Qu’est-ce qu’une paroisse ?

13 février 1818 : M. Jean-Marie Vianney, jusqu’alors vicaire d’Ecully, au nord-ouest de Lyon, arrive à Ars. Ce village de 230 âmes dépend alors de la paroisse de Mizérieux (aujourd’hui Misérieux), ce n’est qu’une chapellenie. En 1802, Napoléon réorganise la France en départements, et réduit le nombre d’évêchés, n’en conservant qu’un par département. Mais Lyon étend largement ses bras sur la Bresse, la Dombes et le Bugey. C’est donc le vicaire général de Lyon qui nomme M. Jean-Marie Vianney chapelain d’Ars.

 

Par peur de perdre leur chapelain, sous l’impulsion du vicomte des Garets, la population demande que la commune d’Ars devienne paroisse. Le Conseil d’Etat étudie la question et le 25 Août 1821 une ordonnance royale érige la commune d’Ars en paroisse. Et Jean-Marie Vianney, jusqu’alors simple chapelain, devient donc curé d’Ars.

 

 

Que nous dit le Code de Droit Canonique sur la paroisse ?

 

Depuis 1917, avec une refonte liée au Concile Vatican II, en 1983, nous disposons d’un Code de Droit Canonique, qui précise ce qu’est une paroisse. A l’époque du curé d’Ars ce document n’existait pas, mais les paroisses avaient tout de même une structure et un fonctionnement qui a conduit à ce que nous connaissons aujourd’hui.

 

La paroisse est la communauté précise de fidèles qui est constituée d’une manière stable dans l’Eglise particulière, et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l’autorité de l’Evêque diocésain. (Code de Droit Canonique, 515 § 1)

 

« Une communauté », c’est-à-dire des personnes ; « une communauté précise », dont les contours sont précis, qu’ils soient géographiques ou sociologiques (pour des étudiants, des militaires…). « Constituée d’une manière stable » : dans la durée, et non de façon éphémère. « Dans l’Eglise particulière », c’est-à-dire dans le diocèse.

 

 

Qu’est-ce qu’un curé ?

 

La paroisse est confiée au curé comme son pasteur propre.

 

Le curé est le pasteur propre de la paroisse qui lui est remise en exerçant sous l’autorité de l’Evêque diocésain dont il a été appelé à partager le ministère du Christ, la charge pastorale de la communauté qui lui a été confiée, afin d’accomplir pour cette communauté les fonctions d’enseigner, de sanctifier et de gouverner avec la collaboration éventuelle d’autres prêtres ou de diacres, et avec l’aide apportée par les laïcs selon le droit. (Code de Droit Canonique, 519)

 

Le curé est tenu à l’obligation de pourvoir à ce que la Parole de Dieu soit annoncée intégralement aux habitants de la paroisse ; c’est pourquoi il veillera à ce que les laïcs soient instruits des vérités de la foi, surtout par l’homélie du dimanche et des fêtes d’obligation, et par la formation catéchétique à dispenser ; il favorisera aussi les œuvres par lesquelles est stimulé l’esprit évangélique, y compris ce qui regarde le domaine de la justice sociale ; il apportera un soin particulier à l’éducation catholique des enfants et des jeunes ; il s’efforcera par tout moyen, en y associant aussi les fidèles, à ce que l’Evangile parvienne à ceux qui se sont éloignés de la pratique religieuse ou qui ne pratiquent plus la vraie foi. (528 § 1)

 

Le curé veillera à ce que la très Sainte Eucharistie soit le centre de l’assemblée paroissiale des fidèles ; il s’efforcera à ce que les fidèles soient conduits et nourris par la pieuse célébration des sacrements et en particulier qu’ils s’approchent fréquemment des sacrements de la très Sainte Eucharistie et de la pénitence ; il s’efforcera aussi de les amener à prier, même en famille, et de les faire participer consciemment et activement à la sainte liturgie que lui, curé, sous la responsabilité de l’Evêque diocésain, doit diriger dans sa paroisse, et dans laquelle il doit veiller à ce que ne se glisse aucun abus. (528 § 2)

 

Le curé reconnaîtra et soutiendra la part propre que les laïcs ont dans la mission de l’Eglise, en favorisant leurs associations à des fins religieuses. Il coopérera avec son propre Evêque et le presbyterium du diocèse, en travaillant aussi à ce que les laïcs aient le souci de la communion dans la paroisse et qu’ils se sentent membres tant du diocèse que de l’Eglise tout entière, et qu’ils participent aux œuvres qui ont pour but de promouvoir cette communion et les soutiennent. (529 § 2)

 

Comme on le voit dans ces quelques éléments du code de Droit Canonique, l’Eglise donne aux curés, et donc aux membres des communautés chrétiennes, des points d’insistance : le curé est pasteur propre de la communauté, il lui est envoyé, comme donné pour un temps. Il ne choisit pas sa communauté, et il n’est pas choisi par elle. Il reçoit la communauté comme une mission confiée par le Seigneur lui-même, et la communauté le reçoit comme envoyé par le Seigneur, pour elle, attestation de l’attention de Dieu pour son Peuple.

 

Le curé doit faire retentir la Parole jusqu’aux extrémités de la paroisse, pour tous les habitants et pas seulement pour la communauté pratiquante. Mais il le fait comme pasteur, faisant en sorte que toute la communauté, par son comportement, ses actes de charité, sa dimension familial, sa prière, devienne la Parole en acte. La place des laïcs est donc bien précisée, dans cette dynamique d’annonce de la Parole.

 

La communauté se construit et se nourrit grâce à l’Eucharistie. Elle ne s’invente pas, mais chacun répond à l’appel du Seigneur à venir, avec les autres, le louer, le servir, lui rendre grâce. Le rôle de cette assemblée eucharistique est nécessaire à la vie paroissiale, à l’élan missionnaire, à la vie chrétienne. Le curé doit faire en sorte que la messe soit au centre. C’est dire la place du dimanche, de son sens, de notre manière de le vivre !