Paroisse Pont-d'Ain

Mot du curé

Les paroles de l’évangile d’aujourd’hui expriment ce qui est au cœur de la vie chrétienne : Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est de cela que dépend le sort des sarments, de leur attachement permanant ou non à la vigne. Aimezvous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il ne s’agit pas seulement d’imiter un exemple, un modèle qui se tiendrait à distance. Il s’agit d’être connecté à la source. Du Père au Fils, du Fils aux disciples, un seul amour dont le jaillissement est continu. Le Fils nous aime, non pas d’un amour quelconque, mais de l’amour même dont il est aimé par son Père. Nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres, non pas d’un amour de philanthropie, aussi généreuse soit-il, mais de cet amour même dont le Père aime son Fils, et dont le Fils nous aime, c’est-à-dire un amour éternel, infini et don de soi. Et cela change tout. Saint Iréné disait que : « le propre de Dieu est de faire et pour l’homme de se laisser faire ».  La difficulté à aimer réside dans l’orgueil humain. Si nous sommes présomptueux, imbus de nous-mêmes, si nous cherchons notre propre gloire, nous n’y arriverons jamais et nous nous découragerons à la mesure de notre présomption. Car c’est la gloire de Dieu  de pouvoir accomplir avec des instruments fragiles et misérables que nous sommes,  cela même qui est impossible pour nous : nous aimer les uns les autres d’un amour éternel et infini.

Sainte Thérèse de Lisieux avait tout compris : «  Lorsque le Seigneur avait ordonné à son peuple d’aimer son prochain comme soi-même il n’était pas encore venu sur la terre, aussi sachant bien à quel degré l’on aime sa propre personne, Il ne pouvait demander à ses créatures un amour plus grand pour le prochain. Mais lorsque Jésus fit  à ses apôtres un commandement nouveau, son commandement à Lui, ce n’est plus d’aimer le prochain comme soi-même qu’il parle mais de l’aimer comme Lui, Jésus, l’a aimé, comme il l’aimera jusqu’à la consommation des siècles. Ah ! Seigneur, je sais que vous ne commandez rien d’impossible, vous connaissez mieux que moi ma faiblesse, mon imperfection, vous savez bien que jamais je ne pourrai aimer mes sœurs comme vous les aimer, si vous-même, ô mon Jésus, ne les aimiez encore en moi. C’est parce que vous vouliez m’accorder cette grâce que vous avez fait un commandement nouveau. Oh !que je l’aime puisqu’il me donne l’assurance que votre volonté est d’aimer en moi tous ceux que vous  me commandez d’aimer. Oui je sens lorsque je suis charitable, c’est Jésus seul qui agit en moi ; plus je suis unie à Lui, plus j’aime toutes mes sœurs. Lorsque je veux augmenter en moi cet amour, lorsque surtout le démon essaie de me mettre devant les yeux de l’âme les défauts de telle ou telle sœur qui m’est moins sympathique, je m’empresse de rechercher ses vertus, ses bons désirs. Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure, sans réclamer de salaire ici-bas. Ah, sans compter je donne étant bien sûr que lorsqu’on aime, on ne calcule pas ! » Puisse ces quelques paroles de Sainte Thérèse nous aider dans notre méditation.

Père Aimé Fulbert OWAH, Curé 

 

PtdAin FP 6 Mai 2018 (double « clic » gauche pour ouvrir le fichier)