« DIEU N’A PAS FAIT LA MORT ».

 Treizième Dimanche du Temps Ordinaire  

St Marc 5, 21—43

 

« Dieu n’a pas fait la mort. Il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants ». Cette phrase de la première lecture doit nous habiter quand nous sommes confrontés à la réalité, si difficile et à certaines heures si effrayantes, de la mort et de la violence. La foi permet de laisser parler l’énergie vitale qui nous habite, la foi permet d’espérer l’aurore au bout de la nuit.

 

Dieu ne s’est pas payé de mots : il est venu partager notre condition jusqu’à l’enfer du mal dont l’homme est capable. « Lui, qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté », nous dit l’apôtre Paul dans la deuxième lecture.

 

La seule chose qui dépend de nous, c’est une attitude de confiance résolue en Dieu qui est à notre côté dans le combat contre le mal, d’abord en nous et puis dans le monde. L’évangile, lui, présente deux récits imbriqués.

 

Celui de la femme qui souffrait des pertes de sang est le plus important et explique tout le reste. Elle se bat sauvagement depuis douze ans pour recouvrer la santé et le droit à l’enfant (son état « d’impureté » légale lui défendait tout contact avec un homme), au point d’y avoir dépensés tous ses sous. Ce désir de vivre, ce refus d’une vie diminuée est tellement puissant qu’il l’amène à surmonter sa peur et à entrer en relation de confiance avec Jésus en lui touchant son manteau. L’évangéliste nous dit que Jésus senti qu’une énergie est sortie de lui. Le texte grec parle de dunamis qui a donné notre mot dynamisme, que les bibles traduisent par force ou puissance. Pour cette femme, cela a été sa deuxième naissance, une naissance qu’elle a choisie elle-même. Elle est rendue par Jésus à la vie et à sa pleine féminité, potentiellement donneuse de vie. « Va en paix et sois guérie de ton mal », lui dit Jésus. Guérie, elle l’est, puisqu’elle vient de passer de l’état de malade et d’exclue à la situation de bien portante, capable de retrouver toutes les qualités de la relation humaine ; sauvée, elle l’est davantage encore, puisqu’elle vient de passer de la crainte et de la superstition à la foi, qui est confiance absolue en celui qui est la Vie.

 

Le deuxième épisode confirme cette puissance de vie. La manière dont Marc nous fait ce récit et les symboles qu’il utilise, montre qu’il est en train de décrire notre situation de croyant.

 

La maison dans laquelle entre Jésus c’est l’Eglise, où il est accompagné par les piliers de la foi que sont Pierre, Jacques et Jean ainsi que les membres de la famille immédiate. C’est cette foi qui porte la petite jeune-fille inconsciente et inanimée.

 

Pour décrire dans le texte grec le geste de Jésus de prendre la fillette par la main pour la faire se lever, l’évangéliste St Marc se sert des mêmes mots que ceux qu’il utilisera pour parler de la résurrection. Nous aussi, le croyons-nous, avons reçu par le baptême la même grâce que cette adolescente. Nous sommes passés de la mort à la vie et notre éternité est déjà commencée. Etendons Jésus nus redire : « Debout ! Lève-toi ! Ressuscite ! » Réfléchissons aux situations mortelles dont la foi et la confiance en Jésus nous sauvent…

 

Jésus dit alors de faire manger la jeune-fille. Il ne s’agit pas seulement là d’une attention délicate. Celui qui est passé de la mort à la vie par le baptême est introduit par-là à la table de l’Eucharistie. Vivons-en pour ne pas laisser s’engourdir notre Foi…

 

La clé de ce deuxième récit comme du premier est la même : c’est l’énergie de vie générée par la foi, la mienne (ou celle des autres), qui permet de passer de la mort à la vie. Tous, jeunes ou âgés, mariés ou célibataires, nous sommes appelés, à l’exemple du Christ et chacun à sa manière, à donner la vie, à la nourrir et, le le besoin échéant, à la rétablir.