Paroisse Montrevel-en-Bresse

Qu’est-ce que le dimanche de Gaudete ?

Gaudete, in Domino semper : iterum dico, gaudete. Dominus enim prope est.

Soyez dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie, le Seigneur est proche

Premier mot latin de l’introït du troisième dimanche de l’Avent. Ce dimanche est comme une pause au milieu de l’Avent et comme une anticipation de la joie de Noël. Pour mieux le signifier, on peut utiliser des ornements roses, jouer de l’orgue et prévoir une décoration florale dans l’église. Il en est de même au quatrième dimanche de Carême (Laetare).
En ces deux dimanches de la joie, le violet, couleur ordinaire du temps de pénitence, s’éclaircit en rose sans toutefois passer encore au blanc, couleur des fêtes de la Nativité et de la Résurrection.

Définition du dictionnaire de Mgr Le Gall

 

 

Chers frères et soeurs,
L’Évangile de ce dimanche de l’Avent présente à nouveau la figure de Jean-Baptiste, et le représente s’adressant aux personnes qui viennent à lui au fleuve du Jourdain pour se faire baptiser. Lorsque Jean, avec des paroles cinglantes, exhorte chacun à se préparer à la venue du Messie, certains lui demandent : « Que nous faut-il donc faire ? » (Lc 3, 10.12.14). Ces dialogues sont très intéressants et se révèlent d’une grande actualité.
La première réponse est adressée à la foule en général. Jean-Baptiste dit : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même » (v. 11). Nous pouvons voir ici un critère de justice, animé par la charité. La justice demande de dépasser le déséquilibre entre celui qui a le superflu et celui qui manque du nécessaire ; la charité pousse à être attentif à l’autre et à aller au-devant de ses besoins, au lieu de trouver des justifications pour défendre ses propres intérêts. Justice et charité ne s’opposent pas, mais sont toutes deux nécessaires et se complètent mutuellement. « L’amour sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste », car « il y aura toujours des situations de nécessité matérielle, pour lesquelles une aide est indispensable, dans le sens d’un amour concret pour le prochain » (Enc. Deus caritas est, n. 28).
Nous voyons ensuite la deuxième réponse, adressée à quelques « publicains », c’est-à-dire des percepteurs des taxes pour le compte des Romains. Les publicains étaient déjà méprisés pour cette raison, et également parce qu’ils profitaient souvent de leur position pour voler. Jean-Baptiste ne leur dit pas de changer de métier, mais de ne rien exiger de plus que ce qui a été fixé (cf. v. 13). Le prophète, au nom de Dieu, ne demande pas de gestes exceptionnels, mais avant tout l’accomplissement honnête de son devoir. Le premier pas vers la vie éternelle est toujours l’observance des commandements ; dans ce cas le septième : « Tu ne voleras pas » (cf. Ex 20, 15).
La troisième réponse concerne les soldats, une autre catégorie dotée d’un certain pouvoir, et donc tentée d’en abuser. Aux soldats, Jean dit : « Ne molestez personne, n’extorquez rien, et contentez-vous de votre solde » (v. 14). Ici aussi, la conversion commence par l’honnêteté et le respect des autres : une indication qui vaut pour tous, spécialement pour ceux qui ont les plus hautes responsabilités.
En considérant ces dialogues dans leur ensemble, le caractère profondément concret des paroles de Jean est frappant : étant donné que Dieu nous jugera d’après nos oeuvres, c’est là, dans les comportements, qu’il faut manifester que l’on suit sa volonté. Et c’est précisément pour cela que les indications de Jean-Baptiste sont toujours actuelles : dans notre monde si complexe, les choses iraient également beaucoup mieux si chacun observait ces règles de conduite. Prions alors le Seigneur, par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, afin qu’il nous aide à nous préparer à Noël en portant de bons fruits de conversion (cf. Lc 3, 8).
Benoît XVI – Angélus du 16 décembre 2012