Paroisse Pont-de-Veyle

La chasse au « oui… mais » est ouverte !

Le « mot du Curé » de la semaine dernière se concluait ainsi : « … Nous allons nous aider mutuellement à ne pas râler et à louer ! Bel Avent à tous ! ». La joie est le fil d’or de ce temps de préparation à Noël et elle est nourrie par la prière du Magnificat que nous nous engageons, petits et grands, à apprendre par coeur pendant ces jours. Il y a une réalité qui est courante, voire récurrente, dans notre manière de parler. C’est le fameux « oui… mais ! ». Avez-vous remarqué qu’à chaque fois que nous évoquons une bonne nouvelle, un événement qui nous a réjoui, une réunion qui s’est bien déroulée, un voyage qui nous a enchanté, une conférence qui nous nourris… systématiquement il y a la petite phrase assassine « c’était bien mais… » ? Comme si il fallait obligatoirement relever un point négatif dans le positif ! Ainsi, petit à petit, le « oui.. mais » terni le tableau et nous finissons par ne retenir que le sombre nuage. Cela peut sembler anodin mais, en fait, cette manière de parler contribue à entretenir un climat obscur et déprimant.

 

Dans les lectures du 2nd dimanche de l’Avent la joie irradie la Parole de Dieu. Le prophète Baruc invite Jérusalem à quitter sa « robe de tristesse » et à voir ses enfants « se réjouir parce que Dieu se souvient ». St Paul se réjouit de voir le « si beau travail » que Dieu a commencé dans le coeur des croyants. Et St Jean-Baptiste annonce un « baptême de conversion » annonçant que « tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline abaissées… tout être vivant verra le Salut de Dieu. ».

 

Avez-vous lu un « oui… mais » ? Pas la moindre trace de ces 2 mots mortifères ! Parce que l’Avent est un temps de conversion joyeuse il est opportun de convertir notre langage et la manière dont nous rapportons les événements. Il y a là un noeud que nous pouvons donner à la Vierge Marie : celui de relever le négatif des situations. Que Marie qui défait les noeuds nous aide à appréhender les réalités de notre vie avec optimisme. Certes, nous devons regarder les choses avec objectivité mais de là à voir systématiquement un point négatif, et pire encore, à le rechercher, voire le désirer, il y a là quelque chose qui n’est pas de Dieu.

 

Dans la nuit de Noël nous entendrons « Je suis venu vous annoncer une grande joie ! Aujourd’hui vous est né un Sauveur ! ». Imaginez que l’Ange Gabriel immédiatement après dise aux bergers « Oui mais ça va être difficile de reconnaitre Dieu en ce petit enfant couché dans la mangeoire ! ». Il y a une réelle conversion de notre coeur à opérer. Nous devons être comme de petits enfants qui s’émerveillent devant les belles et bonnes choses qu’ils peuvent vivre. Souvenons-nous que si nous ne leur ressemblons pas, nous n’entrerons pas dans le Royaume de Dieu… c’est Jésus qui nous prévient !

 

Demandons la grâce de savoir, d’une part, reconnaître ce qu’il y a de beau, de bon, de grand dans notre vie. C’est un simple exercice que nous pouvons faire au soir de nos journées : Se demander quels sont les signes que Dieu m’a fait aujourd’hui ? Quels sont les événements, les paroles, les visites, les rencontres, les articles, les émissions qui m’ont fait du bien ? Même dans les journées les plus difficiles il y a toujours une petite lueur, un petit rayon de soleil. Il peut être infime mais il est la manifestation du sourire de Dieu dans notre vie quotidienne. « Reprends courage, l’Espérance est un trésor, même le noir nuage a toujours sa frange d’or » chante le scout !

 

D’autre part, opérons entre nous la correction fraternelle. N’hésitons pas à reprendre nos proches, nos amis, nos frères et soeurs en paroisse quand le « oui… mais » apparait dans une discussion positive. Ne laissons pas le démon obscurcir ce qui est bon. Ne lui laissons pas le plaisir de nous plonger dans un sentiment de joie non-accomplie. Ne permettons pas au malin de ternir notre joie parce que la joie vient de Dieu, elle est un fruit essentiel de l’Esprit-Saint. Nous avons le droit, et même le devoir, de nous corriger les uns et les autres car le « oui… mais » n’est pas bon pour le moral ! Il est même nocif pour notre Foi, notre Espérance et notre Charité. Le « oui… mais » nous plonge dans la tristesse et dans la revendication systématique. Le « oui… mais » assombrit nos relations et notre vie toute entière.

 

Saisissons alors ce temps de l’Avent pour convertir et notre langage et notre manière de relire notre vie dans les heureux moments, aussi simples soient-ils, que Dieu nous donne de vivre ! Bon et joyeux Avent à tous !

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +