Paroisse Pont-d'Ain

Mot du Curé

La lecture de l’évangile d’aujourd’hui nous fait le récit de deux guérisons. Deux récits qui s’imbriquent l’un dans l’autre. L’auteur, Marc en l’occurrence, y voit sûrement un lien. Et ce lien, entre la femme souffrant d’hémorragie et le père de la petite fille, c’est sans doute la foi. D’ailleurs, il nous suffit de remarquer l’insistance de Marc pour nous en convaincre : à la femme guérie de son flux de sang, Jésus déclare : Ta foi t’a sauvée, et à Jaïre, e chef de la synagogue, il dit : Crois seulement.

Deux démarches de foi. Ta foi t’a sauvée, va en paix et sois guérie de ton mal ! dira Jésus à la femme. Cette parole ne fait qu’authentifier ce qui est déjà accompli par sa personne même, grâce à la foi de cette malade. Au père de la petite fille, Jésus dit : Ne crains pas, Crois seulement. C’est bien la foi qui compte pour Jésus. Jaïre a été témoin du miracle précédent. Marc nous rapporte ces deux miracles imbriqués l’un dans l’autre pour nous donner l’impression d’une sorte de crescendo dans la foi : croire que Jésus peut guérir une maladie, croire que Jésus peut ressusciter un mort. Croire en Jésus aujourd’hui ou en son temps, c’est toujours prendre un risque, celui d’être moqué ou rabroué. Et pour Jésus, susciter la foi en lui, c’est s’exposer au jugement des hommes. Les deux personnages qui prennent toute la place dans ce récit ont dû eux aussi braver l’incrédulité et supporter les sarcasmes de l’entourage pour ainsi exposer leur souffrance et leur peine à Jésus. Jésus ne fait pas mention de la toute-puissance qui lui vient du Père pour guérir la femme et exaucer Jaïre. Il ne met pas non plus en évidence la force qui guérit et qui fait revenir à la vie. Il ne fait mention que de la foi qui doit animer les deux implorants.

Jésus, un être attentif aux misères humaines. Ces deux scènes de la vie de Jésus de Nazareth nous le montrent disponible et compatissant à la misère des hommes et des femmes. La confiance le touche et le rejoint et en toute rigueur de termes, nous pouvons dire  que Jésus abandonne sa puissance divine au pouvoir de notre pauvre foi humaine et défaillante. Il ne s’en sert pas cependant comme le ferait un guérisseur, au gré de son bon plaisir. Sa toute-puissance est là, tout simplement, disponible pour les personnes qui le touchent et pour celle qui demandent même ce qui peut paraître impossible. La foi est un abandon amoureux, une confiance absolue de se sentir aimé. Tout est alors possible à celui qui croit. Elle est force dans la faiblesse. L’acte de foi est loin d’être l’attitude de la personne humaine qui sait et qui peut.  La foi est grande en autant qu’elle rend conscient de sa petitesse et de sa pauvreté. C’est cette foi qui fait la joie de Dieu car elle lui permet d’agir en plénitude. Dieu n’a pas crée les choses et les êtres pour la mort mais pour la vie : Dieu a crée toutes choses pour qu’elles subsistent (Sagesse 1,1-14). Le sens de l’existence humaine c’est la vie et non la mort. La femme victime de sa longue maladie symbolise le mal qui rend stérile toute vie humaine. La jeune fille morte dans la fleur de l’âge, symbolise pour sa part toute vie dont les projets sont inachevés. Une vie en somme privée elle aussi de fécondité. Ces deux situations nous sont données pour les dépasser. Elles nous apprennent que la vie de Dieu fait produire des fruits qui dépassent toute attente si l’arbre qui la porte est enraciné dans la foi (Marc 5,21-43)

Père Aimé Fulbert OWAH, Curé

Feuille Paroissiale

PtdAin FP 1 Juil 2018 (double « clic » gauche pour ouvrir le fichier)