Paroisse Pont-de-Veyle

Pourquoi faire dire des messes pour les défunts ?

 

Traditionnellement, le mois de novembre est un mois de prière pour les âmes du Purgatoire. Mais, c’est tous les jours que l’Eglise, comme une maman, se penche vers ses enfants, et particulièrement, à chaque prière eucharistique, vers ceux qui ont franchi la mort. Ainsi, chaque jour, la Sainte Messe perpétue le Sacrifice de la Croix, elle établit corporellement la présence dans nos vies de Jésus ressuscité, au-delà de la mort qu’Il a déjà traversée et qu’il nous fait traverser à proportion de notre foi en Lui.  L’Eucharistie est cette traversée : y participer, c’est marcher vers la mort, et en même temps marcher vers la Vie, tout comme l’absence visible de nos défunts n’ôte rien à la réalité de leur présence invisible. Ne comprenons pas cette célébration comme une compensation (beaucoup de messes pour un grand pécheur et peu de messes pour un petit !), mais comme une plongée dans la source de vie : elle coule surabondante et inépuisable quels que soient nos péchés, mais il dépend de nous de la recevoir et de la donner.

 

« Faire dire une Messe »,  c’est un acte de charité envers les morts que de soulager (voire d’accélérer) leur peine par l’offrande spécifique d’une messe à leur intention. Souvenons-nous que si les âmes du purgatoire ne peuvent plus rien pour elles-mêmes, la mort les ayant fixées dans leur état, elles conservent en revanche la charité et peuvent agir pour les autres et donc pour nous.

 

Cependant, il ne faudrait pas occulter tous les autres motifs pour lesquels nous pouvons – et devons – faire célébrer des messes. Les quatre finalités de la messe nous rappellent toute la valeur du Sacrifice du Christ, Sacrifice auquel il convient de s’associer le plus parfaitement possible en adoptant tous les sentiments du Christ :

 

La Sainte Messe est d’abord un sacrifice qui remplit envers Dieu un devoir d’adoration. Puis, le sacrifice eucharistique est une action de grâce pour tous les bienfaits divins. Enfin, la Sainte Messe est « un sacrifice propitiatoire ou expiatoire » : c’est par le sacrifice de la croix qu’est obtenue une fois pour toutes la rémission des péchés. La Messe nous en applique les satisfactions. Enfin, la Sainte Messe est « un sacrifice impétratoire » : Jésus Christ sur l’autel est un médiateur qui intercède pour nous auprès de son Père.

 

Ainsi, faire célébrer des messes pour les défunts, c’est rentrer dans cette dimension du sacrifice propitiatoire. Notre ingratitude relative nous fait souvent oublier la dimension de louange, d’adoration, d’action de grâce, d’intercession. Pensons-nous par exemple à offrir des messes à l’occasion d’une naissance, d’un baptême, d’un mariage, d’une grâce obtenue, ou tout simplement pour la gloire de Dieu ?

 

« Faire dire une messe », c’est aussi l’occasion de se retrouver en famille pour une prière commune. On se rend à l’église et au cimetière, non pas tourné vers le passé, mais accueillant à la vie qui nous porte au-delà de la mort. On choisit souvent pour cela le huitième jour après la sépulture (symbole de résurrection), ou le quarantième, Messe de quarantaine (symbole de l’entrée en Terre Promise), et, bien sûr, la date anniversaire du décès que les chrétiens appelaient dans les premiers temps le « Dies natalis » (jour de la naissance au Ciel). A chacune de ces occasions correspond une messe propre, et un choix de lectures bibliques permettant d’enrichir la méditation et la prédication chrétiennes sur la mort.

 

Je profite de ce petit enseignement pour vous rappeler :

– D’une part, que tous les dimanches la grand-Messe est célébrée pour le peuple « pro populo » et que les intentions inscrites sur la feuille paroissiale sont reportées tout au long des jours suivants.

– D’autre part, il ne peut y avoir qu’une seule intention par Messe. Le Prêtre dit la Messe pour telle et telle intention jour après jour.

–  Enfin, on peut déposer ses intentions de Messe soit à la maison paroissiale les jours de permanence, soit dans la boîte aux lettres de la Cure, soit dans les corbeilles de quête le dimanche. L’offrande proposée par notre Diocèse est de 17 euros par intention.

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +