Paroisse Montrevel-en-Bresse

Les apparitions de Fatima

En 1917, ont eu lieu des apparitions de la Vierge Marie à Fatima (Portugal). Le 13 mai dernier, le Pape François est allé en pèlerinage afin d’en célébrer le centenaire et de canoniser deux des petits voyants. Pendant plusieurs semaines, nous allons nous mettre à l’école de Fatima.

Que la Vierge Marie vous accompagne tout au long de ce pèlerinage de la vie.

 

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Le déroulement des apparitions

Le 13 mai 1917, trois petits bergers, François Marto, 9 ans, sa sœur Jacinthe, 7 ans  et leur cousine Lucie dos Santos, 10 ans, rentrent le troupeau de moutons qu’ils ont gardé dans la journée. Ils disent à leurs parents incrédules qu’une belle dame leur est apparue lorsqu’ils gardaient le troupeau. Elle leur a demandé de réciter tous les jours le chapelet et de revenir le 13 de chaque mois.              

Le 13 juin, les trois enfants retournent sur le lieu où ils ont vu «la belle dame». Aux questions qu’on leur pose, les enfants répondent que la dame leur a demandé de réciter le chapelet chaque jour, qu’elle leur a confié un secret et les a priés de revenir à la même heure le 13 juillet.

Le 13 juillet, «la belle dame» demande de nouveau aux enfants de réciter le chapelet chaque jour en l’honneur de Notre Dame du Rosaire pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre Elle leur confie un secret, et leur dit que le 13 octobre elle leur dirait son nom et ferait un miracle afin que tous croient.

Le 13 août, les enfants ne peuvent pas venir car ils ont été arrêtés. Après avoir été soumis à de nombreux interrogatoires pour leur faire avouer leur mensonge, les enfants sont libérés le 16 août. Le 19 août, ils voient une nouvelle fois «la belle dame». Elle continue à leur demander de réciter le chapelet chaque jour et de « prier et de faire des sacrifices pour les pécheurs car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles ».

Le 13 septembre, accompagnés de près de 25 000 personnes, les enfants voient la dame qui leur recommande de poursuivre la récitation du Rosaire pour obtenir la fin de la guerre et leur promet de revenir le 13 octobre.

Le 13 octobre, entre 50 et 70 000 personnes sont venues pour voir le grand miracle annoncé par la dame le 13 juillet. A midi, Lucie crie à la foule « Regardez le soleil ! » et les pèlerins présents, voient distinctement le soleil qui s’agite dans le ciel. Ce phénomène qui sera appelé « la danse du soleil » dure 10 minutes. C’est la dernière apparition aux trois enfants.

François et Jacinthe Marto, meurent de la grippe espagnole en 1919 et 1920. Ils sont béatifiés le13 mai 2000par le pape Jean-Paul II. Lucie Dos Santos décède en 2005 au Carmel de Coimbra.

 

Le message

Outre les secrets confiés aux enfants, le message de Marie aux enfants insiste sur la nécessité de de méditer sur les mystères de la vie du Christ (récitation du chapelet), de prier pour la paix dans le monde et pour les pécheurs.

 

Les secrets

Lors de la troisième apparition, la Vierge a révélé un message aux enfants et leur a demandé de ne pas le divulguer immédiatement. Ce message contient trois parties, il ne sera révélé que plusieurs années après les événements.

 

La semaine dernière nous nous sommes plongés dans la découverte des apparitions de la Vierge Marie à Fatima en 1917. Ces apparitions ont été préparées par celles de l’ange précurseur. Nous allons les considérer pendant plusieurs semaines.

 

Alors âgée de 8 ans, la mère de Lucie lui confia la garde du troupeau. Comme tous les enfants, elle avait des petits camarades de son âge avec qui jouer, et elle s’était choisie pour amie 3 autres fillettes : Teresa Matias, sa sœur Maria Rosa et Maria Justino. C’est en leur compagnie que Lucie bénéficiera par trois fois, de l’apparition de l’Ange.

 

Pastoureaux de Fatima 2

 

L’Apparition de 1915

 

Les trois fillettes avaient monté leurs troupeaux jusqu’à la cime de la colline où se trouvait un grand terrain planté d’arbres. Vers midi, elles mangèrent puis ensuite récitèrent le chapelet, comme il était coutume de le faire dans les campagnes portugaises de l’époque.

A peine ayant commencé leur récitation, les enfants virent comme suspendue en l’air au-dessus des arbres, une figure semblable à une statue de neige, que les rayons du soleil rendaient un peu transparentes. Tout en continuant le chapelet, les petites filles fixèrent les yeux sur cette figure, qui disparue dès qu’elles l’eurent terminé.

La nouvelle de cette première apparition se répandit au village, car les compagnes de Lucie la racontèrent aussitôt, mais personne n’y fit attention, disant que cela était des balivernes. Bien sûr, les petites filles furent très réprimandées par leurs parents et même battues. Tout le village se moquait des fillettes.

Notons que les enfants ne dirent pas : « Nous avons vu un ange », mais : « Nous avons vu quelque chose » qu’elles ne savaient décrire, mais qui plus tard diront que « cette chose avait une forme humaine »

Cette « chose » donc, apparaîtra deux autres fois aux mêmes petits-enfants ; mais quelle est la signification de telles apparitions si aucun message n’a été délivré aux fillettes ? Nous pouvons penser que Dieu voulait préparer Lucie aux Apparitions de la Vierge Marie ; puisque des 3 enfants présents ici, c’est elle qui eut le privilège de voir Notre-Dame.

 

Les apparitions de 1916

« Je suis l’Ange de la Paix »

Un an plus tard, au printemps 1916, l’Ange se manifesta de nouveau ; mais cette fois aux trois petits pastoureaux : Lucie, François et sa sœur Jacinthe ; ces deux derniers ayant eux aussi obtenu la permission de leurs parents pour garder leur troupeau. Dès lors, les 3 cousins étaient souvent réunis. Ce jour-là, ils étaient montés sur le versant de la colline avec leurs brebis.

Jouant depuis un certain temps, voici qu’un vent assez fort secoua les arbres. Levant les yeux, les enfants virent au-dessus des oliviers une chose d’une forme humaine s’approcher d’eux. Plus distinctement, cette fois on peut décrire que cette « chose » avait l’apparence d’un jeune garçon de 15 ans tout au plus, vêtu d’un blanc pur, que le soleil rendait transparent comme s’il était en cristal.

En arrivant près des trois enfants, l’Ange dit :

« Ne craignez pas ! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi ! »

Puis s’agenouillant à terre, il courba le front jusqu’au sol. Les enfants firent de même, et répétèrent les paroles qu’ils entendirent :

Mon Dieu,
je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime.
Je Vous demande pardon
pour ceux qui ne croient pas,
qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas,
et qui ne Vous aiment pas.

« Je suis l’Ange du Portugal »

Continuons notre découverte des apparitions de l’ange préparant celles de Notre Dame de Fatima.
Nous sommes en 1916 !

Cette seconde apparition s’est sans doute passée en été, car il y faisait très chaud. Les trois enfants revenaient avec le troupeau au milieu de la matinée, et étaient entrain de jouer près du puis, lorsqu’ils virent le même ange qui leur dit :

« Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les Saints Coeurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices ». (« desseins de miséricorde » veut dire que Jésus et Marie ont un amour particulier pour les petits enfants, pour leurs prières et sacrifices, tout ce qu’ils font a plus de valeur, parce que les enfants sont purs et touchent particulièrement le Coeur de Dieu.)

Lucie demanda comment devaient-ils faire pour se sacrifier ; et l’ange lui répondit :

« De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange Gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

Ainsi, dès maintenant les petits bergers connaissent deux sortes de sacrifices : offrir à Dieu nos actions en compensation des péchés qui l’offensent et accepter les épreuves de la vie pour obtenir la conversion des pécheurs.

Après l’Apparition, François demanda à sa cousine :
« Que t’as dit l’ange ? »

Étonnée, Lucie lui demanda s’il avait entendu le dialogue, mais le petit garçon lui dit :
« Non, j’ai vu qu’il te parlait et j’ai entendu ce que tu lui as répondu, mais je ne sais pas ce qu’il t’as dit ».

« L’Ange de l’Eucharistie »

À l’automne 1916, les pastoureaux faisaient paître leurs troupeaux. Après le repas, ils se mirent à prier là où précisément l’Ange leur était apparu la première fois.

Alors qu’ils récitaient la prière apprise par l’Ange (« Mon Dieu, je crois, j’adore… etc. »), le visage contre terre, une lumière apparut au-dessus d’eux. Se relevant, les enfants virent de nouveau l’Ange qui cette fois tenait dans sa main gauche un calice, sur lequel était suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de Sang dans ce calice.

Laissant le Calice et l’Hostie suspendus en l’air, l’Ange se prosterna près des enfants et répéta 3 fois cette prière :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit,

je Vous adore profondément et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ présent dans tous les tabernacles du monde,

en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences

par lesquels il est Lui-même offensé.

Par les mérites infinis de Son Très Saint-Coeur et du Coeur Immaculé de Marie,

je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Puis, se relevant, Il prit de nouveau le calice et l’Hostie dans ses mains, donna la sainte Communion à Lucie, et donna le Sang du calice à Jacinthe et à François, en disant :

« Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu »

Il se prosterna une dernière fois avec les enfants et répéta à nouveau trois fois la prière de la Sainte Trinité, ci-dessus.

Les 3 petits voyants gardèrent le plus absolu silence sur les Apparitions de l’Ange. Pourquoi donc ? Soeur Lucie le dit plus tard : « À cause de l’expérience pénible après l’Apparition de 1915 »

Elle confia également avoir la conviction qu’elle avait réellement reçu ce jour-là le Corps, l’Âme et la Divinité de Jésus-Christ comme lorsqu’elle communiait à l’église par le moyen d’une hostie.

Récapitulons ces apparitions de l’ange qui ont préparé les enfants aux apparitions de la Vierge Marie.

1915
● L’Ange apparaît trois fois, sans donner de message.

Printemps 1916
● Première apparition de l’Ange de la Paix. L’Ange, à genoux, récite cette prière : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime; je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. »

Été 1916
● Deuxième apparition de l’Ange du Portugal. L’Ange invite les trois petits voyants à accepter et à supporter avec soumission les souffrances que Dieu leur enverra.

Automne 1916
● Troisième apparition de l’Ange. Il tient dans sa main gauche un calice sur lequel est suspendue une Hostie de laquelle quelques gouttes de Sang tombent dans le Calice. L’Ange récite avec les trois petits voyants la prière à la Très Sainte Trinité, puis avec la sainte Hostie, il donne la Communion à la petite Lucie, tandis qu’il donne à Jacinthe et à François le Sang du Calice.

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Les apparitions de Marie

 

Entrons maintenant dans la relation des apparitions de la Vierge Marie qui débutèrent le 13 mai 1917.

13 mai 1917

Plusieurs mois après la dernière Apparition de l’Ange et très précisément en ce dimanche 13 mai 1917 qui précédait la fête de l’Ascension, les 3 enfants, avant de sortir avec leurs brebis, s’étaient rendus à l’église paroissiale pour entendre la première messe, celle qu’on appelle dans le pays, la « Messe des âmes », parce qu’on y prie spécialement pour les défunts. Dans la famille des petits pastoureaux, la messe du dimanche était un devoir sacré.

La messe finie, les enfants revinrent à la maison, prirent le sac qui contenait leur repas, et allèrent, avec les brebis, jusqu’à la mare qui se trouve en dehors du hameau, vers l’endroit appelé Gouveia. Lucie, comme elle le faisait presque toujours, choisit elle-même l’endroit où ils devaient faire pâturer les brebis ce jour-là, un terrain appartenant à ses parents à la Cova da Iria qui signifie, la tombe de Iria, en souvenir de Sainte Iria (Irène) qui a préféré mourir que de perdre sa pureté.

C’est là que se rendirent allègrement les trois enfants. Ils traversèrent lentement la lande pour permettre aux brebis de brouter le long du chemin. De cette manière, et parce qu’aussi le terrain était pierreux, hérissé ça et là de genêts épineux, la route fut assez longue, et ils n’arrivèrent à l’endroit désigné que peu avant midi. Ils ouvrirent alors leurs sacs de provisions, ils se signèrent, comme ils en avaient l’habitude, récitèrent un « Notre Père », et se mirent à manger, en prenant soin cependant de garder quelque chose pour le soir, avant de reprendre le chemin de la maison. Ils dirent ensuite les Grâces et récitèrent le chapelet puis, en haut de la pente de la Cova da Iria, se mirent à construire, pour s’amuser, un petit mur autour d’un buisson, quand soudain ils virent comme un éclair. Ils se regardent tout surpris. Ils savent qu’il n’y a pas d’éclair sans orage. Ils lèvent les yeux vers le ciel, mais, ni du côté du Levant, ni du côté de Santa Catarina, il n’y a le moindre indice de pluie. Pas le plus léger nuage ne vient obscurcir l’azur du ciel. Pas le plus léger souffle de vent. Le soleil est splendide, l’atmosphère chaude et calme. Cependant, ils décidèrent de rentrer à la maison.

En rentrant chez eux, les petits descendirent la pente, poussant les brebis en direction de la route. Arrivés à la moitié de la pente, environ à la hauteur d’un grand chêne-vert qui se trouvait là, ils virent un autre éclair puis une Dame toute vêtue de blanc, et qui répandait la lumière autour d’Elle.

Surpris par cette Apparition, les enfants s’arrêtèrent à environ 1m50 de distance d’Elle. Alors la Dame dit :

– N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal.

– D’où venez-vous ?, demanda Lucie.

– Je suis du Ciel, répondit Notre-Dame.

– Et que voulez-vous de moi ?

– Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après je reviendrai encore ici une septième fois.

– Et moi, est-ce que j’irai au Ciel aussi ?, dit l’enfant.

– Oui, tu iras.

– Et Jacinthe ?

– Aussi.

– Et François ?

– Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.

Lucie demanda au sujet de deux jeunes filles mortes depuis peu : Maria, 16 ans, fille de José das Neves, et Amélia, 19 ans, qui allaient chez elle apprendre à tisser :
– Est-ce que Maria est déjà au Ciel ?

– Oui, elle y est.

– Et Amélia ?

– Elle sera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde.
Il semble que cette jeune fille est décédée dans des circonstances comportant un irrémédiable déshonneur en matière de chasteté.

– Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?

– Oui, nous voulons.

– Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.

Pendant qu’Elle prononçait ces paroles, Notre-Dame ouvrit les mains et, comme par un reflet qui émanait d’Elles, une lumière intense s’en dégagea. Lucie dit plus tard que « cette lumière intense pénétra notre coeur jusqu’au plus profond de notre âme. Elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était la lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs ».

Les enfants se mirent à genoux en récitant intérieurement cette prière :
« Ô, Très Sainte Trinité, je Vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le Très Saint-Sacrement. »

Avant de partir, Notre-Dame ajouta :
– Récitez le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

– Quand arrivera la fin de la guerre ?

– Je ne peux le dire encore, tant que je ne t’ai pas dit aussi ce que je veux.

Après ces paroles, Elle s’éleva doucement, en direction du levant, jusqu’à disparaître dans le Ciel. La lumière qui l’environnait semblait lui ouvrir un chemin.
Cette première Apparition dura environ 10 minutes, et comme pour les Apparitions de l’Ange, François vit la Très Sainte Vierge mais n’entendit pas ses Paroles. Jacinthe, elle, voyait et entendait tout, mais n’osa pas parler à Notre-Dame. Seule Lucie eut le privilège de dialoguer avec Elle.

Jacinthe, oubliant sa promesse de ne rien dire à personne, en parla aussitôt à ses parents. Ces derniers interrogèrent le petit François qui confirma tout ce qu’avait raconté sa soeur. Cette révélation arriva aux oreilles de Maria, soeur de Lucie. Questionnée, la petite voyante, dut tout raconter pour ne pas mentir, et la nouvelle se sut dans tout le bourg. Ses parents ne croiront pas à ce qui se raconte, et Lucie se fera donc très sérieusement gronder ; ce qui explique que, plus tard, Jacinthe ne dira plus rien sur ce qu’elle verra.

L’information vint jusqu’aux oreilles du Curé-Prieur de Fatima, Dom Manoel Marquès Ferreira qui se montra assez perplexe et interrogea maladroitement les pastoureaux. Les petits enfants, impressionnés par l’attitude et le ton sévère du curé, ne gagnèrent pas sa confiance. Jacinthe observa même un mutisme total.

Offusqué, l’abbé durcit sa position et transmit le compte rendu de l’interrogatoire au Cardinal Belo, du diocèse de Fatima, qui suivit sa conclusion : « il faut se tenir résolument à l’écart de cela ». Dès lors, Dom Ferreira se conforme à cette directive, en se montrant très hostile aux événements de la Cova da Iria.

Apparition du 13 juin 1917

Les enfants firent donc connaître les date des futures Apparitions de Notre-Dame et déjà, en ce 13 juin, des dizaines de personnes étaient rassemblées à la Cova da Iria, près du chêne-vert. La mère de Lucie préféra ne pas y aller à cause du remue-ménage que faisait cette affaire suite aux révélations des enfants.

Les personnes réunies récitèrent le chapelet, quand un éclair s’approcha d’eux. Notre-Dame, sur le chêne-vert apparut alors.

– Que veut Votre Grâce ?, dit Lucie.
– Je veux que vous veniez le 13 du mois prochain ; que vous disiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je vous dirai ce que je veux.(La Sainte Vierge demande à Lucie d’apprendre à lire dans l’intérêt du message spirituel qu’elle aurait à transmettre)
Lucie demanda la guérison d’un malade, ce en quoi Notre-Dame répondit :
– S’il se convertit, il sera guéri durant l’année.
– Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel, dit la petite fille.
– Oui, Jacinthe et François je les emmènerai bientôt, mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par Moi pour orner Son trône.

Avec tristesse, la petite Lucie dit :
– Je vais rester toute seule ici ?
– Non, ma fille. Tu souffres beaucoup ? Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Coeur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu.

Puis la Vierge ouvrit les mains, faisant apparaître le reflet d’une lumière immense. En Elle, les enfants se virent comme submergés en Dieu. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le ciel, et Lucie dans celle qui se répandait sur la terre.

Devant la paume de la main droite de Notre-Dame se trouvait un Coeur entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer : c’était le Coeur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation.

La Vierge repartit. Les branches du chêne-vert qui s’étaient inclinées lorsque Notre-Dame apparue, se relevèrent et se tournent vers l’Est comme si elles étaient attirées par un fort vent.

Après le départ de Notre-Dame, tout le monde récita les Litanies et chacun rentra plein d’allégresse et de ferveur à la maison, racontant ce qui s’était passé à la Cova da Iria.

Cette seconde visite, disait soeur Lucie, fut pour eux, l’occasion d’une illumination de leur esprit qui leur fit comprendre combien Dieu est grand, combien il est nécessaire de réparer ses droits violés, « combien Il nous aime et veut être aimé, quelle est la valeur du sacrifice et combien le Seigneur en tient compte pour convertir les pécheurs ».

Apparition du 13 juillet 1917 à Fatima

En ce 13 juillet 1917, quatre mille à cinq mille personnes s’étaient déplacées à la Cova da Iria. Tous récitaient le chapelet ; puis lorsqu’il fut terminé, Lucie regarda vers le Levant et dit : « Notre-Dame arrive ! »

La lumière du jour diminua, comme au moment d’une éclipse ; la température, qui était très chaude, diminua ; la teinte de la lumière se modifia, devenant jaune d’or. Il se forma alors, autour des trois petits voyants, une nuée blanchâtre très agréable à voir.
Quelques instants plus tard, la petite Jacinthe, voyant que sa cousine regardait Notre-Dame sans oser lui parler, dit : « Parle-lui donc ! Tu vois bien qu’Elle est déjà là ! ». Lucie se décida donc :

« Que veut de moi Votre Grâce ? » / « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient ; que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule pourra vous secourir » / « Je voudrais Vous demander de nous dire qui Vous êtes, et de faire un miracle afin que tout le monde croit que Votre Grâce nous apparaît ». / « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je vous dirai qui Je suis, ce que Je veux, et Je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice :

« Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation pour les péchés commis contre le Coeur Immaculé de Marie » »

Disant ces paroles, Elle ouvrit les mains. Le reflet de la lumière qui s’en dégageait parut pénétrer la terre. Les enfants virent alors comme un océan de feu, où étaient plongés les démons et les âmes des damnés. Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou presque, ayant formes humaines. Elles flottaient dans cet océan de fumée. Les cris et les gémissements de douleur et de désespoir horrifiaient et étaient effrayantes !

Les démons se distinguaient des âmes des damnés par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs charbons embrasés.

Effrayés, et comme pour demander secours, les enfants levèrent les yeux vers Notre-Dame qui dit : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion de mon Coeur Immaculé. Si l’on fait ce que Je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix. La guerre va finir, mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI commencera une pire encore. Quand vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne qu’Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Eglise et le Saint-Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin mon Coeur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi, etc. Cela, ne le dites à personne, sauf à François ».

Notre-Dame ajouta : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque Mystères :

« Ô mon Jésus, Pardonnez-nous, Sauvez-nous du feu de l’enfer, Attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. » »

Après un instant de silence, Notre-Dame s’éleva en direction du Levant. On entendit à cet instant comme un grand coup de tonnerre, avec un fort vent. Lucie dit : « Elle s’en va !… Elle s’en va ! », puis Elle disparut.

13 août 1917 – Les enfants en prison !

Non loin du lieu des événements se trouvait un homme très anticlérical. Il était administrateur du canton de Vila Nova de Ourem, dont dépendait la ville de Fatima. Ferblantier de métier, Artur de Oliveira Santos, ne brillait pas par sa culture. Très jeune, il s’intéressa à la politique et avait créé un petit journal local : « la voix de Ourem », avant de prendre en main l’affaire familiale : « la ferblanterie du progrès », héritée de son père.

Membre d’une Loge maçonnique, il cumula trois mandats (administrateur du canton, Président de la Chambre municipale, et Substitut du Juge cantonal) et était, à ce titre, la personnalité la plus redoutée du canton. Suite à l’enthousiasme de la foule et à l’annonce du grand secret promis par Notre-Dame, la presse et le pouvoir politique, dont Oliveira Santos était le représentant dans le canton, ne pouvaient rester indifférents à cette affaire. Quelles explications donnerait-il à ses compagnons de la Loge si le territoire dont il est l’administrateur devenait le berceau de ce que la franc maçonnerie cherche à détruire par tous les moyens: la religion catholique. Il fallait donc absolument accabler la Sainte Vierge comme les membres du Sanhédrin, à Jérusalem, le firent pour Jésus : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation » (Jean 11,47-48).

Le 10 août, Manuel Marto et Antonio dos Santos reçurent l’ordre de se présenter le lendemain à midi, avec leurs enfants, devant l’administrateur à Vila Nova, ville située à 15 kilomètres de Fatima. Le seul moyen pour y aller était la marche à pied ou à dos d’âne. Aussi, le père de François et Jacinthe décida d’y aller seul pour ne pas imposer une si longue marche aux enfants, alors que le père de Lucie emmena sa fille sur une bourrique (elle en tomba trois fois).

L’administrateur ne savait pas qu’il y avait trois voyants mais un seul. Il demanda pour « le petit », mais apprenant qu’il s’agissait en fait de trois enfants, il se fâcha et réprimanda Monsieur Marto.

Il interrogea Lucie afin de lui faire dire le secret et lui promettre de ne jamais plus retourner à la Cova da Iria, mais la fillette resta muette. L’administrateur menaça alors Lucie, en lui disant qu’il lui ferait avouer le secret, même s’il fallait la tuer pour cela.

La franc-maçonnerie avait donné des ordres pour liquider au plus vite l’affaire de Fatima. Aussi, le 13 août vers 9h00, arrivèrent plusieurs hommes chez la famille Marto et, parmi eux, le ferblantier qui prétendit être là pour pouvoir, lui aussi, voir le miracle. Il demanda nerveusement pour les enfants afin, disait-il, de les emmener en voiture à cheval sur le lieu des apparitions. Sur ces faits, les petits pastoureaux arrivèrent des champs, mais n’arriva pas à ses fins. Alors, il rusa de nouveau et proposa d’aller chez le curé en compagnie des parents, afin d’interroger les enfants. Ils arrivèrent à l’église et à la demande de l’administrateur, l’abbé Ferreira posa des tas de questions aux voyants. À la fin de cette rencontre, l’administrateur obligea les petits à monter dans la voiture. François se mit en avant, et les deux fillettes à l’arrière. Le cheval pris la direction de la Cova da Iria mais, en arrivant sur la route, il changea brusquement de direction vers Vila Nova de Ourem.

Une heure à une heure et demie après, le ferblantier arrivait triomphalement chez lui avec les trois enfants et les enferma dans une chambre en leur disant qu’ils n’en ressortiront qu’après avoir révélé le secret. Sa femme les traita avec bonté et les laissa jouer avec ses propres enfants, se montrant bonne jusqu’au bout avec les innocents petits prisonniers de son terrible mari. De fatigants interrogatoires commencèrent dès le lendemain au bureau du ferblantier, mais sans résultat. C’est alors qu’on les mit dans la prison publique, afin de les obliger à dire publiquement que tout cela n’était que mensonges ! Mais face au mutisme des enfants et au début de révolte de la foule qui ne comprenait pas pourquoi les petits voyants étaient en prison, les autorités décidèrent de les libérer. Le 15 août donc, l’administrateur jugeant la partie définitivement perdue, mettait les enfants dans sa voiture à cheval, et les déposait de nouveau sur le perron de l’habitation du Curé de Fatima.

Néanmoins, le 13 août, à la Cova da Iria, Notre-Dame était venue. Il y avait là dix-huit mille personnes. Un tonnerre se fit entendre, puis le reflet d’une lumière apparut, et aussitôt la foule vit un petit nuage qui plana quelques instants au-dessus du chêne-vert, puis il s’éleva vers le ciel et disparut. Alors apparut un arc en ciel à hauteur d’homme, colorisant toute la nature de belles couleurs. Notre-Dame était donc, visiblement, bien venue ce 13 août 1917.

Lorsqu’ils eurent retrouvé leur liberté, les trois pastoureaux allèrent sur le lieu des apparitions. Ils récitèrent le chapelet en action de grâces devant l’arbuste dont les pèlerins avaient arraché toutes les feuilles du sommet et coupé des branches qu’ils emportaient comme reliques. La nouvelle du retour des enfants après leur emprisonnement fût une grande joie pour leurs parents, ainsi qu’à beaucoup d’autres personnes convaincues de la réalité des faits surnaturels.

La mère de Lucie se faisait malgré tout assez de souci. Sans l’avoir voulu, elle était devenue la dépositaire des offrandes que les pèlerins avaient laissé sur une petite table ornée de fleurs, qu’elle avait placé devant le chêne. En ce 13 août, où beaucoup de gens laissèrent des offrandes, la pauvre femme ne savait que faire de cet argent. Elle voulut alors le confier à une personne sûre, mais ni les parents de Jacinthe et François, ni le curé de la paroisse de Fatima ne l’acceptèrent. Ce dernier lui conseilla cependant de garder cet argent chez elle. Un jour, quatre hommes se présentèrent et lui demandèrent l’argent pour construire une chapelle, prétendaient-ils. Maria dos Santos, très méfiante, refusa. C’est alors qu’elle prit la résolution de se débarrasser de cette lourde charge ; mais comment faire ? Elle eut l’idée de dire à sa fille Lucie d’interroger Notre-Dame pour savoir ce qu’Elle voulait que l’on fasse de l’argent. Lucie promis de lui demander cela lors d’une prochaine apparition de Notre-Dame.

Dimanche 19 août 1917 – Annonce du miracle

En ce dimanche ensoleillé, Lucie et François et son frère Jean, partirent pour faire paître leurs troupeaux. Sur le chemin des Valinhos (les vallons), Lucie commença à remarquer des changements dans l’atmosphère qui précédaient les apparitions : un rafraîchissement subit de la température et une diminution de la lumière solaire, avant l’éclair caractéristique. Soupçonnant que Notre-Dame allait apparaître, Jean alla chercher en hâte sa soeur Jacinthe.

Effectivement, Notre-Dame apparut dans un reflet de lumière, mais attendit la petite Jacinthe avant de se montrer au-dessus du chêne-vert. Alors Notre-Dame dit : – « Je veux que vous continuiez d’aller à la Cova da Iria le 13, et que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle afin que tous croient. S’ils ne vous avaient pas emprisonnés en ville, le miracle aurait été plus connu. Saint Joseph viendra avec l’Enfant-Jésus pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre Dame des Douleurs. »

Lucie demanda quoi faire de tout l’argent que laissaient les gens au pied du chêne-vert à la Cova da Iria. – « Je veux que l’on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles habillées de blanc. L’autre, François le portera avec trois autres garçons comme lui, vêtus d’une aube blanche. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. Ce qui restera sera pour aider à construire une chapelle que l’on fera faire. » – « Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades », demanda Lucie. – « Oui, j’en guérirai certains dans l’année ; puis, prenant un air triste, elle ajouta : « Priez, priez beaucoup et faîtes des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âme vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. » Alors, Elle s’éleva en direction du levant.

Cette apparition doit nous stimuler à la prière, à l’intercession, à l’offrande nous-même pour le salut des pécheurs. N’est-ce pas ce que nous disons au coeur de la Messe : « Pour la Gloire de Dieu et le Salut du monde » !

Avant de reprendre le chemin d’Aljustrel, François et Jacinthe cueillirent un rameau du chêne-vert sur lequel la Vierge Marie venait de poser les pieds. Ils rentraient au hameau, leur précieux rameau à la main, lorsqu’ils rencontrèrent Maria Rosa sur le pas de sa porte, avec d’autres personnes. Tout émue, Jacinthe dit aussitôt à sa tante qu’ils ont vu encore une fois Notre-Dame aux Valinhos, mais la mère de Lucie les traita de menteurs. La petite insista en lui montrant le rameau de chêne-vert qu’elle tenait à la main : « Voyez, ma Tante ! Notre-Dame avait un pied sur cette petite branche et un autre sur celle-ci. » « Donne ! » Jacinthe lui remit le rameau, et Maria Rosa le porta à son nez. Elle s’étonnait de ce parfum délicat, inconnu dans la région. Tous voulurent sentir aussi le rameau, et tous trouvèrent l’odeur très agréable. Elle mit le rameau sur la table, en disant qu’elle trouverait bien quelqu’un qui saura lui dire quelle est cette odeur ; mais, le soir, le rameau avait disparu. C’était tout simplement Jacinthe qui l’avait repris pour le montrer à son père, le soir, dès son retour des champs. Jacinthe arriva toute joyeuse avec un rameau à la main, et dit à son papa que Notre-Dame était apparue de nouveau aux Valinhos. Au moment où elle entrait, un parfum extraordinaire embauma la pièce. Il avançait la main vers le rameau en demandant à sa fille qu’est-ce que ce rameau. Il le sentit, mais le parfum avait disparu.

Au vu de ces preuves, Ti Marto croyait de plus en plus fermement aux apparitions ; Sans doute Olimpia y croyait-elle aussi, mais sans oser encore se l’avouer à elle-même. La mère de Lucie commença au cours de ce mois à retrouver un peu plus de paix, et bien que n’y croyant pas encore, elle commença à être ébranlée. Antonio, le père de Lucie, lui aussi, commença à être moins opposé à sa fille.

Deux ans après cette apparition, une femme du voisinage, Maria Carreira, du hameau de La Moita, voyant la passivité du clergé devant le désir exprimé par Notre-Dame, prit sur elle de faire bâtir la petite chapelle, à laquelle elle devait consacrer sa vie, en même temps que son fils Joao (Jean), le miraculé de la seconde apparition. Le peuple donna à cette sainte femme le surnom de Maria de la Capelinha..

Apparition du 13 septembre 1917
Annonce de la bénédiction du monde

Les trois petits bergers attendaient avec impatience le 13 septembre, afin de contempler, une fois de plus, Notre-Dame. Sa visite leur était d’autant plus précieuse que des souffrances et des luttes pénibles mettaient de plus en plus à l’épreuve leur patience, déjà héroïque. En effet, le mépris qu’ils rencontraient de la part des gens du hameau — certains ne se gênaient pas pour battre Lucie — les humiliait profondément. L’attitude, sinon hostile, du moins indifférente, du curé de la paroisse et des autres prêtres des environs, était une torture pour leurs âmes délicates. Le nombre de gens qui croyaient aux apparitions augmentait cependant d’une manière extraordinaire. Après les prodiges constatés à la Cova da Iria, le 13 août, par une grande foule venue de partout, après le courage surhumain montré par les enfants devant le terrible Administrateur, les personnes de bonne foi pouvaient difficilement douter de la sincérité des voyants, et, par conséquent, de la réalité des apparitions.

Ce 13 septembre sont rassemblés à la Cova da Iria, entre 25 000 et 30 000 personnes, afin de voir la sainte Apparition. Dès l’aube, tous les chemins des environs de Fatima étaient remplis de monde. La plupart des pèlerins récitaient pieusement leur chapelet. Un témoin oculaire a écrit : « C’était un pèlerinage vraiment digne de ce nom, dont la vue seule faisait pleurer d’émotion. Jamais il ne m’avait été donné de voir, durant toute ma vie, une telle manifestation de foi… Sur le lieu des Apparitions, les hommes se découvraient. Presque tout le monde se mettait à genoux, et priait avec ferveur… » Au milieu de la foule des pèlerins, il y avait, cette fois, quelques prêtres, et un certain nombre de séminaristes. A midi, heure solaire, certaines personnes virent quelque chose dans ce ciel bleu sans nuage : un globe lumineux, se déplaçant du Levant vers le couchant, et glissant lentement dans l’espace ; puis il disparut quelques secondes. De nouveau, il réapparut et cette fois il se dirigea vers le chêne-vert. La lumière du jour diminua à cet instant.

Notre-Dame, répondant à Lucie, dit :
« Continuez à dire le chapelet afin d’obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre Seigneur viendra, ainsi que Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l’Enfant-Jésus ; Il bénira le monde. »

Pour la conversion des pécheurs, les petits pastoureaux s’étaient mis une corde autour des reins, qu’ils portaient jour et nuit, ce qui les faisaient souffrir, mais Notre-Dame leur dit :
« Dieu est satisfait de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour. »

A une demande de guérison pour une petite fille sourde et muette, Notre-Dame répondit : « D’ici un an, elle se trouvera mieux. » Puis, à d’autres demandes Elle dit : « Je guérirai les uns, mais les autres non, parce que Notre Seigneur ne se fie pas à eux. »

Lucie lui proposa d’accepter deux lettres et un petit flacon d’eau de senteur qui lui avaient été donnés par un homme d’une paroisse voisine, mais Notre-Dame répondit : « Cela ne convient pas pour le Ciel. En octobre, je ferai le miracle, pour que tous croient » Alors Elle commença à s’élever et disparut comme les fois précédentes.

Il y eut un prêtre qui suivit de près les évènements et qui se trouvait sur le lieu de l’Apparition ce 13 septembre. Grâce à sa prudence et à sa délicatesse, accompagnée d’un réel souci d’information rigoureuse, il sut gagner la confiance des voyants et de leurs parents. C’était le Chanoine de Lisbonne : Manuel Nunes Formigão, alors professeur au séminaire et au lycée de Santarém († le 30 janvier 1958 à Fatima). Sa première impression ne fut pas très encourageante. Il était resté sur la route, à 200 mètres de distance, et avait seulement remarqué, à un moment donné, une diminution de la lumière du soleil, qu’il avait attribuée à une cause purement accidentelle. Pour cette raison, il gardait une certaine réserve, toutefois bienveillante, étant donné l’excellente impression que lui avaient causée les enfants. Le 27 septembre, il revint à Fatima pour interroger les petits bergers, afin d’être à même de fonder un jugement, aussi objectif que possible, sur les évènements.

Quelle fut l’impression du Chanoine Formigão, à la suite des interrogatoires prolongés auxquels il avait soumis les trois enfants ? Une ferme conviction de leur absolue sincérité, conviction qui n’excluait pas quelques doutes.

Pour dissiper ses derniers doutes, le Chanoine résolut d’aller à Fatima interroger de nouveau les enfants, avant le 13 du mois d’octobre, jour où l’on espérait le grand miracle promis par l’Apparition. Une fois de plus, la simplicité des réponses des enfants avait convaincu le Chanoine Formigão de leur sincérité et il avait hâte de voir arriver le 13 octobre, qui devait définitivement établir le caractère surnaturel des évènements de
Fatima.

Apparition du 13 octobre 1917
Le miracle annoncé

Ce 13 octobre, malgré la pluie, la foule était au nombre de 50 000 à 60 000 personnes ! Certains étaient venus de très loin pour assister à l’Apparition promise. Parmi cette masse, des incroyants étaient eux aussi là, prêt à intervenir dans le cas où il ne se passerait pas le miracle annoncé par Notre-Dame, les mois précédents.

Pour la première fois, la mère de Lucie pensa au drame qui pourrait survenir si le miracle du Ciel ne se produirait pas, tandis que les parents de François et de Jacinthe, eux, avaient une grande confiance sur les promesses de la Sainte Vierge ; quant aux enfants, ils ne se troublaient pas du tout devant une si imposante foule.

Pour réciter le chapelet la foule ferma les parapluies, malgré la pluie, et, dans la boue, les fidèles s’agenouillèrent. Il était déjà 13h30 et certains incroyants commençaient à exciter les gens parce que le miracle était annoncé pour midi. Pourtant, la Sainte Vierge était à l’heure ! En effet, le gouvernement de l’époque, en pleine première guerre mondiale, avait imposé au pays une heure légale qui avançait de 90 minutes sur l’heure solaire ; mais le Ciel n’a que faire de l’heure des hommes !… à l’heure du soleil il était bien midi et, regardant du côté du Levant, la petite Lucie vit la lumière qui précède chaque Apparition ; et, en effet, Notre-Dame apparut du dessus du chêne-vert. S’adressant à
Lucie, Elle lui dit :

« Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. »

Là encore, de nombreuses demandes de guérison étaient demandé à Notre-Dame. « Les uns guérirons, les autres non, car il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés. [et prenant un air plus triste] : Il faut cesser d’offenser davantage Dieu Notre Seigneur, car Il est déjà trop offensé », dit Notre-Dame.

Pendant qu’Elle s’entretenait avec la petite voyante, la foule vit par trois fois se former autour du chêne une nuée, qui, ensuite, s’éleva dans l’air pour finalement disparaître.

Interrogée le jour même de ce 13 octobre 1917 par l’abbé Formigão, la petite Lucie dit que « Notre-Dame a demandé de réciter le chapelet, de nous corriger de nos péchés, demander pardon à notre Seigneur, mais n’a pas parlé de pénitence. »

Pendant que Notre-Dame s’élevait, le reflet de la lumière qui se dégageait d’Elle se projeta sur le soleil. C’est à ce moment que la foule put contempler la danse du soleil : la pluie cessa soudainement et les nuages se dispersèrent brusquement, laissant apparaître un ciel clair. La foule put alors regarder directement le soleil sans risque de se brûler les yeux ni sans être aucunement incommodé. Devant ce si grand miracle, défiant toutes les lois de la nature, il y avait un grand silence. L’astre se mit à trembler avec des mouvements brusques, puis il tourna sur lui-même à une vitesse vertigineuse, en lançant des gerbes de lumière de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Il semblait s’approcher de la terre, au point que la foule s’en inquiéta. En effet, le soleil, conservant son mouvement rapide de rotation, paraissait brusquement se détacher du ciel et avancer en zigzaguant sur la foule. Ce fut un instant si terrible que plusieurs personnes s’évanouirent, mais finalement il s’arrêta au grand soulagement de tous.

À la stupéfaction générale, la foule put constater que leurs vêtements, trempés par la pluie quelques minutes auparavant, étaient complètement secs !

Ce phénomène qu’aucun observatoire astronomique n’a enregistré, et qui n’a pu être, par conséquent, un phénomène naturel, des personnes de toutes les conditions et de toutes classes sociales l’ont constaté, des incroyants comme des croyants. Les journalistes des principaux quotidiens du Portugal l’ont vu et raconté. Même des personnes qui se trouvaient à plusieurs kilomètres de Fatima en ont été témoins.

Pendant les dix minutes où la foule contemplait ce miracle cosmique, les trois petits voyants purent admirer, près du soleil, trois tableaux successifs :

LA VISION DE LA SAINTE FAMILLE : À côté du soleil apparut saint Joseph avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus bénissent le monde, avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de Croix.

LA VISION DE NOTRE-DAME DES DOULEURS : Après la première vision ci-dessus, les enfants virent Jésus et Notre-Dame des 7 Douleurs. Jésus bénit le monde. Le Seigneur ne veut pas nous terroriser. Comme dans l’Évangile, il cherche à nous garder éveillés : « Veillez et priez ! » Sa Mère, à qui Il nous a confiés sur la Croix, nous accompagne : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

LA VISION DE NOTRE-DAME DU MONT-CARMEL : Dans cette dernière vision, Notre-Dame apparut seule sous l’aspect de Notre-Dame du Carmel.

Lucie seule vit la seconde et la dernière vision, tandis que François et Jacinthe n’eurent le privilège de n’apercevoir que la vision de la Sainte Famille.

Ce fut la dernière fois que Notre-Dame apparut à la Cova da Iria, laissant les preuves irréfutables de Son existence. Bien sûr, cet événement parut dans la presse.

Dans son cahier de souvenirs, soeur Lucie (alors soeur Marie de Jésus) avait ajouté des remarques qui s’adressent à nous tous : « En cette apparition, les paroles qui restèrent le plus profondément ancrées dans mon coeur furent celles par lesquelles notre sainte Mère du Ciel suppliait les hommes de ne plus peiner Notre Seigneur trop offensé. Quelle amoureuse plainte elles contiennent et quelle supplication ! Oh ! que je voudrais qu’elles résonnent dans le monde entier et que tous les enfants de la Mère céleste écoutent sa voix ! ». A un autre endroit, elle nous dit que lorsqu’elle parlait de cette dernière visite céleste avec ses cousins, ils ne pouvaient retenir leurs larmes en se rappelant la tristesse du visage de l’apparition quand elle avait prononcé ces paroles.

 

Centenaire des apparitions de la Bienheureuse Vierge Marie
à la Cova da Iria (12-13 mai 2017)
HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE A L’OCCASION DE LA MESSE DE CANONISATION DE FRANCISCO ET JACINTA MARTO

 

« Apparut dans le ciel une femme ayant le soleil pour manteau » atteste le voyant de Patmos dans l’Apocalypse (12,1), faisant aussi observer qu’elle est sur le point de donner naissance à un fils. Puis, dans l’Evangile, nous avons entendu Jésus dire au disciple : « Voici ta mère » (Jn 19, 26-27). Nous avons une Mère ! Une “Dame très belle“, comme disaient entre eux les voyants de Fatima sur la route de la maison, en ce jour béni du 13 mai, il y a cent ans.

Et, le soir, Jacinthe ne réussit pas à se retenir, et elle révèle le secret à sa maman : « Aujourd’hui j’ai vu la Vierge ». Ils avaient vu la Mère du ciel. Le regard d’un grand nombre s’est dirigé dans la direction que suivaient leurs yeux, mais… ils ne l’ont pas vue. La Vierge Mère n’est pas venue ici pour que nous la voyions : pour cela nous aurons toute l’éternité, si nous allons au ciel, bien entendu.

Mais elle, présageant et nous mettant en garde contre le risque de l’enfer où mène la vie – souvent proposée et imposée – sans Dieu et qui profane Dieu dans ses créatures, elle est venue nous rappeler la lumière de Dieu qui demeure en nous et qui nous couvre, car, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, « l’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu » (Ap 12, 5). Et, selon les paroles de Lucie, les trois privilégiés se trouvaient dans la lumière de Dieu qui rayonnait de la Vierge. Elle les enveloppait dans le manteau de lumière que Dieu lui avait donné.

Comme le croient et le sentent de nombreux pèlerins, si non tous, Fatima est surtout ce manteau de lumière qui nous couvre, ici comme partout ailleurs sur la terre quand nous nous réfugions sous la protection de la Vierge Marie pour lui demander, comme l’enseigne le Salve Regina, “montre-nous Jésus”.

Chers pèlerins, nous avons une Mère, nous avons une Mère! Cramponnés à elle comme des enfants, vivons de l’espérance fondée sur Jésus, car, comme nous l’avons entendu dans la seconde lecture, à cause de Jésus-Christ, et de lui seul, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes régneront dans la vie (cf. Rm 5,17).

Quand Jésus est monté au ciel, il a apporté auprès du Père céleste l’humanité – notre humanité – qu’il avait assumée dans le sein de la Vierge Mère ; et il ne s’en séparera jamais plus. Fixons notre espérance, comme une ancre, dans cette humanité placée dans le ciel à la droite du Père (cf. Ep 2,6). Que cette espérance soit le levier de la vie de chacun de nous ! Une espérance qui nous soutient toujours, jusqu’au dernier souffle.

Forts de cette espérance, nous sommes réunis ici pour remercier des innombrables bienfaits que le Ciel a accordés au cours de ces cent années, passées sous ce manteau de lumière que la Vierge, à partir de ce Portugal porteur d’espérance, a étendue aux quatre coins de la terre. Nous avons comme exemples devant nos yeux saint François Marto et sainte Jacinthe, que la Vierge Marie a introduits dans la mer immense de la lumière de Dieu et y a conduits pour l’adorer. De là leur venait la force de surmonter les contrariétés et les souffrances. La présence divine devint constante dans leur vie, comme cela se manifeste clairement par la prière insistante pour les pécheurs et par le désir permanent de rester près de “Jésus caché” dans le Tabernacle.

Dans ses Mémoires (III, n. 6), Sœur Lucie donne la parole à Jacinthe qui venait d’avoir une vision : « Ne vois-tu pas beaucoup de routes, beaucoup sentiers et de champs pleins de gens qui souffrent de faim et qui n’ont rien à manger ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie en prière ? Et beaucoup de monde en prière avec lui ? ». Merci frères et sœurs, de m’accompagner ! Je ne pouvais pas ne pas venir ici pour vénérer la Vierge Mère et lui confier ses fils et ses filles. Sous son manteau ils ne se perdent pas ; de ses bras viendront l’espérance et la paix dont ils ont besoin, et que je demande pour tous mes frères dans le baptême et en humanité, en particulier pour les malades et les personnes avec handicap, pour les détenus et les chômeurs, pour les pauvres et les personnes abandonnées. Chers frères, prions Dieu dans l’espérance que les hommes nous écoutent ; et adressons-nous aux hommes avec la certitude que Dieu nous porte secours.

 

En effet, il nous a créés comme une espérance pour les autres, une espérance réelle et réalisable selon l’état de vie de chacun. En “demandant” et “exigeant” de chacun de nous l’accomplissement de son devoir d’état (Lettre de Sœur Lucie, 28 février 1943), le ciel déclenchait une vraie mobilisation générale contre cette indifférence qui nous gèle le cœur et aggrave notre myopie. Nous ne voulons pas être une espérance avortée ! La vie ne peut survivre que grâce à la générosité d’une autre vie. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24), a dit et fait le Seigneur qui nous précède toujours. Quand nous passons par quelque croix, il y est déjà passé en premier. Ainsi nous ne montons pas sur la croix pour trouver Jésus ; mais c’est lui qui s’est humilié et qui est descendu jusqu’à la croix pour nous trouver et, en nous, vaincre les ténèbres du mal et nous reconduire à la lumière.

 

Sous la protection de Marie, nous sommes, dans le monde, des sentinelles du matin qui savent contempler le vrai visage de Jésus Sauveur, celui qui brille à Pâques, et redécouvrir le visage jeune et beau de l’Eglise, qui resplendit quand elle est missionnaire, accueillante, libre, fidèle, pauvre en moyens et riche d’amour.