Paroisse Pont-d'Ain

Mot du Curé

L’histoire des Mages, rapportée par l’Evangile, montre magnifiquement combien la quête de Dieu est de tous les temps. Même s’il faut remonter au VIème siècle pour apprendre que ces rois se seraient appelés Melchior, Gaspard et Balthazar, que l’un était blanc, l’autre jaune et l’autre noir, qu’ils représentaient les trois âges de la vie ( Melchior un vieillard à longue barbe, Balthazar un homme d’âge mûr et Gaspard un jeune homme imberbe ), il n’en est pas moins que l’Epiphanie est l’une des plus anciennes affirmations de foi de notre Eglise.

L’essentiel n’est pas dans les détails que la légende a ajouté avec le temps, mais dans le grand message que saint Matthieu veut nous communiquer, à savoir que tous les peuples, toutes races, que tous les hommes, de tous âges et de toutes conditions sont invités à la suite des mages à chercher Dieu, sans oublier que c’est Dieu qui, le premier, cherche l’homme. Dieu fait le premier pas. Peut-être a-t-on tendance à oublier que, dans l’histoire des mages, le premier qui a bougé, c’est Dieu. Le sens de l’étoile est tout entier dans cette évidence: c’est toujours Dieu qui a l’initiative. Il y a d’abord l’intervention de Dieu qui lance un appel à l’homme. Dieu est le premier des mendiants: celui qui quête l’amour des hommes, celui qui veut avoir besoin d’eux et qui les rejoint dans leurs préoccupations quotidiennes.

Quand les mages arrivent à l’entrée de Jérusalem, l’étoile disparaît, ils posent alors à Hérode, puis aux prêtres une question capitale: Où est-il ce roi qui vient de naître dont nous avons perdu la trace? « Où es-tu, Seigneur? » Les mages t’ont trouvé sous les traits d’un enfant. Peut être devons-nous te chercher tout simplement sous les traits des plus faibles, des pauvres, de ceux qui ont besoin d’amour. Peut être va-t-on te chercher trop loin. Souvent  nous passons notre chemin, sans te voir. Dieu est présent en nous, au cœur même de notre histoire humaine. Les mages l’ont trouvé à Bethléem qui signifie la « maison du pain ». Nous pouvons, nous aussi avoir la certitude de le trouver réellement dans l’Eucharistie, dans le visage de ceux que nous rencontrons. Tout homme est invité à être chercheur de ce Dieu fait homme. L’étoile symbolise la grâce de Dieu qui nous guide au quotidien.

Des mages, venus d’Orient pour adorer le Seigneur nouveau-né, ont pris la tête de cette foule innombrable. Ayant trouvé le Sauveur au terme d’un long voyage, ils sont repartis chez eux en empruntant un chemin nouveau, guidés, désormais, non plus par une étoile, mais par le reflet de la lumière née de la lumière, qui avait brillé dans leurs yeux, et qui, désormais, illuminait le monde. La célébration de l’Eucharistie et de tout sacrement est une épiphanie, une manifestation du Seigneur qui est là, présent sous d’humbles signes. Lorsque l’assemblée se disperse, elle est invitée à partir par un autre chemin, celui de la conversion. La rencontre avec le Christ transforme notre vie. Elle nous met sur un autre chemin : telle est la bonne nouvelle de ce dimanche. Aujourd’hui encore il faut opter, et donc nous mette en route ; aujourd’hui encore il faut nous ouvrir à l’universel ; aujourd’hui encore il faut accepter que l’espérance vienne au monde à travers l’humilité du Fils de Dieu

Père Aimé Fulbert OWAH, Curé

Feuille paroissiale

PtdAin FP 7 Janv 2018 (double « clic » gauche pour ouvrir le fichier)