« NATIVITÉ DE SAINT JEAN BAPTISTE

 

St Luc 1, 57—66

 

L’Eglise célèbre la naissance du Sauveur au solstice d’hiver et celle de Jean Baptiste au solstice d’été. Mais pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste ? La fête de tous les autres saints est célébrée le jour de leur mort, c’est-à-dire le jour de leur naissance au ciel, de leur naissance à la vie éternelle. Jean Batiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la fête de la Nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard.

 

Alors, pourquoi ce privilège à Jean Baptiste ?

 

Parce qu’il a été sanctifié dès le sain de sa mère Elisabeth, quand il tressaillit d’allégresse devant le Messie que portait en elle Marie. Le petit Jean de 6 mois était déjà en train de « rendre témoignage à la lumière afin que tous croient par lui » (Jean 1, 7). Les moines médiévaux qui firent construire la basilique de Vézelay ont joué sur ce symbolisme de la lumière. Au moment où le jour est le plus long, le 24 juin, l’Eglise invite à fêter la Nativité du Baptiste. « Parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste (Matthieu 11, 11). Ce jour le plus long de l’année illustre la grandeur du précurseur. C’est à ce moment que se dessine dans la basilique, au pavement de la nef plongée dans un clair-obscur, un chemin de lumière (à 12.00 heure solaire, soit 14.00, heure d’été), qui conduit au chœur circulaire et lumineux, symbole de la lumière du Christ. «Celui-là (Jean-Baptiste) n’était pas la lumière » (Jean 1, 8). Il ne faut pas s’arrêter à Jean-Baptiste lui-même, il en désigne un autre, il montre la route vers un autre. Sitôt la passé, les jours cessent de rallonger et bientôt vont raccourcir. « Il faut que lui (Jésus) grandisse et que moi (Jean-Baptiste) je diminue » (Jean 3, 30)

 

Mais à Noël, quand les jours sont les plus courts, mais qu’ils vont bientôt commencer à s’allonger, l’Eglise célèbre la Naissance de Jésus. Celui qui naît à Noël, c’est lui la lumière. Et là nulle limite, aucun nuit ne met fin au jour que nous apporte Jésus-Christ. Pas même la mort.

 

Ne sommes-nous pas chacun appelé à préparer le chemin du Seigneur ? Comment ? De deux manières me semble-t-il. – Etre « une voix qui crie dans le désert : préparer le chemin du Seigneur » (Isaïe 40, 3). Notre vocation de baptisé, de consacré ou de prêtre est d’annoncer en mots et par toute notre vie notre raison de vivre : Jésus. De semer sa parole. De témoigner de son Amour ? Sans vouloir en voir les fruits, sans chercher à en tirer une gloire ou un profit personnel. «Je ne suis pas charger de vous le faire croire, mais de vous le dire », répliquait Bernadette Soubirous à ceux qui mettaient en doute son témoignage sur les apparitions de Lourdes…

 

Jean est le modèle du témoignage de la présence discrète de Dieu dans ce monde de bruit et de fureur. Laisser Jésus grandir en nous. Il faut laisser disparaître notre moi égocentrique pour laisser transparaître le Christ en nous. C’est la présence de Jésus en nous qui touche le cœur de nos frères. Rien d’autre. Et pour cela, il nous faut plonger dans les profondeurs de la prière pour devenir des hommes et de femmes qui réfléchissent la lumière de Dieu.   Amen