Paroisse Pont-de-Veyle

César et Dieu

 

La parole de Jésus « rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » est devenue un dicton populaire mais comment le vivons-nous ? C’est toute la question que le Seigneur nous pose ce dimanche. Cette question est loin d’être anodine et porte en elle des conséquences qui peuvent être difficiles à assumer pour qui veut être disciple du Christ.

 

Peut-on toujours rendre à César ce qu’il demande sans que cela empêche de rendre à Dieu ce qui Lui revient ?  A force d’échanges des uns avec les autres, je me rends compte combien beaucoup d’entre nous faisons en permanence le grand écart entre notre vie de Foi et notre vie d’homme. Nous vivons torturés entre, par exemple, la rentabilité d’une entreprise et le partage des biens auquel la Doctrine Sociale de l’Eglise nous appelle. Nous sommes comprimés entre la concurrence dans la vie économique et l’appel à la charité que nous adresse Jésus sans cesse. Dans nos relations personnelles, l’esprit mondain peut faire taire notre vocation de serviteur de la vérité. L’attrait des loisirs peut étouffer l’appel de la Vierge Marie – à Fatima – à faire pénitence pour la conversion des pécheurs. Tous ces petits arrangements dont nous pouvons nous accommoder pour ne pas être dérangés dans nos habitudes.  Et que dire aussi des lois qui sont votées qui vont à l’encontre du respect de la vie du début à son terme. Les problématiques concernant le modèle familial. La théorie du « gender », les enseignements apportés par l’éducation nationale dans les manuels de nos enfants qui sont, parfois, contraires à l’Evangile et à la Tradition de l’Eglise. Nous pourrions poursuivre la liste des exemples qui, hélas, ne s’arrêtent pas à cette petite, trop petite énumération.   

 

« Mieux vaut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » lit-on dans les Actes des Apôtres. Oui, un Chrétien, un disciple du Christ, un fidèle se doit avant tout d’obéir à Dieu. Cela peut lui coûter cher, très cher. Cela peut avoir des conséquences humainement douloureuses. Obéir à Dieu et refuser d’entrer dans la spirale du mensonge du monde peut entraîner des ruptures : on peut perdre des amis, on peut être la risée de ses proches, on peut se couper de relations dites « intéressantes »… on peut aussi aller jusqu’à verser son sang. On songe ici aux Martyrs d’hier et d’aujourd’hui qui, par amour pour le Christ, ont accepté de donner leur vie. Je pense au Bienheureux Jerzy Popieluszko en Pologne, aux martyrs de Corée, aux martyrs – très nombreux – de la révolution Française. Plus proches de nous, aux chrétiens martyrs du Moyen Orient en ce moment même où nous lisons ces lignes.

 

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César, c’est faire ce qu’à fait Jésus lui-même en acceptant la Croix. « Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix ». Supplice dramatique, souffrances indicibles qui exprime à travers le Christ la grandeur de l’homme qui manifeste sa liberté par le don de sa vie. Le Chrétien est un homme libre qui se moque du « qu’en dira-t-on ». Le Chrétien n’a pas peur de se faire marginaliser par qui que soit. Le Chrétien est tout entier revêtu de la force du Saint-Esprit qui l’assure de son assistance et de son soutien.

 

Chacun à son niveau peut vérifier que Dieu est bien à sa place.  Notre ponctualité à la Messe du dimanche (pour rappel, la Messe du samedi commence à 18 heures et celle du dimanche à 10 heures), notre attention à la Messe (cette feuille paroissiale que vous avez entre les mains se lit avant ou après la Messe mais pas pendant l’homélie de Monsieur le Curé… même si cette homélie est ennuyeuse ! et encore moins pendant la proclamation de la Parole de Dieu.). Rendre à Dieu ce qui est à Dieu c’est être des hommes et des femmes vrais : pas de place au mensonge, à l’hypocrisie, à la critique négative. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu revient à dénoncer le mal et ce qui est mauvais, en un mot, vivre la Miséricorde Divine (dénoncer ce qui est mauvais et relever ce qui est bon). Rendre à César ce qui est à César c’est renvoyer le politique à sa responsabilité : veiller au bien commun, permettre à chacun de s’exprimer dans le respect de sa culture et de sa tradition… Une fois encore, Jésus nous convie à prendre le chemin de l’excellence. A choisir la voie de la Sainteté et de la perfection. Le Seigneur nous invite à « être dans le monde mais non du monde ». Il s’agit d’aimer Dieu « de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force » c’est-à-dire entièrement, de tout son être, par son intelligence et par sa volonté. En ce mois du Rosaire, demandons à la Vierge Marie, qui a su faire la part des choses, de nous aider à faire de notre vie un grand OUI à Dieu. Là encore, la prière quotidienne du chapelet peut nous y aider…           

            

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +