Veiller en adorant

 

Dans plusieurs paroisses et sanctuaires du diocèse, des chrétiens se relaient pour adorer le Saint Sacrement. A Ars et à Bourg-en-Bresse, cette adoration est même permanente, 24 heures sur 24. Des centaines de croyants se relaient en assurant chaque semaine une permanence devant l’Hostie. C’est une démarche qui peut paraître exigeante : il n’est pas forcément simple de cesser toute activité pour passer une heure à prier devant l’ostensoir. Mais les heures de la nuit peuvent paraître encore plus intimidantes…

 

Et en effet, on mesure bien l’effort que ces adorateurs de nuit doivent faire pour être fidèles à leur heure d’adoration nocturne. Pas facile de veiller tard, ou très tôt, de se lever en pleine nuit, de lutter contre le sommeil, même quand c’est pour adorer son Seigneur ! Mais ceux qui prient ainsi reçoivent de grandes grâces. « La prière offerte au temps de la nuit possède un grand pouvoir, plus que celle qui est offerte pendant le jour. C’est pourquoi tous les saints ont eu l’habitude de prier la nuit, combattant l’assoupissement du corps et la douceur du sommeil et dépassant leur nature corporelle. » C’est Isaac le Syrien, moine près de Mossoul au VIIe siècle, qui écrit ces phrases.

 

 

Au milieu de la nuit, ces adorateurs veillent. On peut dire qu’ils veillent sur le monde, priant et intercédant pour lui pendant que la plupart des hommes sont endormis, pendant que d’autres travaillent ou font la fête, pendant que certains souffrent. Ils restent avec le Christ qui demandait à ses disciples de rester éveillés et de prier en tout temps (Lc 21, 36).

 

Et ces veilleurs qui prient dans la nuit sont aussi le signe de l’attente. Ils attendent bien sûr la fin de leur heure d’adoration, où ils pourront rentrer se reposer ; ils attendent également le lever du jour, l’aurore qui va illuminer à nouveau la Terre. Et, au-delà de ça, ils sont l’image de l’attente du Dernier Jour. Unis à l’Eglise toute entière, dans la communion des saints, ils attendent que le Christ revienne.