Paroisse Pont-de-Veyle

La force du pardon.

 

Connaissez-vous ce film américain de John Kent Harrisson ? C’est l’histoire de Bruce Murakami qui a perdu sa femme et sa fille dans un tragique accident de voiture. Il est prêt à tout pour découvrir ce qui s’est exactement passé. Il découvre alors qu’elles ont été les victimes d’un jeune chauffard de 17 ans, Justin Gutierrez. Bruce n’a plus qu’un seul souhait : le voir derrière les barreaux. Lorsque le procès s’ouvre, sa tristesse et sa colère laissent soudain la place à une certaine sérénité. Malgré les objections de ses fils, Brody et Josh, il trouve la force de dialoguer avec le jeune homme… la suite de l’histoire ? Il faut voir le film !! Peut-être même que « ciné-Catho » de notre paroisse peut le proposer à l’avenir ! Je laisse aux organisateurs le soin de la programmation !

 

Que vous l’ayez vu ou pas, la question sous-jacente à ce scénario est celle du Pardon. Un thème qui fait écho à l’Evangile que nous entendons ce dimanche : « combien de fois dois-je lui pardonner ? » s’interroge Saint Pierre. Et le Seigneur lui répond : «… jusqu’à 70 fois sept fois ». Autrement dit, nous sommes invités au Pardon à l’infini. Bien difficile exercice me direz-vous ! Il l’est pour vous comme il l’est pour moi, si cela peut vous rassurer. Pour autant, si Jésus nous y invite, c’est qu’il sait que cela est bon pour nous, et que nous en sommes capables si nous Lui demandons son aide !

 

« Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur est passé maître » dit l’auteur du livre de Ben Sirac le Sage. Nous conseillons régulièrement aux couples qui se préparent au mariage de ne jamais se coucher sur une colère mais, autant que faire se peut, d’amorcer au minimum une ébauche de pardon avant le repos de la nuit. La rancune et la colère sont nocives à la santé morale, psychologique, physique et spirituelle. Chose « abominable » dit Ben Sirac !

 

Commençant une nouvelle année que nous voulons être celle de la Charité dans notre paroisse, nous pouvons peut-être nous interroger : Dans notre communauté paroissiale, existe-t-il des tensions ? Y-a-t-il des pardons que nous n’avons pas donnés ? La rancune habite-t-elle tel ou tel esprit ? Entrave-t-elle telle ou telle relation personnelle ? Sommes-nous en colère contre une personne en particulier ? Contre notre Curé, peut-être ? Existe-t-il des jalousies entre les villages ?  Ce qui peut être vrai dans une paroisse, peut l’être aussi dans la famille : combien de tensions qui perdurent avec les générations ?  Ce peut être le cas aussi dans les associations, les mouvements, les cours d’école, de collège et de fac. Souvent nous pleurons, à raison, des crises et conflits dans le monde, mais avons-nous réalisé que la paix doit commencer à se faire à notre porte ?

 

Si nous considérions, objectivement, combien de fois Dieu nous pardonne-t-il alors que nous tombons régulièrement dans les mêmes travers ? Aussi souvent que nécessaire, c’est-à-dire beaucoup. Il suffit que nous nous présentions à Lui dans le Sacrement de Réconciliation avec un cœur contrit. Le péché est contagieux, certes, mais le Pardon, lui, doit l’être bien d’avantage. Les exemples de Pardon autour de nous ne manquent pas. Il y a les grands pardons qui sont médiatisés comme ceux de Saint Jean-Paul II pardonnant, dans la prison de Rome, à celui qui a voulu l’assassiner. Il y a aussi tous ces grands pardons qui sont donnés discrètement au dernier souffle d’une personne par exemple. Mais encore, car rien n’est indifférent aux yeux de Dieu, ces petits pardons donnés sur la cour d’école pour un malheureux jeu de billes qui a mal tourné !

 

Au seuil cette année de la charité, je vous invite alors à une grande lessive. Relevons le défi dans les jours qui viennent de « pardonner à ceux qui nous ont offensé » comme nous y invite la prière de Jésus. Cette semaine, mettons un terme à une relation difficile avec tel ou tel. Enclenchons le processus de paix avec cette personne à qui j’en veux depuis des années, cet oncle qui me contrarie par ses propos, ce curé qui m’agace par ses homélies, mon enfant qui ne prend pas le bon chemin, mon époux (ou épouse) qui ne prend pas sa place de père ou de mère… Et en complément, venons recevoir le Pardon sacramentel de Dieu pour cette colère et cette rancune qui m’habitent.  Souvenons-nous : Nous visons la Sainteté !          

 

Votre Curé, Père Olivier BARNAY +