Sainte Elisabeth de la Trinité

 

Elisabeth Catez naît en 1880 et elle passe sa jeunesse à Dijon. Elle a sept ans quand meurt son père. C’est un drame pour elle et elle veut se convertir, soutenue par sa mère qui l’aide à lutter contre son caractère passionné et difficile.

 

Excellente pianiste, elle est promise à une belle vie dans la bonne société. Mais elle a un grand désir de devenir religieuse, et après avoir convaincu sa mère, entre à 21 ans au Carmel, où elle prend le nom d’Elisabeth de la Trinité.

 

A la lecture de saint Paul, elle découvre sa vocation : « être louange de gloire » pour Dieu. Son seul désir est de s’enraciner en Dieu, dans l’amour et la joie. Elle est saisie par le mystère d’amour de la Trinité : le Père tout-puissant d’amour, le Fils envoyé par le Père pour nous révéler cet amour, et l’Esprit qui nous conduit et nous permet d’appeler Dieu « Père ».

 

Elle tombe gravement malade en 1905, et meurt à 26 ans. Béatifiée en 1984, elle est canonisée en 2016.

 

 

Nous osons aujourd’hui présenter au monde cette religieuse cloîtrée qui mena une « vie cachée en Dieu avec Jésus-Christ » car elle est un témoin éclatant de la joie d’être enraciné et fondé dans l’amour. Elle célèbre la splendeur de Dieu, parce qu’elle se sait habitée au plus intime d’elle-même par la présence du Père du Fils et de l’Esprit en qui elle reconnaît la réalité de l’amour infiniment vivant.

Élisabeth a connu elle aussi la souffrance physique et morale. Unie au Christ crucifié, elle s’est totalement offerte, achevant dans sa chair la passion du Seigneur, toujours assurée d’être aimée et de pouvoir aimer. Elle fait dans la paix le don de sa vie blessée.

À notre humanité désorientée, Élisabeth donne le témoignage d’une ouverture parfaite à la Parole de Dieu qu’elle a assimilée au point d’en nourrir véritablement sa réflexion et sa prière, au point d’y trouver toutes ses raisons de vivre et de se consacrer à la louange de sa gloire.

Saint Jean-Paul II
Homélie pour la béatification

 

 

O mon Dieu, Trinité que j’adore,
aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,
immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité.

 

Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

 

Ô mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

 

Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

 

Ô Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi » afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

 

Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

 

Sainte Elisabeth de la Trinité