Paroisse Pont-de-Veyle

La grâce d’être papa.

 

Le dimanche de la fête des pères nous invite à méditer un instant sur la vocation singulière des papas. S’il est vrai que toute paternité sur terre découle de la paternité divine, c’est certainement une grâce d’exercer ce service : être père au nom du Père céleste ! Que peut-on souhaiter de mieux ? L’expression « la grâce d’être père » renvoie au titre du très beau livre de Georgette Blaquière « La grâce d’être femme ». Ce parallèle veut montrer que c’est beaucoup la femme qui va aider l’homme à être père, papa. On ne naît pas père, on le devient, et dans cette maturation l’épouse aura un rôle très important à jouer pour aider son mari à devenir papa. De la même d’ailleurs que l’homme pourra beaucoup aider la femme à devenir pleinement femme : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, constatait Dieu dans la Genèse, je vais lui faire une aide qui lui soit associée. » Il est significatif que dans toutes les civilisations, c’est le père qui détermine le nom de son enfant. Par exemple dans une culture comme celle de la Corée où l’épouse garde son nom de jeune fille, l’enfant prend le nom du père. Dans la tradition biblique le nom exprime la personnalité profonde, la vocation d’une personne. Que ce soit le père qui donne le nom à l’enfant exprime la responsabilité d’orientation de fond que le papa détermine pour son fils. A la naissance de Jean Baptiste, puisque le père est muet, on demande à Elisabeth comment elle veut appeler son fils, elle répond « Jean » La famille ne comprend pas, on se tourne alors vers Zacharie, le papa, qui se fait porter un écritoire et décide « son nom est Jean », ce qui signifie « Dieu fait miséricorde » ce qui fut bien la mission dont le Baptiste devait être le témoin.

 

À travers ces exemples, on comprend que le père a la responsabilité et la grâce d’aider l’enfant à découvrir quel est son don propre, à accueillir ce qui est beau en lui, ce qui est profond et qui peut-être correspond à sa vocation personnelle. La maman aura des intuitions fines, mais elle est trop proche de son enfant et donc risque d’être subjective, de se laisser emporter par son amour maternel. Le père, lui, est plus en retrait. Il devra bien écouter sa femme, mais on lui accorde en général une objectivité plus grande, on aura besoin de sa confirmation pour déceler le don propre de chacun de ses enfants. On comprend l’importance que le père soit attentif à ne pas plaquer sur son fils son propre idéal. Sinon il l’empêcherait de devenir lui-même. Un père scientifique risque par exemple de sous-estimer les richesses littéraires ou de sensibilité artistique de son enfant. Un autre, qui rêvait de faire carrière dans le sport, poussera son fils à pratiquer le même que lui, au détriment de ses vrais désirs et atouts. Ce qui est grave, c’est quand le fils perçoit un message de fierté et d’amour de son père uniquement dans ce domaine particulier vers lequel on le pousse. Il interprétera : « Pour être aimé de papa, il faut que je fasse ceci ou cela »… mais en profondeur cela signifie « Je ne suis pas aimé pour ce que je suis, mais uniquement si je fais telle chose. Hors de ce domaine, on ne m’aime pas, et si papa ne m’aime pas, c’est que je suis nul ». Alors l’enfant va peut-être essayer, vaille que vaille, de correspondre au projet paternel. Mais en profondeur ce ne sera pas l’expression de lui-même. Et à 40 ou 50 ans, s’il en a la force, il rejettera tout ce plaquage. Ce qui est grave, c’est que dans cette révolte tout sera emporté, « le bébé avec l’eau du bain ». Et s’il n’a pas la force de cette libération, alors il traînera toute sa vie un mal-être qui l’emprisonnera, l’étouffera, l’empêchant d’être heureux.  Dans cette orientation de la confirmation du don propre à son enfant, le père va jouer encore un rôle important en fortifiant son fils ou sa fille au moment de se lancer dans une grande entreprise. Au moment du Baptême de Jésus, le Père céleste lui renouvelle à la fois sa proximité et sa confiance. Il semble que Jésus, dans son humanité, ait eu besoin de ce soutien paternel pour démarrer. S’il en était ainsi de Jésus lui-même, que doit-il en être de nos enfants !

 

2 témoignages pour conclure : Tout d’abord, c’est un papa qui a pris cette habitude : quand il marie l’un de ses enfants, le soir-même du mariage, il prend le couple à part avec son épouse et là il les bénit, comme pour signifier : « Vous prenez votre envol maintenant, avancez au large ».  L’autre témoignage, c’est un jeune, entré en religion, et qui, juste avant la cérémonie de prise d’habit a demandé à rencontrer son père pour que celui-ci le bénisse. Le père aide chacun des enfants à découvrir son don propre et le confirme dans ce sens. Chers papas, nous prions pour vous et vous souhaitons alors, une bonne fête !              

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +

 

« … Les Français plébiscitent la famille parmi les réalités qui leur paraissent essentielles…  Faut-il aujourd’hui permettre que la loi prive des enfants de père ? » Mgr Georges PONTIER, Président de la Conférence des Evêques de France face au Président de la République le 9 Avril 2018 au Collège des Bernardins.