Prendre soin de la maison commune à l’Abbaye des Dombes

 

Au coeur de la Dombes, entre bois, champs et étangs, l’Abbaye Notre-Dame des Dombes s’élève depuis 155 ans. En 2001, les moines trappistes qui y vivaient ont transmis cette abbaye à la Communauté du Chemin Neuf. Composée de prêtres, de célibataires, de couples et de familles, elle a pris la relève des moines, tant pour la prière que pour l’exploitation agricole. “Nous lancer dans l’exploitation agricole, c’était un pari osé pour notre communauté, qui est habituellement plutôt urbaine.” explique le P. Luciano Couto, responsable de l’abbaye. Gérer 200 ha de champs, 75 vaches laitières, la fromagerie, la miellerie, l’exploitation des étangs et des bois, tout cela exige en effet un certain savoir-faire. Mais depuis 17 ans, le défi a été relevé !

 

“Notre but est de développer la ferme, mais en vivant une agriculture raisonnée, qui respecte la nature, afin de rendre la terre de plus en plus féconde. Alors en 2015, quand le Pape François a écrit sa lettre Laudato Si, pour prendre soin de la Terre, qu’il appelle notre “maison commune”, nous nous sommes sentis confortés dans ce que nous vivions déjà, et encouragés à aller plus loin !”

 

 

Dernière étape en date pour la ferme : passer à l’agriculture biologique pour les cultures, l’élevage et la fromagerie. Depuis octobre 2017, l’exploitation a commencé à appliquer les contraintes de l’agriculture biologique, pour obtenir, si tout se passe bien, le label AB dans 2 ans. “Mais l’agriculture biologique n’est qu’une étape, il faut aller au-delà, vers une agriculture raisonnée qui respecte vraiment la création.” Dans ce but, Notre-Dame des Dombes s’engage aussi dans la valorisation des circuits courts, pour limiter l’empreinte carbone de la production. Un point de vente directe a donc été créé au sein de la ferme, et cela facilite les liens avec les clients et favorise les rencontres. “Nous nous sommes rendus compte qu’il y avait une grande solidarité dans le monde agricole. Des fermes voisines nous ont ouvert leurs portes et nous ont montré de bonnes pratiques, cela donne de beaux échanges !”

 

C’est dans ce même esprit que des portes ouvertes ont lieu à l’abbaye, dans le cadre des journées du patrimoine, de l’Ain de ferme en ferme, qui attire beaucoup de visiteurs, notamment des jeunes familles, ou pour la cueillette des pommes à l’automne. ”Rencontrer une ferme avec un clocher, avec une communauté religieuse vivante, avec des chrétiens qui travaillent la terre de leur mains, est une surprise pour beaucoup d’entre eux.” Tout cela aide à sensibiliser à une action respectueuse de la nature, notamment auprès des familles, des couples, des jeunes enfants. L’abbaye propose aussi des formations, principalement en théologie, mais aussi dans le domaine de l’écologie intégrale. “Nous avons mis en place une session de quatre jours, entre exercices spirituels de St Ignace, Laudato Si et travail de la terre. Une session assez étonnante, très forte spirituellement, pour une conversion intégrale de l’esprit et du corps.”

 

 

Enfin, c’est aussi dans la vie de tous les jours que la communauté doit veiller à être écolo. “Nous devons prendre soin de l’homme tout entier, et cela passe par la manière de nous nourrir, de prendre soin de notre corps, de nos bâtiments, de notre environnement. Comment nous chauffer ? Question complexe quand l’abbaye accueille une quinzaine de nationalités, du brésilien aux lettons… Comment mieux gérer nos déchets ? Comment sensibiliser nos hôtes à ces questions ? Dans tous les cas, prendre soin de notre “maison commune” passe avant tout par la conversion écologique de chacun, personnellement !”