Paroisse Pont-de-Veyle

L’Alléluia de Pâques !

 

Le temps Pascal est un celui de la Louange.  Il s’agit de louer Dieu, dans la vie présente, pour se préparer à la vie éternelle. La méditation, dans notre vie présente, doit consister à louer Dieu, car l’allégresse éternelle de notre vie future sera une louange de Dieu ; et personne ne peut être adapté à la vie future s’il ne s’y exerce pas dès maintenant. 

Maintenant donc nous louons Dieu, mais nous le supplions aussi. Notre louange comporte la joie ; notre supplication, le gémissement car on nous a promis quelque chose que nous ne possédons pas encore ; et parce que l’auteur de la promesse est véridique, nous trouvons notre joie dans l’espérance ; mais parce que nous ne possédons pas encore, notre désir nous fait gémir. Il nous est bon de persévérer dans le désir jusqu’à ce que vienne le bonheur promis, jusqu’à ce que le gémissement disparaisse et que la louange demeure seule.

 

Il y a donc deux époques :

 

– l’époque actuelle qui se passe dans les tentations et les épreuves de cette vie ; 


– une seconde époque, qui sera celle de la sécurité et de l’allégresse sans fin.

 

Aussi deux époques ont-elles été instituées pour nous : avant Pâques et après Pâques. L’époque antérieure à Pâques, le Carême, symbolise l’épreuve où nous sommes maintenant ; et ce que nous célébrons en ces jours qui suivent Pâques symbolise la béatitude qui sera plus tard la nôtre : avant Pâques nous célébrons donc ce que sommes en train de vivre ; après Pâques, ce que nous célébrons symbolise ce que nous ne possédons pas encore.

 

C’est pourquoi, dans la première époque, nous nous entraînons par le jeûne et la prière ; mais dans l’époque présente, nous abandonnons le jeûne et nous vivons dans la louange : tel est le sens de l’Alléluia que nous chantons.

 

…à l’image de la Passion et de la Résurrection du Seigneur. L’une et l’autre époques nous ont été figurées, l’une et l’autre nous ont été manifestées dans notre Chef, le Christ : La passion du Seigneur nous montre la vie présente qui nous oblige à peiner, à subir les épreuves et finalement à mourir ; La résurrection et la glorification du Seigneur nous montrent la vie que nous recevrons.

 

Louons le Seigneur ! Nous vous exhortons, mes frères, à louer Dieu en ce moment, et c’est ce que nous faisons tous lorsque nous disons : AlléluiaLouez le Seigneur. Tu le dis à un autre, lui-même te dit la même chose. Lorsque tous font la même exhortation, tous y répondent.  Mais louez-le par tout vous-mêmes : c’est-à-dire que votre langue et votre voix de doivent pas être seules à louer Dieu ; louez-le aussi par votre conscience, par votre vie, par vos actions. Par notre chant et par toute notre vie. Evidemment, nous le louons maintenant, quand nous sommes rassemblés dans l’église ; lorsque chacun s’en va chez soi, il semble cesser de louer Dieu. S’il ne cesse pas de bien vivre, il loue Dieu continuellement. Ta louange ne cesse que lorsque tu te détournes de la justice et de ce qui plaît à Dieu.  Car si tu ne te détournes jamais de la vie vertueuse, ta bouche est muette, mais ta vie est une acclamation et Dieu prête l’oreille au chant de ton cœur.  Comme nos oreilles entendent nos voix, c’est ainsi que Dieu entend nos pensées.

 

Puisse ce Temps Pascal être vécu dans notre communauté Paroissiale comme celui de la Louange et de l’Action de grâce. Par nos liturgies joyeuses et priantes, par de beaux chants mais aussi par la propreté et la beauté de nos églises. Que les fleurs soient belles (et fraîches !), le Cierge Pascal bien mis en évidence, des bougies propres sur les présentoirs, des livres bien rangés dans les églises (voici un point sur lequel nous devons être vigilant. D’une part, pour prendre soin des manuels de chants, d’autre part, pour éviter aux personnes qui entretiennent nos églises de passer un temps considérable à ranger ; enfin, parce qu’une église rangée au 1er coup d’œil est un témoignage donné à ceux qui entrent occasionnellement dans la Maison de Dieu). Un temps Pascal vécu aussi dans notre quotidien : Voyons le positif des situations ! Cessons de râler sur tout et tout le temps ! Prenons le parti du sourire qui ne coûte rien et qui pourtant change tout !  Bon temps de Pâques à tous ! Dans la Joie du Christ Ressuscité, Alléluia !

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +

(d’après une Homélie de saint Augustin sur le Psaume 148).