Paroisse Pont-de-Veyle

« Effata ! » …. C’est-à-dire « ouvre-toi ! ».

 

Les mots que Jésus adresse au sourd qu’il guérit sont repris par la Liturgie de l’Eglise au cours du Baptême dans le rite de l’Exorcisme. Sur le petit enfant qui va être baptisé, le Prêtre fait un signe de croix sur les oreilles et sur la bouche en prononçant ces paroles : « Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets. Qu’il te donne d’écouter Sa Parole et de proclamer la Foi pour la louange et pour la gloire de Dieu notre Père ». Ainsi, nous demandons au Seigneur d’ouvrir les sens du nouveau Baptisé afin que, par toute sa vie, il soit le témoin du Christ.

 

« Effata ! » Cette parole résonne à l’oreille de nos cœurs au moment où nous entamons une nouvelle année. Envoyés sur nos lieux de travail, sur la cour de l’école, du collège ou du lycée, sur les bancs de la fac, dans nos familles, avec nos amis, dans les rues de nos villages ou dans les associations et mouvements dans lesquels nous sommes engagés, partout et tout le temps nous devons remplir le monde de la Parole du Christ. On ne dira et répétera jamais assez que l’évangélisation concerne tout le monde, Prêtres et laïcs.  

 

Le monde, notre pays, nos lieux de vie sont remplis de sourds. L’homme semble avoir perdu la joie de Dieu. Il semble que le chrétien ait du mal à se faire entendre. Quotidiennement nos radios et télévisions semblent se complaire à souligner ce qui va mal, ce qui est scandaleux, insupportable. Et, certes, il y a des éléments scandaleux et insupportables : les récents faits qui bouleversent l’Eglise en témoignent.

 

L’appel au jeûne du Saint Père et de notre Evêque (cf lettre de l’un et de l’autre au cœur de ce bulletin paroissial) les 14 et 15 septembre prochain, pour « implorer le pardon et la grâce de la honte et de la conversion… » (Mgr Roland) le montre bien et souligne notre vif désir d’être d’authentiques disciples du Christ. Par ailleurs, nous voyons bien que les effectifs des groupes de catéchèse ne cessent de diminuer un peu partout. Ne parlons pas des tristes chiffres des Ordinations Sacerdotales en France ces dernières années… tout cela donne, humainement, le vertige et plombe le moral des troupes !

 

Et pourtant, l’appel du Seigneur reste le même et demeure d’une actualité brûlante. Il ne sert à rien de se lamenter. La grâce nous est donnée de relever le défi d’une nouvelle Evangélisation. D’une part, de nous-même, d’autre part, du monde qui nous entoure. Le champ de la mission est vaste et grand ! Tout est à construire, voire, à reconstruire. A y regarder de plus près, l’apparent sentiment d’indifférence ou de mépris face à l’Eglise, révèle, en fait, une soif immense de Dieu. Ce qui, à taille humaine, nous déprime est, en fait, avec le regard de Dieu, une source immense de joie et d’espérance car nous avons du travail !!! Si j’ose dire : Dieu a de l’avenir ! Nos prières, les Messes pour la France mensuellement dans notre paroisse, les initiatives qui naissent ici ou là en terme d’évangélisation, les efforts dans le domaine de la catéchèse, les petites attentions dont les uns et les autres font preuve au nom de leur Foi… Plus largement, la naissance de communautés religieuses, les mouvements éducatifs empreints de l’Evangile (le scoutisme par exemple), les fondations de groupes de réflexions et de prières… Tout cela est le gage que le Saint-Esprit de Dieu travaille les cœurs et que le démon a bien raison de s’inquiéter car son combat est déjà perdu d’avance !

 

« Effata ! » nous dit Jésus. A nous de faire en sorte que les oreilles et la bouche de ceux que nous rencontrons s’ouvrent mais que nos propres sens s’ouvrent aussi. Comme si Jésus nous disait, en fait, « ouvre-la ta bouche ! ouvre-les tes oreilles ! ». Ne nous cachons pas derrière le prétexte de la peur, d’un certain respect humain voire de la tolérance (la tolérance n’est pas une vertu chrétienne je le rappelle  mais la charité en est une ! Et la première des charités est celle de faire découvrir le Christ et le faire aimer !)… Soyons inventifs et même combatifs dans notre désir de voir nos frères et sœurs en humanité s’ouvrir à Jésus. Souvenons-nous cette parole du Saint Curé d’Ars : « Je veux gagner des âmes au Bon Dieu ! ». C’est quand tout semble mort que la vie surgit : Nous le savons depuis un certain Vendredi Saint qui a éclaté en matin de Pâques ! « Effata ! Ouvre-toi ! » : Alors, retroussons nos manches ! Au travail ! A la mission !                    

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +

 

«  Chaque fois que nous cherchons à revenir à la source pour récupérer la fraîcheur originale de l’Evangile, surgissent de nouvelles voies, des méthodes créatives, d’autres formes d’expression, des signes plus éloquents, des paroles chargées de sens renouvelé pour le monde d’aujourd’hui. »

Pape François, la joie de l’Evangile, numéro 11