Paroisse Pont-d'Ain

Mot du curé

Aujourd’hui, nous contemplons la gloire du Christ sur le mont Thabor, sa divinité resplendissante. A travers le récit de la transfiguration, nous contemplons déjà le mystère de Pâques, mystère de la mort et de la Résurrection du Christ, mystère d’abaissement et d’élévation du Fils. Toute la vie du chrétien est centrée sur ce mouvement : mort et résurrection, la gloire et la croix, l’abaissement et l’élévation.

Aujourd’hui, Jésus prends avec lui trois de ses disciples Pierre, Jacques et Jean. Demain il sera seul, face à la trahison des uns et au reniement des autres. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, son visage brille comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière. Il rayonne de la gloire divine. Demain il sera nu sur la croix comme un ver de terre, son visage couvert de sang n’aura plus d’apparence humaine. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui deux personnages prestigieux, Moïse et Élie lui tiennent compagnie. Demain sur la croix il aura pour interlocuteurs que deux malfaiteurs. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, Pierre donne son vœu de rester auprès de son Maître: « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici! ». Demain il sera absent à la croix. Et pourtant c’est le même Christ.

Aujourd’hui, une voix venant du ciel dit: « Celui-ci est Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écouter-le! ». Demain sur la croix le ciel sera comme plombé, aucune voix ne retentira, que le cri du Fils : « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? » Et pourtant c’est le même Christ.

Nous devons lutter contre la tentation d’opposer le mont tabor et la montagne du Calvaire. Le mystère de la Transfiguration, ce n’est pas seulement l’anticipation du matin de Pâques, c’est aussi l’anticipation de la Beauté crucifiée du Vendredi saint, cette croix de Jésus qui est l’heure de sa glorification. Sur le tabor, le Père glorifie son Fils bien-aimé. Sur le Calvaire, c’est le Fils qui glorifie son Père par le geste suprême de l’amour, du don de sa vie. Il s’agit d’un unique mystère qui nous conduit au secret le plus caché de la gloire de Dieu. La gloire de Dieu c’est le rayonnement qui procède de l’excès de l’amour.

Au cœur des mystères dans lesquels nous vivons parfois, au milieu de toutes les questions qui se posent sur le sens de nos vies, sur le sens de nos souffrances, sur le sens du monde qui nous paraît souvent obscur et confus, il est bon de nous rappeler la grande lumière qui est celle du Christ, donnée visiblement, en un instant, aux apôtres à la Transfiguration. Et qui nous est donnée et que, parfois, nous ressentons nous aussi en un instant de grâce. « L’exemple du Seigneur invite la foi des croyants à comprendre que, sans avoir à douter des promesses de bonheur, nous devons pourtant, parmi les épreuves de cette vie, demander la patience avant la gloire » (le pape saint Léon). «  Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé. Fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin. Et nous aurons le regard pur pour discerner ta gloire. » (Prière d’ouverture de la messe). Evangile selon saint Marc 9,2-10.

Père Aimé Fulbert OWAH, Curé

Feuille Paroissiale

PtdAin FP 25 Fev 2018 (double « clic » gauche pour ouvrir le fichier)