Paroisse Pont-d'Ain

Mot du Curé

« L’heure est venue, pour le Fils de l’homme, d’être glorifié. »

 Comme dimanche dernier, saint Jean nous propose une méditation sur la croix. Sommes-nous capables d’accepter cette révélation ? L’ « heure de Jésus », c’est celle de sa croix : c’est sa gloire. Nous continuons toujours, hélas, à attendre une autre heure, une autre manifestation de Dieu. Avouons que nous rêvons, pour Dieu, comme pour nous, d’une autre gloire. Or, Jésus nous le répète : « maintenant, l’heure est venue ». Jusqu’ici elle n’était pas encore venue, mais Jésus en avait souvent parlé. Cette heure privilégiée, c’est celle de la croix : celle de la glorification du Père et du Fils, celle du jugement et du salut du monde. Dans quelques jours, Jésus va entrer en sa Passion. Il semble, apparemment, ne pas répondre à la démarche des grecs qui ont demandé de le voir. En réalité, il va au fond de leur désir : l’heure est venue où le Fils de l’homme va être glorifié, l’heure qui le fait voir approche, l’heure qui fait voir Dieu. On ne saurait voir Dieu, ni Jésus, à une autre lumière que celle de la croix, c’est l’heure de l’amour absolu. Seigneur, aide-moi à regarder la croix, à contempler la croix : c’est l’heure de la plus grande révélation de Dieu.
« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Oui, l’heure de Jésus, c’est bien celle de sa mort, mais c’est en même temps celle de sa vie multipliée. Jésus va être très seul sur la croix. Mais il y sera aussi entouré, invisiblement, de milliards d’hommes et de femmes sauvés par son sacrifice. Les hommes de tous les temps et de toutes les civilisations ont disserté sur la mort, et cherché à percer son mystère. Jésus, dans cette toute simple phrase, nous a dit sa propre conviction. Il ne fait pas de raisonnement, il dit, existentiellement, comment il envisage sa propre mort ; ce sont des semailles. Pendant le long hiver, le grain de blé enfoui dans la terre semble mort, il surgit au printemps et devient un épi gonflé en quelques semaines, promis à la moisson. Jésus voit déjà la moisson.
« Celui qui aime sa vie, la perd ; celui qui s’en détache, la garde pour le vie éternelle ». Ainsi, pour Jésus, la vraie « vie », c’est de mourir ! Et Jésus ne dit pas cela par amour du paradoxe. Mais, dans une formule énigmatique, il essaie de nous suggérer une vérité qui ne va pas de soi, mais qui est évidente pour tout cœur qui aime : la vraie mort n’est pas la mort physique, mais le refus de se donner, la fermeture stérile sur soi-même. Pour entrer dans la vraie vie, il faut mourir. Et c’est cela que fait Dieu pour nous, parce qu’il est amour absolu, il perd sa vie pour nous. La loi de la vie, c’est l’amour. Seigneur, délivre-nous de cet égoïsme stérile que nous appelons parfois «  vivre sa vie ». Apprends-nous à donner notre vie comme toi. Cf : Jean 12,20-33

 

Père Aimé Fulbert OWAH, Curé

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