Paroisse Oyonnax

Heureux les coeurs purs…

 

Que s’est-il passé dans la tête de Pierre, Jacques et Jean lors de l’épisode rapporté dans l’évangile d’aujourd’hui ? Qu’est-ce que cette « grande stupeur » dont parle saint Marc ? Certes, une prise de conscience : Jésus est puissant. La maladie d’une femme exclue socialement et la mort d’une fille de douze ans sont mises en échec par ce Maître adulé des foules. Il guérit des malades, chasse des démons, pardonne les péchés et rend la vie aux morts. Mais, plus encore, la stupeur des disciples réveille chez nous, lecteurs, un goût d’expérience de foi. Non seulement avec leur tête mais avec leur coeur, ces trois proches de Jésus réalisent que celui-ci est la vie. Comment en serait-il autrement ? Nous le savons, cette révélation aussi fulgurante qu’éphémère n’a pas donné aux disciples la pleine clairvoyance sur le mystère et la mission du Christ. Pas plus qu’elle ne leur a épargné ni peurs, ni doutes, ni reniements. Mais cet instant compte dans l’interrogation essentielle de ces hommes qui ont tout quitté pour suivre Jésus : « Qui est-il ? » L’Évangile nous apprend que seul un coeur pur peut voir Dieu. C’est le coeur de la femme persuadée d’être sauvée par le simple fait de toucher le vêtement de Jésus. C’est le coeur de Jaïre meurtri par le décès de sa fille et dont Jésus est le dernier recours. Car Jésus est Dieu et ils l’ont reconnu. La femme guérie et le père comblé ouvrent les yeux des témoins de la scène. Leur pureté est aussi contagieuse que leur bonheur. Pierre, Jacques et Jean découvrent ainsi leur propre coeur pur. Frappés de grande stupeur, ils voient Dieu.

 

Karem Bustica, rédactrice en chef de Prions en Église