Paroisse Pont-d'Ain

Mot du curé

L’évangile d’aujourd’hui commence par une invitation à « regarder », à « lever les yeux » vers une image. Saint Jean utilise un souvenir biblique. Au cours des quarante ans de marche au désert, les hébreux furent attaqués par un ennemi redoutable, des serpents à la morsure brûlant (Nombres 21,6-9). Moïse fit un serpent de bronze guérisseur, élevé sur un bâton. Image mythologique que les médecins d’aujourd’hui continuent à prendre pour emblème. Celui qui tournait les yeux vers le signe élevé était sauvé, non pas par l’objet regardé, mais par le Seigneur ( Sagesse 16,7). Notons déjà, à travers cette interprétation du livre de la Sagesse, qu’il ne s’agit pas d’un geste magique, automatique. Le regard ne sauve pas par lui-même, comme si c’était un talisman, un porte-bonheur, un geste de superstition : c’est un signe de la foi qui met en évidence, par un geste concret, que l’homme se tourne vers Dieu.

« Ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé… afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. » Oui, saint Jean nous invite à regarder la croix. Il faut oser regarder ce Crucifié, celui qui est élevé devant nos yeux. Jean a choisit ce mot « élevé » pour dire, à la fois que Jésus est élevé sur la croix, et élevé à la droite du Père par la résurrection et l’Ascension. Pour lui, la croix et  la pâque sont le même mystère, qu’il exprime par ce mot à double sens : Jésus a été élevé de terre.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » De nos jours, beaucoup sont tentés par une sorte de pessimisme : le monde est pourri… il n’y a rien à y faire. Morosité, malaise, dont les justifications ne manquent pas, hélas, pour tout homme lucide : violences, prises d’otages, égoïsmes collectifs et individuels, bassesses de toutes sortes, dépravation morale, abus de mensonges idéologiques ou publicitaires, matraquage de l’opinion  publique, etc. Dieu, lui aussi, voit tout cela. Et pourtant, il aime ce monde, il ne se résigne pas à son mal, il veut le sauver. Dieu nous prend à contre-pied. Ce monde qui nous paraît parfois si moche, si mal fait, Dieu l’aime. Il est passionné par sa création inachevée, qu’il est en train de conduire jusqu’à la perfection. Le monde n’est pas absurde. Si nous adoptons le regard de Dieu, un regard d’amour, alors, au lieu de continuer à gémir, nous allons donner notre vie, à notre tour, pour nos frères. Deux verbes expriment l’attitude de Dieu : aimer et donner. Je prie à partir de ces deux mots. Dieu ne veut pas que l’homme périsse (il a tout crée pour que tout subsiste), Dieu veut que l’homme vive éternellement (c’est une vie d’en-haut, donnée), Dieu ne veut pas condamné le monde (il s’agit de l’ensemble de l’humanité), Dieu veut sauver le monde (la volonté de Dieu c’est que tout homme soit sauvé). Dieu est le vivant par excellence. La vie est le plus grand bien que l’homme puisse avoir. Dieu a décidé de communiquer Sa vie, à Lui, sa vie divine, éternelle. Les œuvres de l’homme sont œuvres de Dieu. Les actes de l’homme sont, alors, reconnus comme des actes de Dieu, de vie éternelle

Père Aimé Fulbert OWAH, Curé

Feuille Paroissiale

 PtdAin FP 11 Mars 2018 – – Careme 2018 (double « clic » gauche pour ouvrir le fichier)