« Nos pensées sont entachées d’égoïsme, de jalousie ou d’ambition, tandis que celles de Dieu sont toujours débordantes de sa bonté. »

«Vingt-Cinquième Dimanche du Temps Ordinaire»

St Matthieu 06, 1–16

 

Que penser d’une entreprise où ceux qui travailleraient à temps partiel gagneraient autant que ceux qui seraient occupés à plein temps ? Et que dire d’un tour de France où lanterne rouge ne recevrait pas moins que le maillot jaune ? Ou d’un mille mètres où le dernier obtient lui aussi une médaille d’or ? Absurde ! C’est fou ! Ce serait un monde à l’envers ! C’est pourtant la conclusion qu’on pourrait, première vue, tirer de cette petite histoire. Mais, depuis que nous découvrons l’évangile, nous savons qu’une invraisemblance apparente nous invite à aller plus loin, à creuser plus profondément. Au vrai, de quoi s’agit-il ?

 

Le patron, personnage central de la parabole, adopte une double conduite. Il observe la justice à l’égard des premiers embauchés en leur promettant un denier, une pièce d’argent, ce qui est un juste salaire pour une journée de travail. Le premier devoir, c’est d’être juste. Sans justice, rien de solide et de vrai ne peut être construit. Aux hommes qu’il a recrutés pour sa vigne, le propriétaire a versé une rétribution tout à fait correcte.

 

Mais tout devient étonnant lorsque nous le voyons remettre aux derniers une somme dont la part de salaire est faible. Le reste, la plus grande part, c’est du don pur et simple, de la générosité, de la bonté.

 

Le propriétaire de la vigne obéit à deux logiques : la logique de la raison, et c’est la justice ; la logique du cœur, est c’est le don. Toutes deux sont nécessaires. Il faut être juste. Mais, tout autant il faut être bon. Il faut laisser parler sa tête autant que son cœur.

Et tout ceci nous permet de commencer à répondre à l’appel du prophète : « Cherchez Dieu », nous disait Isaïe dans la première lecture. Dieu ne règle pas sa conduite sur une justice purement humaine. Il aime aussi les derniers venus, les retardataires, les sans mérites.

 

Sommes-nous des ouvriers de l’aube ou des ouvriers de la 11e heure ? Qui peut se vanter d’avoir toujours été fidèle ? L’important, c’est que nous reconnaissions Dieu comme celui qui le premier nous a aimés. « Ses pesées sont au-dessus de nos pensées ». Nous pensées sont entachées d’égoïsme, de jalousie ou d’ambition, tandis que celles de Dieu sont toujours débordantes de sa bonté. Si nous voulons trouver Dieu, il faut nous laisser faire par lui qui nous apprend à être à la fois rigoureusement justes et gratuitement bons.

 

« Pour moi vivre, c’est le Christ ! » Admirable cri de St Paul ! D’une certaine façon, il ne cherche plus, car il a trouvé Dieu en Jésus Christ. Pourtant il hésite à devoir quitter ce monde, à cause du souci qu’il se fait pour ses frères. La meilleure manière de trouver Dieu, c’est encore la charité fraternelle. « Cherchez Dieu », oui, mais sans oublier que nous le trouverons d’autant mieux que nous serons comme lui ouverts et à la justice et à la miséricorde.