« QU’ILS SOIENT UN, COMME NOUS-MEMES »

Septième Dimanche de Pâques   

St Jean 17, 11b—19

 

Dans l’Evangile de ce dimanche intermédiaire, entre Ascension et Pentecôte, nous avons un écho de la longue prière de Jésus juste avant son arrestation au jardin de Gethsémani. Et cette prière, elle est pour ses disciples, et donc pour nous aussi. Il prie pour que, comme le Père et comme lui, nous soyons « saints ».

 

Une incandescence inimaginable :

Pour approcher un peu ce que cela signifie, une image physique peut nous aider. Les savants calculent, aujourd’hui, que l’univers, dans son fameux « big bang », a commencé par des températures supérieures à 100.000 milliards de milliards de degrés Kelvin. Or, personne n’a actuellement la moindre idée de ce qui peut se produire dans la matière à des températures pareilles. De même, personne ne peut se faire la moindre idée de ce qu’est réellement Dieu : quand nous essayons de l’aborder, tout brûle, tout flambe. Dieu est saint, Dieu est tout autre ! Cette température fantastique qui règne au cœur de Dieu, Jésus nous en a dévoilé un aspect. Elle est celle de l’amour. Trois personnes qui ne font qu’un, dans l’amour. « Garde les disciples dans la fidélité à ton Nom… pour qu’ils soient un comme nous-mêmes. » Dieu est une communauté de trois personnes tellement unies entre elles qu’elles ne font plus qu’un. C’est l’idéal même de tout amour véritable. Toute l’action de Jésus a été d’amener ses disciples au seul lieu où l’amour est totalement saint, c’est-à-dire sans la moindre parcelle d’égoïsme ou de repli sur soi. Réaliser un peu d’amour dans nos relations humaines, dans notre vie de famille, dans notre travail professionnel, dans nos engagements, c’est concrétiser ici-bas un peu de la « température fantastique » qui est le secret de la Trinité. Et c’est entrer dans sa joie.

 

Une Joie sans mélange :

La joie de Jésus est profonde, continue, indestructible. Elle est le bonheur d’aimer et d’être aimé du Père. C’est l’allégresse de l’Esprit Saint. Joie paradoxale, puisque Jésus l’exprime au moment où il pressent sa fin imminente. Mais il meurt d’amour du Père et de ses frères : comment pourrait-il en être triste ? La liesse chrétienne, en prolongation de celle du Christ, vient de se découvrir aimé sans limite et de commencer à aimer en retour. En Jésus, le tout-autre se fait le tout-proche, le saint se fait le confident, l’inaccessible flamme, qui brûlerait tout, se fait douce présence. Si nous prenions conscience de cette dignité extraordinaire que nous procure le baptême, nul ne pourrait ravir notre joie. Il y a, pour le chrétien, un « devoir » d’être joyeux. Et c’est excellent pour la santé, la nôtre et celle des autres.

 

Laissons donc Jésus nous donner part à l’incandescence même de l’Amour qui unit les trois personnes divines entre elles. Laissons-nous travailler par l’Esprit Saint qui veut transformer notre minerai plein de gangue terreuse en or pur d’un amour et d’une joie sans mélange.