Repas fraternels à Ferney

 

Ferney-Voltaire est une commune frontalière avec la Suisse, dans le Pays de Gex. D’un milieu social plutôt aisé, diront certains… mais avant tout, riche de cultures et de diverses nationalités. Toutefois, on y rencontre aussi des personnes défavorisées, et, nous dit le Père Jean-Philippe Bernard, curé de cette paroisse, on y découvre beaucoup de solitude.

 

La communauté chrétienne du groupement paroissial de Ferney-Ornex-Prévessin a donc pris l’initiative de proposer des repas fraternels permettant aux habitants de se rencontrer par-delà leurs différences, afin de mieux se connaître et de rompre cette solitude ; Ceci, afin de rejoindre, dans une volonté d’évangélisation, ceux qui s’estiment loin de l’Église et qui hésitent à prendre contact avec elle.

 

Ainsi, l’Ordre de Malte propose les « Repas Rencontre et Partage » le deuxième jeudi du mois. C’est une table ouverte qui propose un repas simple : une équipe de bénévoles prépare un plat unique et des desserts sont apportés par des paroissiens. Au cours de ce repas, un court témoignage est proposé, afin que chacun découvre des facettes de la vie de l’Eglise qu’ils ne connaissaient pas ou un témoignage de vie ayant un lien avec la culture et l’origine de la personne qui a cuisiné ce jour-là : le Burikina Faso, l’Italie, Tahiti ont été représentés en 2017…

 

C’est vraiment une occasion pour des personnes de milieux sociaux différents de se rencontrer, de partager, de créer des liens, de mieux se connaître au sein du groupement paroissial. Une solidarité concrète peut trouver ici matière à s’exercer. Pour beaucoup, c’est une stimulation bienvenue visant à s’engager dans le service concret, dans des gestes de charité fraternelle.

 

La paroisse propose, également, une fois par mois un repas le dimanche midi. Cette fois, les parents des enfants catéchisés, qui se sont engagés en début d’année scolaire à rendre deux services à la communauté, organisent ce moment festif. En amont, ils se réunissent avec les catéchistes pour préparer la messe du dimanche en question : les lectures sont méditées, la prière universelle y germe. Cette réunion permet à chacun de se familiariser avec la messe, à faire partie intégrante, parfois pour la première fois, du service liturgique. Puis les familles préparent chacune un plat salé et sucré, décorent la salle, invitent à l’issue de la messe les paroissiens à venir les rejoindre, préparent un chant de louange… Ce service d’accueil révèle des talents bien précieux. Là encore, il s’agit de créer des relations amicales entre des familles qui ne se connaissent pas, qui n’osent pas toujours se joindre aux activités paroissiales. Ces repas permettent de tisser des liens et de prendre plus facilement des initiatives communes. Que de grâces reçues à vivre l’Evangile ! C’est ainsi que la première série de ces repas s’ouvrit sur « l’invitation aux noces »; à la vue du buffet opulent, le Père Jean-Philippe bien inspiré suggéra d’aller à la « croisée des chemins » pour inviter les passants à se joindre au repas qui se fit dans la joie de la rencontre et du partage avec les plus démunis, les plus délaissés.

 

Les « Cinq essentiels » trouvent leur place dans ces propositions. Le repas, notamment le dimanche, prolonge la célébration eucharistique qui nous a centrés sur le Christ. La communauté renforce les liens qui l’unissent. Les témoignages ou les échanges constituent un élément de formation. Le service, celui des enfants fréquentant la catéchèse ou celui des personnes en marge de la société, peut se vivre par des actions concrètes. Enfin, le désir d’évangélisation, de rejoindre les « périphéries » marque de son sceau toutes ces initiatives. Un exemple à suivre ? Les paroissiens de Ferney-Voltaire nous disent que ce n’est pas si difficile !