Paroisse Sanctuaire Saint-Pierre Chanel - Cuet

Vivre le moment présent en le comblant d’amour

Fête de Saint Pierre Chanel au sanctuaire de Cuet, le 28 avril 2018

 

Aujourd’hui, nous sommes heureux de célébrer un saint de chez nous, un saint de la Bresse, qui a acquis une renommée internationale, car il est allé témoigner de l’amour de Dieu jusque dans les îles du Pacifique ! Il y a exactement 177 ans, jour pour jour, le 28 avril 1841saint Pierre Chanel témoignait du Christ en mourant martyr. Il déclarait : « Malie fuai loku mate : je suis content de mourir ». Il était content de mourir dans une grande proximité avec Jésus, qui affirme : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

 

Aujourd’hui, nous sommes heureux de pouvoir nous appuyer sur ce grand frère, particulièrement au moment où le pape François vient de nous enseigner que nous sommes tous appelés à la sainteté. Il y a quelques jours, en effet, le pape a publié une belle exhortation apostolique sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel. Cette lettre est intitulée : « Gaudete et exsultate » (Soyez dans la joie et l’allégresse).

 

Dès les premières lignes, le pape François nous écrit ceci : le Seigneur « veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance ». Pour nous encourager à vivre la sainteté, le pape nous enseigne que « Les saints qui sont déjà parvenus en la présence de Dieu gardent avec nous des liens d’amour et de communion » (n°4). En effet, ces amis de Dieu sont aussi nos amis. Ils nous entourent, nous guident, nous soutiennent, intercèdent pour nous. Nous devons donc les fréquenter, apprendre à les connaître, à les aimer et à les imiter.

 

 

N’oubliez pas que si saint Pierre Chanel a entendu l’appel à la mission et a donné une réponse généreuse à l’appel du Seigneur, c’est certainement parce qu’il a été lui-même nourri par l’exemple de la vie des saints. On nous rapporte en effet que son curé, l’abbé Trompier, le curé de Cras, auprès duquel il a commencé à se préparer à la prêtrise, ne laissait jamais passer une occasion d’évoquer la vie des saints. On imagine volontiers qu’en entendant ces vies de saints, saint Pierre Chanel a été édifié et a été éveillé au désir de grandir dans la sainteté.

 

Mais qu’est-ce au juste que la sainteté ? La sainteté, c’est la perfection de l’amour ! Le pape répond qu’il s’agit de vivre le moment présent en le comblant d’amour et d’accomplir ainsi les actes ordinaires de façon extraordinaire. Pour savoir ce qu’est la sainteté, nous enseigne le pape François, il faut revenir constamment aux paroles de Jésus, particulièrement au sermon sur la montagne, où il énonce les Béatitudes. Les Béatitudes, c’est le portait de Jésus. C’est également le portait des saints. N’ayons donc pas peur de vivre les Béatitudes !

 

 

Ne craignons pas de vivre à contrecourant de ce qui se fait habituellement dans la société ! N’ayons pas peur d’adopter un style de vie différent, qui nous libère de l’égoïsme, du confort, de l’orgueil, bref, un mode de vie qui ressemble de près à celui de Jésus. Demandez à l’Esprit Saint de vous éclairer sur ce que Jésus attend de vous pour lui ressembler. Le pape François explique : « Le défi, c’est de vivre son propre engagement de façon à ce que les efforts aient un sens évangélique et nous identifient toujours davantage avec Jésus-Christ » (n° 28).

 

La sainteté, vous le voyez, nous concerne tous : « Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve » (n° 14). N’allez surtout pas imaginer que la sainteté résulterait de nos seuls efforts humains. Les saints ne placent pas leur confiance dans leurs propres actions. Ils sont trop conscients de leurs fragilités, de leur pauvreté, de leurs péchés. Mais ils s’offrent à l’action de la grâce, qui opère des merveilles en eux. « N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. N’aie pas peur de te laisser guider par l’Esprit Saint. La sainteté ne te rend pas moins humain, car c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce » (n° 34), écrit encore le pape François.

 

 

 

Saint Pierre Chanel n’a pas craint de faire un long et périlleux voyage. Il a bravé les dangers de la mer pour rejoindre ceux qui ignoraient encore le Christ, dans les îles du Pacifique. Il n’a pas compté sa peine pour apprendre une langue nouvelle, afin de pouvoir annoncer l’Evangile aux Océaniens dans leur propre langue. Il a fait preuve de patience et a manifesté beaucoup de bienveillance, à tel point qu’on l’avait surnommé : « l’homme au grand cœur ». Et un de ses compagnons, Pierre Bataillon, a témoigné : « Je n’ai jamais rencontré un homme plus doux, plus modeste, et plus candide ».

 

Alors, nous aussi, ne craignons pas de voyager pour rejoindre nos contemporains ; non pas en parcourant des kilomètres, mais en pénétrant la nouvelle culture ! Faisons preuve de bienveillance, de bonté, de patience pour leur révéler l’amour infini du Père manifesté en son Fils Jésus Christ ! Le pape a des paroles exigeantes, parce que l’Evangile est porteur des exigences de l’amour vrai : « Les saints surprennent, dérangent, parce que leurs vies nous invitent à sortir de la médiocrité tranquille et anesthésiante » (n° 138). Alors, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel et, comme le pape François nous le recommande, « Demandons le courage apostolique d’annoncer l’Evangile aux autres et de renoncer à faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs » (n° 139).

 

+ Pascal ROLAND