Décès du P. Dominique Pradiers

« La joie de l’Evangile remplit le cœur et toute le vie de ceux qui rencontrent Jésus »

Pape François, E.G. n°1.

 

 

Le Père Dominique PRADIERS vient de nous quitter dans la soirée (heure française) du 25 juillet 2018, à l’hôpital St Vincent de Sydney où il avait été évacué d’urgence en raison d’une double pneumonie et de problèmes cardiaques découverts par la suite.

 

Dominique est né le 2 septembre 1942 à Royat (Puy de Dôme) de Marcel PRADIERS et de Fernande GUERIN. Il sera baptisé le 8 septembre à Royat (diocèse de Clermont Ferrand) et confirmé le 9 juin 1952. Il commencera sa scolarité au Lycée de Bourg-en-Bresse, puis on le trouve à la Petite-Œuvre de Trévoux (petit séminaire des MSC) de 1953 à 1961. D’octobre 1961 à octobre 1962, il sera au noviciat à Miribel, il y fera ses premiers vœux le 11 octobre de la même année.

 

Puis c’est le départ pour le scolasticat de Strasbourg. Après la philosophie 1962/1964, va se situer le service national 1964/1965 à Verdun, Montpellier, Sarrebourg, comme aspirant chef de section. La théologie occupera les années 1965/1968. Il prononcera ses vœux perpétuels le 11 octobre 1966, recevra le diaconat le 25 juin 1967 et l’ordination sacerdotale le 30 juin 1968.

 

Comme cela se faisait à l’époque, l’année 1968/1969 se passera à St Denis-de-la-Chapelle (18ème) où il sera initié à la vie pastorale. Son cœur est déjà en Papouasie-Nouvelle-Guinée : il y sera envoyé en septembre 1969, lors de la célébration mariale et missionnaire du 8 septembre à Issoudun.

 

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, il sera d’abord à Fané 1970/1972, puis à Ononghé 1972/1974.

 

De juillet 1974 à janvier 1975, il prend ses vacances en France. Il retourne à Ononghé de 1975 à 1992. Durant son séjour dans la station du fameux Père Dubuy, il sera nommé Supérieur Régional des MSC français et suisses qui vivent en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

Soucieux d’être un évangélisateur à la hauteur de sa mission, il souhaite vivre un temps de formation permanente qu’il fera durant huit mois aux Philippines à l’Institut Pastoral d’Asie de l’Est (East Asian Pastoral Institute). A son retour, en avril 1993, il est à la paroisse de Fatima : Woitape/Kosipe/Onon-ghé. Le premier novembre, il devient une nouvelle fois supérieur de la communauté franco-suisse qui œuvre en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Une communauté qui s’est amoindrie au fil du temps. 1997 le voici curé de Kubuna, puis en 1999 il revient à Fané jusqu’en 2007 où il devient curé de l’île de Yule qui a vu arriver les premiers missionnaires et où sont enterrés nombre de nos compatriotes. Lors de ma visite, en compagnie de Mgr Hubert Barbier, M. Jacques Olivier MANENT, ambassadeur de France, aimait dire que le cimetière de Yule était un peu de terre de France en Papouasie. Durant le provincialat du P. Gérard Blattmann, il quittera Yule pour aller à la capitale prêter main forte à la communauté MSC proche du provincialat. Il aidera à l’économat et à des tâches de secrétariat.

 

Nous connaissions tous la fougue de Dominique et parfois son côté naïf pour ne pas dire son cœur d’enfant. Les notes de sa flute lui permettaient de s’évader et de retrouver des « airs joyeux » comme dit le psalmiste. Lors de ma première visite en PNG, en compagnie du Père Thierry MIN, il se moquait de moi, à Fané, car j’étais plus intéressé par la cuisine du « moumou » que par la marche qu’il proposait. Au-delà de ses anecdotes humaines et humoristiques se cachait l’âme d’un grand missionnaire soucieux de connaître « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses » (Gaudium et Spes n°1) des Papous qui lui étaient confiés et pour lesquels il avait la passion de l’Evangile, afin qu’eux aussi, comme lui, fasse l’expérience de l’Amour de Dieu dévoilé pour nous tous dans le Cœur du Christ. La joie de Dominique était communicative. Son intérêt pour toute chose était intact au point parfois d’agacer mais il aimait savoir pour comprendre et ainsi mieux servir l’homme, tout l’homme.

 

Je lui laisse le dernier mot : « C’est donc avec joie que je retournerai le 22 mai 2012 en Papouasie : un long voyage (32 h) avec 24 heures effectives de vol en passant par Séoul en Corée, Brisbane en Australie, et enfin Port Moresby (pour voyager moins cher !). Je vous salue tous et vous souhaite aussi beaucoup de joie dans cet élan que nous essayons de donner à nos communautés. Et en France, ne désespérez pas, c’est vrai que les têtes chauves sont plus présentes que les jeunes, mais ces derniers recherchent toujours un idéal à réaliser : montrez-le leur ! Amicalement. Dominic ». Merci Dominique pour ta vie donnée. Nous sommes heureux de savoir que le Cardinal John Ribat présidera tes funérailles ce jeudi 2 août à Sydney. Nous te t’oublions pas, fais de même pour nous.

 

P. Daniel Auguié, Provincial MSC.