Paroisse Pont-de-Veyle

Un Chrétien-veilleur.   

Ces 2 mots qui constituent le titre du très fameux « mot du Curé » de cette semaine sont, en fait, un pléonasme.  En effet, un Chrétien est forcément un veilleur. Un Chrétien est celui qui ne lâche pas son poste de garde et reste vigilant. Le Chrétien est celui qui garde sa lampe allumée dans l’attente du retour du Christ en gloire : « Que ton règne vienne ! Viens Seigneur Jésus ! ».

 

Nous commençons le cycle des évangiles qui nous préparent au temps liturgique de l’Avent dans lequel nous entrerons le 3 décembre prochain. Pour nous préparer à ce temps, l’Eglise, comme une mère bienveillante, nous invite à méditer sur le thème des fins dernières, le jour du jugement final, le jour où « au signal donné par la voix de l’Archange, le Seigneur lui-même descendra du ciel… » selon la parole de l’Apôtre St Paul dans la seconde lecture de ce dimanche.

 

La parabole dite des « vierges sages et des vierges folles » entre dans la dynamique de la méditation que nous devons faire en ces derniers jours de l’année liturgique. Sommes-nous fous ? Ou sommes-nous sages ?

 

Sommes-nous fous ? Comme dans l’Evangile, sommes-nous insouciants en ne voyant qu’à court terme ? Les « vierges folles » peuvent ressembler à des personnes légères, imprévoyantes, se laissant porter par le courant du vent. Les « vierges folles » sont cette catégorie de « croyants non pratiquants » qui ne vont à la Messe qu’une fois par an et se donnent bonne conscience en faisant baptiser un enfant plutôt par tradition familiale mais sans engagement d’éducation chrétienne à la suite.

 

Ce sont aussi ces personnes qui mènent une vie extérieurement chrétienne mais qui s’adonnent assez rapidement aux plaisirs désordonnés que peut proposer le monde. Les « vierges folles » sont ces chrétiens qui, par souci de plaire, s’accommodent des pratiques en vogue, prêts à accepter telle loi ou telle décision de justice « parce que le monde a changé »… faisant feu de tout bois de l’Evangile et de l’enseignement du Magistère de l’Eglise.

 

Sommes-nous prévoyants, « sages » pour reprendre l’expression de la Parabole ? Le Salut, le jugement dernier, la Vie Eternelle doivent nous hanter. Le moindre soupçon de pouvoir brûler dans les flammes de l’enfer doit nous mettre dans un état perpétuel de veilleur. Tout faire comme si aujourd’hui était le dernier jour. C’est-à-dire, tout faire par amour « par Dieu, avec Dieu et en Dieu ». Le prévoyant est celui qui travaille chaque jour afin d’avoir une intention droite et pure de plaire à Dieu en chacun de ses actes. Le Chrétien, le veilleur, le prévoyant, est celui qui a une intention, qui est une huile sainte et indéfectible. L’ami du Christ s’efforce sans cesse d’avoir une intention qui rend chacune de ses œuvres humaines lumineuses, remplies de la présence de Dieu. Finalement, une intention qui vient de Dieu, une intention habitée par la Charité. Souvenons-nous que la Charité est précisément le fil rouge de notre année de pastorale. St Augustin voit précisément dans le symbole de l’huile de cette parabole, la vertu de la Charité. « Si je n’ai pas la charité je ne suis rien » dit St Paul. La Charité est le gage de la Vie Eternelle. Comment penser un instant être sauvé si je ne suis pas habité par la Charité ? La Charité nous fait agir par Dieu et pour Dieu. La Charité nous donne le grand désir de plaire à Dieu en toute chose que nous faisons. La Charité qui fait qu’on ne s’enfle pas de ses bonnes œuvres, et que pour les avoir fidèlement accomplies on ne se préfère pas au prochain.  Certes, le Seigneur nous a prévenu que la charité de beaucoup se refroidirait mais il nous a aussi promis : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé ». Les vierges sages de notre parabole sont celles qui persévèrent. Leur charité ne s’est pas refroidie mais jusqu’à la fin elle est demeurée ardente. Il nous faut rester vigilant. Le combat des ténèbres contre la lumière semble aujourd’hui s’intensifier. Il faut être insouciant pour ne pas le voir. Le disciple de Jésus, c’est-à-dire, j’espère du moins, chacun de nous, doit se tenir aux aguets. L’anniversaire des apparitions de Fatima que nous avons célébré nous rappelle que le combat n’est pas terminé, que le pire reste à venir, mais que nous devons être dans l’Espérance car « à la fin, mon Cœur immaculé triomphera » promet la Sainte Vierge. A condition, que nous soyons dès le début du côté des fils de la lumière et que nous y soyons vraiment.

 

Contre vents et marées alors, tenons bon ! Gardons l’huile de la Foi, de l’Espérance et de la Charité avec nous ! Travaillons pour que les vierges folles deviennent prévoyantes et que les fidèles ne deviennent pas fous ! 

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +