A Genève, à la rencontre du Pape

 

Jeudi 21 juin, ce sont environ 700 chrétiens de l’Ain qui sont partis à la rencontre du Pape François. Ils venaient de l’Institution Jeanne d’Arc à Gex, des paroisses du Pays de Gex, du Haut Bugey, de Bourg, d’Ambérieu-en-Bugey, de Belley, et du séminaire d’Ars, et se sont mélés aux 40 000 fidèles de Suisse, de France et d’ailleurs, au Palais des expositions à Genève.

 

 

Rencontrer le Pape, le voir de ses yeux, c’est toujours un moment intense, surtout quand c’est la première fois qu’on le voit ! Mais plus que voir le pape, nous sommes venus l’écouter, nous laisser toucher par ce qu’il nous dit.

 

 

L’Evangile du jour nous montrait Jésus qui enseigne le Notre Père à ses disciples. Le Pape a insisté sur trois mots : Père, Pain, Pardon.

 

 

« Père ». Ainsi commence la prière. La parole “Père” est la clé d’accès au cœur de Dieu ; parce que c’est seulement en disant Père que nous prions en langue chrétienne. Nous prions “en chrétien” : non un Dieu générique, mais Dieu qui est surtout Papa. Avant tout, avant d’être infini et éternel, Dieu est Père. « Notre Père » est alors la formule de la vie, celle qui révèle notre identité : nous sommes des enfants bien-aimés. C’est la formule qui résout le théorème de la solitude et le problème d’être orphelin. C’est l’équation qui indique que faire : aimer Dieu, notre Père, et les autres,nos frères. C’est la prière du nous, de l’Eglise ; une prière sans je et sans mien, toujours au tu de Dieu (« ton nom », « ton règne », « ta volonté ») et qui se conjugue seulement à la première personne du pluriel. « Notre Père ».

 

 

Pain. Jésus dit de demander chaque jour au Père le pain. Cela ne sert à rien de demander plus : seulement le pain, c’est-à-dire l’essentiel pour vivre. Le pain est d’abord la nourriture suffisante pour aujourd’hui, pour la santé, pour le travail d’aujourd’hui ; cette nourriture qui malheureusement manque à tant de nos frères et sœurs. Demander le pain quotidien c’est dire aussi : “Père, aide-moi à avoir une vie plus simple”. Un choix de vie sobre, libre des boulets superflus s’impose. Un choix à contre-courant. Le choix de renoncer à tant de choses qui remplissent la vie mais vident le cœur. Le « Pain quotidien », ensuite, ne l’oublions pas, c’est Jésus. Sans lui nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 5). C’est Lui l’aliment de base pour bien vivre.

 

 

Pardon. Il est difficile de pardonner, nous portons toujours en nous un peu de regret, de rancune, et quand nous sommes provoqués par celui à qui nous avons déjà pardonné, la rancœur revient avec les intérêts. Mais le Seigneur exige comme don notre pardon. Le pardon renouvelle, le pardon fait des miracles. Le Père est heureux quand nous nous aimons et nous pardonnons d’un cœur sincère (cf. Mt 18, 35) Et alors, il nous donne son Esprit. Demandons cette grâce : de ne pas nous retrancher avec un cœur endurci, en exigeant toujours des autres, mais de faire le premier pas, dans la prière, dans la rencontre fraternelle, dans la charité concrète. Ainsi nous serons plus semblables au Père, qui nous aime sans rechercher son avantage ; et il répandra sur nous l’Esprit d’unité. »

 

 

Vous trouverez l’intégralité de cette homélie sur le site du Vatican.

 

 

En quelques minutes, le Pape nous a ainsi donné un très beau programme pour notre vie personnelle, pour notre vie en communauté aussi : notre évêque ne cesse, lui aussi, de nous inviter à la communion dans nos paroisses, dans notre diocèse, à tous nous reconnaître frères, enfants d’un même père.

 

 

Alors avec tous les pèlerins du diocèse qui étaient hier à Genève, je ne peux que rendre grâce pour ce temps fort : nous ne sommes pas simplement allés voir le Pape, mais nous sommes allés, avec lui, avec tous les chrétiens des différentes Eglises, nous reconnaître comme frères, enfants d’un même Père.

 

Merci pour tout cela Pape François !