Paroisse Pont-de-Veyle

« Nous voudrions voir Jésus ».

Cette demande est celle que les Grecs, qui étaient montés à Jérusalem pour la fête de la Pâque, expriment à Philippe « qui va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus » (Evangile du 5ème dimanche de Carême). Immédiatement et naturellement je m’interroge : Cette demande, est-elle la mienne ? Est-elle la nôtre ? Désirons-nous voir le Christ ? Désirons-nous vivre « par Lui, avec Lui et en Lui » ? Souhaitons-nous de tout notre cœur que Jésus soit le cœur et le centre de notre vie ?

 

Parfois, les Curés de Paroisse s’interrogent sur la vie spirituelle de leurs fidèles. Quand, par exemple, devant tel temps fort proposé dans la vie paroissiale aux prix d’une énergie considérable déployée pour l’organisation de cet événement, le Prêtre constate le peu d’intérêt de ses paroissiens. Quel animateur en Aumônerie n’a pas aussi eu ce sentiment de ne pas être suivi ? Ou bien, telle Catéchiste qui invite les parents à une rencontre commune avec les enfants et qui n’a comme seule réponse (avant même que la date soit donnée) : « on ne pourra pas venir ». On peut, hélas, multiplier ces exemples à l’infini. Désirer voir Jésus. Cette demande nous ramène au fil rouge de notre Carême : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Et Jésus dans l’Evangile de cet avant dernier dimanche avant les Rameaux nous prévient : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».

 

Désirer voir Jésus c’est accepter de mettre nos pas dans les siens. Quand Jésus annonce sa mort, Il prévient, de suite, que ce ne sera pas une fin mais un commencement. Il faut mourir pour vivre. Regardons la nature tout autour de nous en ce printemps commençant. Ce qui nous paraissait mort, reprend vie. Les bourgeons de nos arbres sont en train d’éclore. Les branches sombres laissent place à des fleurs éclatantes. Il s’agit de mourir pour renaître et porter du fruit, perdre sa vie  pour la gagner et entrer dans la gloire.

 

Le Carême passe à une vitesse supérieure. Voici que nous entrons dans les jours de la Passion. La Liturgie nous propose de voiler les statues de nos églises à partir de ce 5ème dimanche de Carême. Pourquoi ? Parce qu’il nous faut disposer nos cœurs à entrer dans la grande Semaine Sainte. Parce que nous sommes incarnés et que nous avons besoin de signes sensibles. Nous avons besoin de sentir que l’heure de la Passion arrive pour mieux goûter ensuite la Joie immense de la Résurrection. Ce qui se vit dans la Liturgie doit aussi se vivre dans nos vies ordinaires. On ne peut prétendre vivre avec le Christ, voir Jésus, si l’on n’accepte pas l’indispensable notion du sacrifice.

 

Désirer voir Jésus c’est donc d’abord consentir de mourir à soi-même. Laisser sur le bord du chemin nos petites habitudes bien installées. Se laisser bousculer par des initiatives personnelles et nouvelles qui n’entrent pas dans les plans pastoraux. Accepter que se passent dans la vie de la paroisse des changements, des choses que l’on n’avait pas prévues. Désirer voir Jésus c’est Lui laisser plus de place dans nos journées quotidiennes. On ne perd pas du temps à prier plus ! Au contraire, on gagne à faire les choses en Dieu !

 

Chers frères et sœurs, paroissiens et lecteurs de ce bulletin, voulez-vous que les Fêtes Pascales 2018 marquent le tournant d’une vie résolument vécue avec le Christ ? Souhaitez-vous que ce Carême nous aide à laisser mourir en nous le vieil homme pour laisser jaillir l’homme nouveau sans cesse revivifié par l’Esprit Saint de Dieu ? Je ne doute pas un seul instant de votre réponse positive à ces interrogations ! Alors, prenons les moyens. Cessons de vivre dans la nostalgie du temps passé et réjouissons-nous de vivre aujourd’hui différemment d’hier ! Préparons-nous à vivre une belle et grande Confession (vendredi 23 mars à 20 h 45 en l’église de Pont de Veyle juste avant d’entrer dans la Semaine Sainte). Acceptons les contrariétés, les échecs, les critiques et offrons-les à Dieu afin qu’Il puisse tout transformer en grâces. Finalement, à cette heure du Carême, Jésus nous dit : « Fais-toi capacité et je me ferai torrent ! ». Que Dieu opère dans nos vies la transformation nécessaire pour faire de nous de beaux croyants, de beaux chrétiens, de beaux disciples du Christ, célébrant, louant et témoignant de la présence de Jésus dans nos vies. Bonne montée vers Pâques à tous !          

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +