger ! ». Autrement dit, aux Chrétiens de répandre l’annonce de l’Evangile sans crainte, sans honte, à haute voix et, ainsi, le monde retrouvera la conscience du bien et du mal.

 

Dans ces premiers jours de Janvier où nous sommes, c’est bien la grâce que nous pouvons demander au début de cette nouvelle année. Soyons des chrétiens enivrés de Jésus ! « Malheur à moi si je n’évangélise pas ! » nous prévient St Paul. Une fois encore, le monde a faim, le monde a soif de Jésus-Christ. Si, nous chrétiens, nous ne lui donnons pas Dieu, ce monde va droit dans le mur ! Peut-être les mouvements sociaux que nous connaissons dans notre pays sont-ils le révélateur de cette quête de sens ? Avec ou sans gilet jaune, l’homme est à la recherche du bonheur et de la vie. Où peut se trouver le vrai bonheur si non qu’en Dieu ? Puissions-nous, chrétiens, retrouver cette audace missionnaire qui nous fera, peut-être, passer pour des fous, des gens ivres, mais peu importe les jugements et accusations portés contre nous, pourvu que nous annoncions Jésus… le reste n’a pas beaucoup d’importance ! Je renouvelle ici mes voeux de Sainteté pour cette année nouvelle. Un Saint est celui qui se joue des convenances humaines. Un Saint est un être audacieux et qui n’a peur ni de rien ni de personne ! Un Saint est un homme ou une femme qui ne peut se taire tellement il est rempli de l’Esprit de Dieu, tellement il est enivré de Dieu ! Sainte année à tous ! Le cru 2019 sera bon s’il reste au Soleil de Dieu !

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +