Paroisse Pont-de-Veyle

Retour à la maison.

Au moment où nous nous apprêtons à vivre la pause estivale, l’Evangile de ce 1er dimanche des vacances scolaires tombe « à point nommé ». En effet, nous y voyons Jésus qui se rend « dans son lieu d’origine », autrement dit chez lui, dans son village, à Nazareth. Il y retrouve tous ceux qui l’ont connu lorsqu’il était enfant. On sait, dans le village, qu’il est « le fils du Charpentier, le fils de Marie ». Les Nazaréens savent tout, ou pensent tout savoir, sur Jésus. Oui, les gens de son pays croient tout savoir sur Jésus… à un détail près et quel détail ? Ils n’ont pas saisi que Jésus est Fils de Dieu, qu’Il est Dieu « vrai Dieu né de Dieu, engendré non pas crée, de même nature que le Père ». Les habitants de Nazareth se sont arrêtés à l’étape de la vie cachée – 30 ans ! c’est vrai, ce n’est pas rien ! – ce moment où Jésus, vrai homme, travaillait avec St Joseph dans son établi.

 

Mais… depuis que Jésus est parti, il s’en passé des choses ! Le Baptême par St Jean-Baptiste : « Dès que Jésus fût baptisé, Il sortit de l’eau. Voici que les cieux s’ouvrir… une voix venant des cieux disait : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !’ » (Mt 3, 16). Jésus est parti 40 jours dans le désert pour y être tenté par le démon. Jésus a choisi 12 hommes qu’il a constitué « Apôtres ». Jésus a déplacé des foules, il les a enseignés, il a fait des miracles, il a guéri des malades, il a même ressuscité Lazare… Bref, il a révélé son vrai visage : « Avant qu’Abraham eût existé, JE SUIS » (Jn 8, 58).

 

De la même manière, toutes proportions gardées bien sûr car nous ne sommes pas Jésus, cet été nous fera peut-être rencontrer des incompréhensions au cœur de nos familles et chez nos amis.

 

Depuis notre dernière visite, nous avons vécu des événements qui ont pu marquer notre vie spirituelle. Nous avons peut-être rencontré des personnes, écouter des enseignements. Nous avons été touchés par tel ou tel article. Ou encore, notre vie spirituelle a mûri. Depuis notre dernière visite en famille ou chez ces amis chez lesquels nous passons chaque année un temps de vacances, nous avons découvert peut-être que Dieu a la 1ère place et que des plaisirs, fussent-ils bons, ne sont finalement pas si importants que cela. Peut-être notre regard a-t-il changé sur telle question de société, sur tel sujet d’actualité. Il est possible aussi que l’âge nous fasse prendre du recul sur des événements… en un mot, sur la vie tout simplement ! Et alors, c’est le drame ! Comment, s’interrogent nos proches, celui que nous connaissions jusque-là a-t-il pu changer aussi radicalement ? « … et ils étaient profondément choqués à son sujet » nous dit l’Evangile. Qui n’a pas fait cette expérience, au demeurant douloureuse, de ne pas être compris, ou de n’être plus compris par les siens ?

 

Que faire alors ? C’est une question que l’on se pose régulièrement ! Faut-il, selon l’expression, « mettre de l’eau dans son vin » … oui, mais jusqu’à quel point ? Faut-il renoncer à ses convictions le temps du séjour chez les parents, les grands-parents, les enfants ou les amis ? Faut-il couper les ponts ? Faut-il s’établir en personne convaincue de détenir la vérité et faire comprendre d’une certaine manière que, quand même, on est meilleur qu’eux ?!!! Doit-on prendre le contre-pied et entrer en conflits… sympa pour l’ambiance !! Doit-on trouver un prétexte pour ne pas venir ou écourter le séjour ? Les questions sont multiples et légitimes.

 

M’est avis que nous devons d’une part prier le Saint-Esprit. Demandons à Dieu de nous inspirer ce qu’il faut faire, comment il faut le faire. Ce qu’il faut dire et comment le dire. Ce qu’il faut taire. Ce qu’il ne faut pas faire. Demandons l’Esprit de conseil et de sagesse. D’autre part, il nous revient de nous interroger : Quels sont mes points non-négociables ? Quelles sont mes priorités ? Concrètement, la Messe du dimanche peut-elle être manqué sous prétexte d’un pique-nique familial ou d’une sortie en bâteau ?  Enfin, demandons la vertu de Charité (je dis bien charité et non tolérance qui n’est pas une vertu chrétienne !). La Charité nous établit dans la vérité. Mais la vérité ne peut se dire que dans l’amour et la douceur. J’aime à citer cette parole pleine de sagesse du bon Père Georges Druguet – figure éminente de notre Diocèse, originaire de Grièges – il disait régulièrement « la charité sans la vérité c’est de la guimauve ! Mais la vérité sans la charité c’est un bulldozer ! ».  A nous de jouer avec ces éléments !

 

Je conclus : Souvenons-nous que l’humour et la joie sont la clef du désarmement d’une situation conflictuelle ! Sachons rire de nous-même et sachons présenter nos solides convictions avec le témoignage d’une Foi vécue joyeusement. Notre Dieu est le Dieu de la joie ! Allons alors en paix vers ceux que nous aimons ! Bon été à tous et à chacun !                     

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +