Paroisse Pont-de-Veyle

Repenser la manière de recevoir la Sainte Communion.

 

Le cardinal préfet du Culte Divin, Robert Sarah, vient de signer la préface d’un livre qui vient de sortir en italien et qui dévoile « les manigances et les subterfuges » qui ont été mis en œuvre pour que la communion dans la main soit autorisée.

 

Et il adresse cette mise en garde : « Pourquoi nous obstiner à communier debout et dans la main ? C’est question importante sur laquelle l’Eglise d’aujourd’hui doit se pencher pour repenser complètement la manière de distribuer la Sainte Communion. Comment ? A commencer par l’Ange de Fatima jusqu’à Mère Teresa en passant par Jean-Paul II qui tous la recevaient dans la bouche et à genoux… Recevoir la communion dans la main entraîne nécessairement une grande dispersion de fragments. Au contraire, l’attention aux plus petites miettes, le soin apporté à la purification des vases sacrés, le fait de ne pas toucher l’hostie avec les mains moites deviennent des professions de foi dans la présence réelle de Jésus qui est là même dans les plus petites parties des espèces consacrées : si Jésus est la substance du pain Eucharistique, cela ne fait aucune différence si le morceau d’hostie est petit ou grand : la substance est la même, c’est Lui ! Au contraire le manque d’attention aux fragments fait perdre de vue le dogme.

 

Je voudrais à ce sujet prendre l’exemple de deux grands saints de notre temps : Saint Jean-Paul II et Sainte Teresa de Calcutta. La vie entière de Karol Wojtyla a été marquée par un profond respect pour la Sainte Eucharistie.

 

Il suffit de se rappeler des dernières années de son ministère pétrinien : un homme marqué dans son corps par la maladie qui l’a progressivement conduit de façon irréversible vers une dégradation physique presque totale. Mais malgré qu’il soit épuisé et sans force, Jean-Paul II ne se permettait jamais de s’asseoir face au Saint-Sacrement exposé. Qui ne se souvient avec émotion et affection de ces images du Pape Jean-Paul II, écrasé par la maladie, au bout du rouleau mais toujours à genoux devant le Saint-Sacrement pendant le parcours de la procession du Corpus Domini de Saint-Jean-de-Latran à la Basilique de Sainte Marie Majeure ? Même très malade, le Pape s’est toujours imposé de s’agenouiller devant le Saint-Sacrement. Il était incapable de s’agenouiller et de se lever seul. Il avait besoin d’aide pour plier les genoux et pour se relever. Jusqu’à ses derniers jours, il a ainsi voulu donner un grand témoignage de révérence envers le Saint-Sacrement. Pourquoi sommes-nous aussi orgueilleux et insensibles aux signes de Dieu lui-même nous offre pour notre croissance spirituelle et notre relation intime avec Lui ? Pourquoi ne pas nous agenouiller pour recevoir la Sainte Communion sur l’exemple des saints ? Est-ce vraiment tellement humiliant de se prostrer et de rester à genoux devant le Seigneur Jésus-Christ ? Et pourtant, « ayant la condition de Dieu, […] il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Ph 2, 6-8).

 

Mère Teresa elle-même s’abstenait de toucher le Corps du Christ, elle l’adorait plutôt et le contemplait en silence, restant longuement à genoux prostrée devant Jésus Eucharistie. En outre, elle recevait la Sainte Communion en bouche, comme un petit enfant qui se laissait humblement nourrir par son Dieu. La Sainte était très peinée quand elle voyait des chrétiens recevoir la Sainte Communion dans leurs mains. Pourquoi nous obstiner à communier debout et dans la main ? Pourquoi cette attitude de manque de soumission aux signes de Dieu ? Qu’aucun prêtre n’ose prétendre imposer sa propre autorité sur cette question en refusant ou en maltraitant ceux qui désirent recevoir la Communion à genoux ou sur la langue : approchons-nous comme des enfants et recevons humblement à genoux et sur la langue le Corps du Christ Les saints nous montrent l’exemple. Ils sont les modèles à imiter que Dieu nous offre ! »

 

Merci au Cardinal Sarah de cette mise au point. Le temps du Carême est un temps de conversion. Il s’agit de redonner du sens et de quitter des pratiques mises en place dans les années post-conciliaire… pratiques qui ne sont pas, du reste, dans l’esprit du Concile Vatican II. « Voici que je fais toutes choses nouvelles… »… jusqu’au bout !                 

 

 Votre Curé, Père Olivier BARNAY +