Equipes du Rosaire

Rassemblement des EDR le 26 mai

Les Equipes du Rosaire se sont réunies le 26 mai 2018 à la Maison Jean-Marie Vianney, pour une journée fraternelle.

 

Remerciements au Père Pierre LE BOURGEOIS
(premier aumônier diocésain des Equipes du Rosaire de Belley-Ars)

 

Aujourd’hui, je vais reprendre les propos et citer l’auteur d’un livre sur l’évangélisation, il se reconnaitra c’est certain. Propos qui nous encouragent, encore aujourd’hui, lorsque l’on se dit : mais comment mettre en route une Equipe du Rosaire dans notre paroisse, notre quartier, notre village ou notre ville.

 

C’était il y a 20 ans, 2 paroissiennes qui avaient eu connaissance du Mouvement des Equipes du Rosaire, de ce qu’on y vivait dans les pas de Marie et qui voulaient mettre en route une Equipe, comme dans le livre du Père Eyquem, se sont décidées, un bel après midi de Février 1998, à venir rencontrer leur  jeune prêtre, le père Pierre Le Bourgeois, tout nouvellement arrivé dans la Paroisse de Villars les Dombes.

 

 

A leur grande surprise, après avoir expliqué, en long, en large et en travers, ce qu’était une Equipe du Rosaire, en pensant qu’il ne connaissait pas le Mouvement !!!,  et affirmé leur désir d’officialiser leur toute petite Equipe, elles étaient 3, l’une d’elle n’avait pas pu venir, elles ont demandé au père Pierre son avis favorable et son soutien pour mettre en route l’équipe à partir de septembre ???

 

La réponse du père Pierre a « scotché » comme disent les jeunes, nos deux paroissiennes : je cite : « Pourquoi voulez-vous commencer en Septembre ? Commencez tout de suite, le mois prochain, en Mars, c’est le mois de Saint Joseph !!! »

 

Et ces deux paroissiennes n’étaient pas au bout de leur surprise, il les a emmenées à Ars, a acheté une statue de la Vierge, l’a bénie et les a missionnées en leur disant je cite « vous aurez le souci de prier pour la conversion du groupement paroissial ».

 

 

Et c’est ainsi, que le mercredi 17 mars 1998, une première Equipe du Rosaire nait au sein du Groupement paroissial de Villars les Dombes. Par la suite deux équipes ont vu le jour à Villars.

 

Et ces deux paroissiennes étaient loin de penser que leur nouveau curé, de son côté, priait la Vierge Marie pour, je cite « que le Seigneur œuvre dans les cœurs des paroissiens et de leur pasteur pour mettre en œuvre un mouvement missionnaire au sein de la Paroisse ».

 

L’Esprit Saint a soufflé très fort et Marie est passée devant… et les ouvriers et ouvrières du Seigneur ont œuvrés sous le souffle de l’Esprit Saint. Les Equipes se sont multipliées, le Mouvement diocésain s’est structuré avec l’arrivée de Chantale Courtin sur le diocèse et aujourd’hui, notre Mouvement compte une quarantaine d’équipes. Chantale Courtin est devenue notre première responsable diocésaine et le père Pierre Le Bourgeois notre premier Aumônier diocésain des Equipes du Rosaire.

 

Aujourd’hui, cher père Pierre, qu’il nous soit permis de vous remercier du fond du cœur pour votre soutien dès le début, vos encouragements et vos enseignements préparés chaque mois au tout début de la première Equipe du Rosaire à Villars les Dombes et par la suite à chacune des rencontres annuelles des Equipes du Rosaire.

 

Rendons grâce, merci Jésus, merci Marie pour nos Equipes du Rosaire, pour Chantale qui est maintenant en responsabilité internationale des Equipes du Rosaire,  pour Carine notre responsable diocésaine, pour le père Pierre Le Bourgeois et le père Marc Martial, notre nouvel Aumônier Diocésain et pour les liens fraternels qui nous unissent toutes et tous chers amis membres des Equipes du Rosaire dans la grande famille dominicaine.

 

Maryse Pollet

 

 

Intervention de Françoise Camsat, responsable nationale

 

Le Père Eyquem a créé les Equipes du Rosaire avec Colette Couvreur et …Marie. Nous sommes aujourd’hui 67 000 mais le mouvement peut s’affaiblir si nous ne sommes pas assez nourris. Si nous nous contentons de transmettre en disant « faîtes comme moi » nous perdons de la force au fil du temps.

 

Alors comment devons-nous nous nourrir ? De quoi avons-nous faim ? De nourritures terrestres et des nourritures spirituelles que nous trouvons dans notre mouvement. Il a ceci de particulier, c’est qu’en nous retrouvant chaque mois à la maison, celle-ci devient une petite Jérusalem, une petite église.

Les équipes du Rosaire reposent sur trois piliers :

  • La prière quotidienne
  • La célébration mensuelle
  • La mission

 

 

Prenons l’image du tabouret à trois pieds :

 

1er pied : la prière quotidienne

 

Pourrions-nous offrir la chaise du prochain si nous-mêmes ne prenons pas le temps de nous assoir auprès de la Vierge Marie ? Car par nos propres forces nous ne pouvons rien faire ; nous devons être nourris pour ne pas nous affaiblir. La prière quotidienne et la méditation des mystères chaque jour seront notre nourriture.

En nous levant le matin nous avons mille choses à faire : famille, travail, etc… Et dés ce premier instant le diviseur prend possession de cela pour empêcher notre prière et notre méditation.

Notre foi nous demande de suivre au plus près les charismes de chacun donnés par le Seigneur, mais à condition que nous soyons d’accord. Chaque équipier est un grain vivant du Rosaire de Marie qui nous donne son fils. Ce qui est au ciel doit venir s’incarner en nous, et nous devons nous laisser façonner chaque jour pour devenir ce grain vivant. Si nous pensons que manquer la prière n’est pas grave, nous nous trompons et le diviseur a gagné.

Marie va nous donner les mots de l’Evangile que nous lisons à modeler au cours de nos activités. Avec quoi éclairons-nous ce que nous faisons dans la journée ? Nous avons vraiment un chemin de vie spirituelle dans nos Equipes du Rosaire. Oui, Marie écrase la tête de Satan, mais avec nous. Chaque jour est un combat et il est impossible d’être en mission si la Vierge Marie n’allume pas nos petits lumignons intérieurs ; demandons- lui la grâce de méditer chaque jour un mystère, n’ayons pas peur si cela ne vient pas tout de suite, patientons, demandons , cela viendra.

N’ayons pas peur de nos faiblesses, nous ne sommes jamais impuissants dans le cœur de Marie.

 

 

2ème pied du tabouret : la célébration mensuelle

C’est Marie qui accueille mais c’est Jésus qui invite. Imaginons à cette occasion la force de l’ équipe. Bien-sûr, prenons le temps de l’accueil, de prendre des nouvelles, mais ensuite l’équipe doit entrer en communion. Allumons notre bougie à ce moment là, où nous entrons dans la célébration ; laissons-nous conduire par ce petit livret mensuel où tout est dit. Le Seigneur et Marie sont là et la Parole nous est donnée. Et si nous sommes nourris par la prière tout au long du mois nous accueillerons cette Parole en profondeur. Veillons à respecter les temps de silence, sinon cela voudrait dire que nous coupons la parole au Seigneur ; c’est lui qui habite ces temps de silence, c’est notre vie qui le préoccupe, alors chaque mot sera entendu avec le charisme de chacun. Laissons- lui notre vie.

 

 

3ème pied : la mission

Nous avons sur le livret le passage « réflexions pour notre vie. » Comment allons-nous laisser passer cette Parole dans et à l’extérieur de la maison ? Celle-ci n’est pas faite pour un groupe ou un club où l’on serait bien ensemble. Nous devons la porte partout où nous allons.

Dans notre vie mettons-nous cette mission au premier plan ? Pendant les temps de silence le Seigneur nous dit ce qui concerne notre vie. L’Esprit Saint est au milieu de l’équipe. Regardons, écoutons les membres de l’équipe car ce qu’il y a à lire, à vivre, est directement inspiré par l’Esprit Saint. Il faut encourager ceux qui ne parlent pas.

Essayons de comprendre quelle est notre mission pour le mois qui vient. Nous devons nous resituer sur notre chemin de vie spirituelle. Ecoutons le Seigneur et notre vie personnelle sera dans la grâce reçue et transmise à notre famille, nos amis, nos voisins…

Confions à Marie nos intentions de prière tout au long du mois ; porter quelqu’un dans notre prière c’est le porter tout au long du mois. Portons tous ceux qui nous entourent, mettons-nous dans une disposition de cœur et d’esprit qui se laissent travailler.

Comparons notre mouvement à la barque qui traverse le lac de Thibériade, où chacun a sa place : à bâbord, à tribord, à la vigie… dont la figure de proue serait Marie. Pour avancer il faut hisser les voiles. Et n’oublions pas que le Seigneur est avec nous dans la barque, bien réveillé.

Thibériade, c’est notre société où défenseur et diviseur sont présents. Soyons attentifs à cela. Et, avec la barque, allons en Samarie, lieu de notre mission.

Et Françoise de conclure : « debout les gars, réveillez-vous, on va au bout du monde » – Hugues Auffray

 

Enseignement Père Pierre Le BOURGEOIS
« Marie première Eglise »

 

  • Marie « Première Eglise et Etoile de la Nouvelle Evangélisation » et le souci missionnaire des Equipes du Rosaire :

Associer Marie à l’Eglise n’a pas été chose simple au commencement, principalement par peur de l’idolâtrer et de lui donner une trop grande place.

En examinant les huit chapitres de Lumen Gentium (Lumière des Nations) de la Constitution de l’Eglise on voit le cheminement définissant l’Eglise chapitre après chapitre et on découvre que le dernier est consacré à la place de la Vierge Marie.

Marie est d’abord membre (éminent) de l’Eglise du fait des mérites du Christ. Le Christ est la « Tête » de l’Eglise… St Bernard dit que Marie en est le « Cou ».

 

 

Rue du Bac à Paris, lorsque Marie apparaît à Catherine Labouré : des rayons éclairés sortent de ses mains, d’autres sont éteints. C.Labouré demande alors pourquoi : Marie répond « ce sont les grâces qu’on ne me demande pas ! ». Marie médiatrice de toutes grâces… ne l’oublions pas.

Marie est donnée à la croix par Jésus : « femme voici ton fils en parlant de Jean et fils voici ta mère ». L’Evangile  nous dit « à partir de là le disciple la prit chez lui ». Ces Paroles nous renvoient à la présence de Marie dans nos Equipes ! Donc on accueille chez nous !

 

 

  • Marie : qui est-elle ?

Elle est préparée de toute éternité pour être celle qui accueille et donne le Messie au monde.  N’oublions pas que l’Eglise prend sa source dans l’incarnation et que chacun reçoit un charisme particulier au sein de l’Eglise.

Le jour où on aura compris « c’est à l’amour que l’on a les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples », on verra l’Eglise telle qu’elle a été voulue par le Christ.

Sans Marie, sans son « OUI » « qu’il me soit fait selon votre Parole », il n’y a pas d’incarnation. L’Eglise s’appuie sur ce « oui » de Marie.

 

 

  • La mission dans l’Eglise :

Recevoir la Parole  et accueillir l’Esprit-Saint pour pouvoir donner Jésus au monde…

L’Eglise c’est vous et moi.

Jésus : Tête – Marie : Cou – Nous : membres… Si tout ne fonctionne pas : il n’y a pas d’harmonie !

Marie nous permet de faire ce retournement vers le Christ.

 

 

  • Marie Première Eglise :

Parce qu’elle est l’icône parfaite de ce à quoi nous sommes appelés. Je peux la contempler, la regarder. Elle ne gardera rien pour elle, elle le donne à son Fils. C’est la prophétie vivante de ce à quoi nous sommes appelés.

Marie est première Eglise parce qu’elle reçoit l’Esprit-Saint. On peut dire que la Visitation est la première procession eucharistique. Parce que Marie porte Jésus à Elisabeth… elle a anticipé tout ce que l’Eglise fait.

Après avoir communié : on est comme Marie qui porte Jésus en elle. Le symbole est fort : la naissance de Jésus a lieu à Bethléem qui veut dire « la maison du pain ». Naissance bien cachée, et c’est cette intériorité qui convoque les bergers.

 

 

  • Pourquoi l’Eglise existe :

Elle existe pour évangéliser, pour être ouverte. « Sortez de vos canapés, allez à la périphérie » nous dit le pape François. N’oublions donc pas la chaise du prochain.

Marie / Première Eglise : Je vous invite à contempler Notre Dame parce qu’elle vous conduira à Jésus, qui, Lui, vous conduira vers le Père.

 

 

Enseignement Monseigneur Pascal ROLAND                    
« LA JOIE DU SALUT »

 

  • Le motif de la joie :

La joie de l’Evangile, disait le pape Jean-Paul II, remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. On voit le motif de la joie : c’est la rencontre avec Jésus… ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché de la tristesse du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus-Christ, la joie nait et renait toujours.

 

  • La joie du Christ ressuscité :

En préparant cet enseignement je pensais au temps du carême qui conduit à la joie de Pâques. Le troisième dimanche qui précède Pâques, on chante « ouvre nos cœurs à ton appel Seigneur, rends-nous la joie d’être sauvés ». Cette joie c’est la joie du salut qui est offerte en la personne de Jésus.

La nuit de Pâques vous avez un condensé du mystère de la foi chrétienne. On rentre dans l’église qui est noire à la suite du cierge pascal allumé qui nous précède… on marche à la suite du Christ. C’est lui qui est la Lumière, puis petit à petit on allume nos cierges au cierge pascal et on voit l’église qui sort des ténèbres et ces petites lumières qui scintillent partout, c’est très beau. C’est là que le diacre chante l’Exultet « Exultez de joie… ». On voit à travers ce chant que ce qui fait notre joie c’est le Christ ressuscité. La fête de Pâques, c’est la fête du ressuscité !

 

 

  • Rends-nous la joie d’être sauvés :

Si on adresse à Dieu cette prière « rends-nous la joie d’être sauvés » c’est bien qu’on est conscients que Dieu seul peut nous donner cette joie. Cette joie qui est un don gracieux de l’Esprit-Saint. C’est pour ça que Pâques est précédé du temps de carême, de ce temps de dépouillement pour ce décentrer de soi et centrer toute son attention sur le Christ.

« Rends-nous la joie » : ça veut donc dire qu’on a dû la perdre. Elle nous a été donnée mais on peut être perdue en cours de route. C’est le Seigneur qui peut la redonner.

Il faut s’interroger sur les raisons qui ont fait qu’on a perdu cette joie du Christ ressuscité. Demandons au Seigneur avec insistance « rends-nous la joie d’être sauvés », pas simplement pendant le temps du carême, parce qu’on a besoin d’être constamment renouvelés dans cette joie profonde.

Qu’est-ce que c’est d’être sauvé ? De quoi avons-nous besoin d’être sauvés ?

On dit « rends-nous », c’est nous, ce n’est pas tout seul… son petit salut à soi. C’est une démarche communautaire. Le salut a toujours cette dimension collective.

 

 

L’acédie, ennemie de la joie :

Qu’est-ce qui peut faire que nous ne soyons pas suffisamment dans la joie ? Quels sont les obstacles. C’est l’acédie. Le pape François en a parlé dès le début de son ministère. Le manque de joie, une langueur spirituelle, une maladie de l’âme bien connue dans la tradition monastique.

De quoi s’agit-il ? L’abbé Jean-Charles Nault, dans un livre sur le sujet nous dit : l’acédie c’est une paresse spirituelle, une tristesse, un dégoût des bien divins. L’acédie est liée à cette idée de paresse, de dégout, de tiédeur, d’ennui, d’aversion, de lassitude, abattement découragement, langueur… l’homme, sous l’emprise de cette passion, n’a plus de goût pour quoi que ce soit, il trouve toute chose fade et insipide. L’acédie est voisine de la tristesse mais s’en distingue : il n’y a pas de motif précis. Dans la tristesse en tant que tel : il peut y avoir une raison précise : maladie, perte d’un être cher… L’acédie, c’est une sorte de négligence par rapport à la dimension spirituelle de notre existence qui se traduit par un attachement aux plaisirs de ce monde et par un manque de foi.

L’acédie, c’est une fuite de l’intimité avec Dieu. On cherche par des compensations terrestres (nourritures, télé…) on essaie de se distraire de ce qui devrait être le centre. L’effet de cette acédie c’est un endurcissement de l’âme, on ne trouve pas de la joie à l’existence, on perd la relation avec Dieu, donc on perd le sens de notre existence puisqu’elle n’est pas que corporelle, intellectuelle, mais profondément spirituelle. Les Pères de l’Eglise disent que c’est comme une mort qui encercle l’âme de tous côtés. Notre vie n’as plus de ressort. Les Pères de l’Eglise considèrent cette pathologie comme l’une des plus graves.

Saint Augustin fait la relation avec le dégoût d’agir de notre existence. L’acédie s’oppose à la joie spirituelle et la joie c’est la charité, se mettre en mouvement.

Le contraire de l’acédie c’est : je suis branché sur Dieu… peu importe l’état dans lequel je me trouve, je reste dans une joie profonde.  

L’acédie est un dégoût d’agir parce qu’on bloque l’action de l’Esprit-Saint, on n’est plus réceptif à l’action de Dieu en nous, on ne laisse plus l’œuvre de Dieu s’accomplir en nous. Il n’y a plus de place pour être dans le don de moi-même qui nous rend profondément heureux, nous donner à Dieu et aux autres. Si je ne suis pas branché sur Dieu qui est le don parfait, il n’y a plus cette alimentation et je suis triste. L’homme est créé à l’image de Dieu, donc est fait pour le don de sa personne, s’il n’accueille pas le don de Dieu, il n’a plus de ressort, le dynamisme pour se donner, donc une tristesse, une amertume, un éloignement des autres… on est séparé de Dieu et des autres.

Le contraire c’est la joie, la participation à la vie divine. Je suis fait pour la relation avec Dieu. Si je reçois la trinité, cette participation me met dans une joie profonde.

Comment repérer s’il y a de l’acédie dans votre vie ? C’est un mal très contemporain. On emploie plus trop ce terme aujourd’hui, on n’a pas envie de la nommer. A l’heure actuelle on voit qu’il y a de la morosité, de l’abrutissement, de la tristesse, du découragement, de la mélancolie, de l’ennui, de la déprime… c’est très présent dans nos sociétés occidentales ; alors qu’on a tout matériellement pour être heureux mais s’il manque l’essentiel on ne peut pas être satisfait. Dans nos pays occidentaux, il y a beaucoup de gens déprimés qui ne voient pas d’horizon à leur vie.

L’acédie touche l’espace et le temps dit le Père Nault. Le symptôme le plus sûr est une certaine instabilité qui se manifeste par le besoin de changer : de vie, d’emploi, de maison, d’activités… l’instabilité extérieure est signe d’instabilité intérieure.

 

Le remède le plus efficace contre l’acédie est la persévérance.

Il s’agit de persévérer résolument en face de toute tentation de fuir. Quand on est dans l’acédie, on n’est pas capable de rester dans un lieu, rester dans une activité, rester dans le silence, on essaie de se disperser pour se tromper, se distraire. Nous sommes dans une société du zapping, on passe d’une chose à l’autre, on a un besoin permanent de bouger, de changer d’habitation, de travail. On n’arrive pas à rester dans des choses qui durent. Notre société est marquée par la crise de l’engagement, on voit il y a moins de gens qui se marient, moins de gens consacrés ou dans des associations.

L’acédie entraîne la disparition des grands projets de vie et des engagements qui demandent le don où le sacrifice de sa propre personne, on veut la jouissance immédiate, à court terme.

L’acédie est synonyme de fuite de soi-même. C’est une grande difficulté de l’homme contemporain qui a une grande peur de la solitude car dans la solitude on se découvre tel qu’on est. L’homme contemporain ne supporte pas de se voir tel qu’il est. C’est la fuite de soi-même, de Dieu. Aujourd’hui, il faudrait prendre conscience de la beauté, de la grandeur, de la vocation de l’homme. Jean-Paul II disait en 1980 ; l’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation à communier avec Dieu. L’homme d’aujourd’hui cherche à éviter cette rencontre pour laquelle il est fait et il ne peut pas être heureux puisqu’il est fait pour cette rencontre.

C’est une fausse conception de la liberté, la racine du mal. Etre libre ce n’est pas faire ce que je veux, quand je veux mais c’est faire ce pour quoi je suis fait, donc c’est faire le bien. Si on se met centre de soi-même, si on s’arroge en juge pour savoir ce qui est bon, on fait n’importe quoi, on voit ce qui se passe quand la liberté n’est pas ajustée dans le domaine de la bioéthique !

Il y a aussi la tentation du nihilisme, c’est-à-dire de considérer que la vie n’a aucun sens ; si on n’a pas la référence de Dieu. L’homme ne voit plus ce qui est bien, ce qui est mal et ça engendre le désespoir qui peut conduire au suicide. Un manque d’espérance est bien présent aujourd’hui dans notre société, particulièrement chez les jeunes.

Un médecin me disait un jour qu’il constatait que beaucoup de jeunes vivent des angoisses qui sont habituellement les angoisses que connaissent les vieillards face à la mort… un gamin qui va connaître ces angoisses ! et on sait bien que la première cause de mortalité chez les jeunes c’est le suicide.

 

Donc on voit bien que la racine du désespoir chez nos contemporains c’est l’acédie, c’est un véritable péché contre l’Esprit-Saint de refuser d’accueillir l’amour de Dieu et ça précipite l’homme dans l’autodestruction.

Les Pères de l’Eglise parlent aussi de l’acédie en parlant des démons de midi, de la difficulté de vivre le présent pour se réfugier dans le passé qui était forcément mieux ou bien on va se projeter dans le futur irréel. On a la nostalgie du passé, ou on est dans l’imagination au lieu d’être dans le temps présent. Face à cette difficulté à vivre le temps présent on va essayer de meubler le temps, on va faire des choses pour essayer d’oublier et on va s’installer dans la médiocrité.

 

  • Quelles stratégies adopter pour lutter contre cette acédie ? Et bien, il faut adopter la persévérance joyeuse.

L’acédie est un état de fuite ou on refuse de se soumettre au créateur, on devient spectateur passif devant ce qui se passe dans le monde alors qu’on devrait prendre des responsabilités, des risques. Il s’agit de prendre sa place, de s’engager, de persévérer dans l’espérance.

 

  • « Rends-moi la joie d’être sauvés, que l’Esprit généreux me soutienne… »

Demandez au Seigneur qu’il nous donne sa force pour qu’on puisse mener le combat. Il y a un combat, un combat spirituel. Demandez donc d’être persévérant, vigilant pour vivre notre vocation.

 

  • La joie du salut. La joie du chrétien c’est de participer à la victoire du Christ.

Maintenant, regardons positivement ce qu’est la joie. La joie du salut. La joie du chrétien c’est de participer à la victoire du Christ. La joie des enfants de Dieu que nous sommes devenus au baptême, la victoire du Christ mort et ressuscité étant aussi notre propre victoire.

Paul VI disait la joie pascale est la marque de la spiritualité chrétienne, c’est une sagesse habitée par les trois vertus théologales Foi-Espérance-Charité.

Il ne s’agit pas d’une joie extérieure et bruyante mais d’une joie née de la raison intérieure profonde.

Jean-Paul II disait une caractéristique de la joie c’est que celle-ci peut coexister avec la souffrance car elle est entièrement basée sur l’amour. Ce n’est pas parce que je suis en bonne santé, ce n’est pas parce que je suis sans besoin matériel que je vais forcément être dans cette joie spirituelle.

Parce que la joie est basée sur l’amour, je peux avoir une bonne santé mais pas l’amour, je peux avoir suffisamment d’argent mais pas l’amour et inversement je peux ne pas avoir la santé mais avoir l’amour, ne pas avoir d’argent mais l’amour.

C’est le Seigneur qui est proche et qui vient nous donner la joie de sa présence, de l’amour du Père et c’est ce qui nous met dans une joie profonde.

La joie de l’Evangile : dès qu’on ouvre les évangiles, on voit que la venue du Christ créé la joie. Saint Luc est particulièrement sensible à la joie, les deux livres qu’on lui doit sont particulièrement marqués par la joie, la joie de la présence de Dieu. La naissance de Jean-Baptiste est déjà entourée de joie. L’ange dit à Zacharie « Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront… ».

Celui qui est le précurseur, qui annonce la venue du Seigneur, sa naissance est déjà entouré de joie parce qu’il annonce celui qui vient. Avant même qu’on se réjouisse de la venue de Jésus, alors qu’il est dans le sein de Marie, à la visitation Jean-Baptiste tressailles d’allégresse dans le sein de sa mère Elisabeth.

Alors qu’il n’est pas visible Jésus apporte la joie à la Visitation ! ça nous donne une bonne image pour l’Eglise : elle est habitée de la présence du Christ qui n’est pas visible avec les yeux de chair, alors l’Eglise partout où elle est, c’est à dire partout où nous sommes, on doit apporter la joie. Les gens doivent pouvoir reconnaître en nous la présence du Christ vivant.

Pour l’annonciation à Marie aussi, Jésus est annoncé comme source de joie, lorsque l’ange Gabriel lui dit « réjouis-toi comblée de grâces le Seigneur est avec toi » ; c’est vrai pour chacun de nous,  nous devons nous réjouir parce que le Seigneur est avec nous et nous comble de joie. Le Magnificat est une prière de joie que dit Marie à la Visitation « mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur… ».

Cette naissance de Jésus à Bethléem est la cause d’une grande joie pour les anges qui l’annoncent mais aussi pour le peuple que Jésus vient sauver.

 

  • Le Royaume de Dieu est présent au milieu des hommes :

Jésus est présenté comme l’Epoux. L’époux, c’est celui à qui l’épouse appartient. Jean-Baptiste l’annonce, nous aussi on est appelés à proposer à toute personne de rencontrer Jésus.

L’Evangile de Saint Marc parle de Jésus qui est venu pour des noces avec l’humanité et la noce elle implique la joie. Quand on fête un mariage c’est la joie et on ne jeûne pas ; et le dimanche en particulier dans la tradition où l’on fête le Christ ressuscité, on ne jeûne pas ce jour-là.

Jésus est venu faire alliance avec nous comme l’époux s’unit à l’épouse.

La joie d’avoir rencontré le Christ ça doit être plus grand que tout et c’est ce qui justifie la vie consacrée et le renoncement de ceux qui ont découvert que le Christ est la vraie richesse.

Jésus réalise des miracles qui réjouissent ceux les voient parce qu’ils sont les signes du Royaume.

Jésus, sur la croix, donne sa vie pour ses amis afin de leur communique la joie dont son amour est la source. Le Seigneur nous dit : « demeurez dans mon amour… pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite ».

L’Evangile selon Saint Luc s’achève sur la joie au moment où, pourtant, Jésus quitte ses disciples  pour retourner auprès du Père «  levant les mains, il les bénit, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui puis retournèrent à Jérusalem remplis de joie, ils étaient sans cesse dans le temple à bénir Dieu ». Ils sont remplis de joie parce que Jésus retourne vers le Père et qu’il va leur envoyer l’Esprit-Saint qui leur permettra d’être en relation avec le Père dans une relation filiale.

Dans les actes des apôtres : la venue de l’Esprit-Saint rend la joie des disciples communicative ; ils témoignent de cette joie qui se repend comme une traînée de poudre.

Le baptême remplit les chrétiens d’une joie qui vient de l’Esprit. Même dans les épreuves, les disciples sont dans la joie. A l’exemple de Paul et de Silas, Jacques et Jean quand ils sont confrontés à des situations hostiles ils ne se révoltent pas et restent dans la joie. On peut se révolter face à l’épreuve ou, au contraire, la vivre en communion avec Jésus.

 

  • La joie c’est un fruit de l’Esprit-Saint.

Paul dans Galates chp.5 dit ce que produit l’Esprit-Saint : amour-joie-paix-patience-bonté-bienveillance-foi-humilité maitrise de soi. Un critère de la présence de l’Esprit-Saint en nous : ça nous met dans la paix et dans la joie.

La joie est une caractéristique du Royaume de Dieu nous dit St Paul « le Royaume de Dieu ne consiste pas à manger et boire mais il est justice, paix et joie dans l’Esprit-Saint ».

 

  • La joie dans l’épreuve :

Ce n’est pas un enthousiasme passager mais cette joie qui demeure avec le temps ou l’épreuve. Cette joie dans l’épreuve, quand on est en communion avec Dieu, Saint Jacques va même la tenir pour joie suprême « mes frères quand vous butez sur toutes sortes d’épreuves, pensez que c’est une grande joie car l’épreuve qui vérifie la qualité de notre foi produit en vous la persévérance et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite alors vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien ». L’épreuve c’est un moment de foie parce que c’est l’occasion de s’accrocher dans la persévérance et de s’attacher à l’essentiel. Saint Paul dit que dans l’épreuve « je participe à la passion du Christ et au salut des autres ».

L’Esprit-Saint répandu le jour de la Pentecôte fait communier avec Jésus et avec le Père ceux qui l’ont reçu.

 

  • Pour terminer cet enseignement cette citation de Saint Jean :

« Lui, le fils s’est manifesté, nous l’avons contemplé, nous portons témoignage, nous l’annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu : nous vous l’annonçons à vous pour que vous aussi vous soyez en communion avec nous et, nous, nous sommes en communion avec le Père et son fils Jésus-Christ et c’est nous qui écrivons cela pour que nous ayons la plénitude de la joie ».

 

Prions le Seigneur, qu’il nous donne la joie du sauvé, nous avons à lutter contre l’acédie qui consiste à ne plus avoir goût à la vie éternelle, le goût de l’Evangile. Soyons branchés sur le Seigneur et les témoins de la joie de l’Evangile.