Paroisse Montréal-la-Cluse

Notre Père

Il est toujours difficile quand on passe d’une langue à une autre, de trouver la meilleure traduction possible tellement la langue exprime aussi une culture. Ainsi, la 6° expression du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » n’est pas fausse d’un point de vue exégétique pour ceux qui connaissent bien la culture sémite. Mais, pour nous, chrétiens occidentaux du 21ème siècle, cette formulation pourrait laisser penser que c’est Dieu qui nous tente, qui nous éprouve. Ce qui est faux, bien sûr.
La nouvelle traduction, « Ne nous laisse pas entrer en tentation », écarte l’idée que Dieu lui-même pourrait nous soumettre à la tentation. Le verbe « entrer » reprend l’idée ou l’image du terme grec d’un mouvement, comme on va au combat, et c’est bien du combat spirituel dont il s’agit.
Depuis, le 1er dimanche de l’Avent de l’année 2014-2015, nous avions l’habitude de la nouvelle traduction liturgique pour la liturgie de la Parole.
Aujourd’hui, en ce début d’Avent et d’année liturgique, entre en vigueur cette nouvelle traduction du Notre Père dans la prière commune. A ce titre, il est bon de rappeler que le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CÉCEF) a recommandé que lors des célébrations œcuméniques, la sixième demande du Notre Père soit ainsi formulée : « et ne nous laisse pas entrer en tentation ». C’est donc un vaste mouvement œcuménique qui se met en route avec cette nouvelle traduction.
Bien sûr, nous entendrons peut-être des cafouillages ici et là, tellement les habitudes sont ancrées. Profitons-en pour dire cette prière d’une manière renouvelée si nous avions tendance à la dire un peu machinalement.

Alain RAYMOND