Paroisse Oyonnax

Commentaire sur l’Evangile de ce dimanche (24/09/17) :

La parabole des ouvriers embauchés à la vigne n’a pas pour but de régler les problèmes actuels de salaires !Jésus nous présente un portrait de Dieu, un Dieu dont les pensées ne sont pas les nôtres comme le dit le prophète Isaïe, un Dieu qui a la liberté d’être bon et ne mesure pas les êtres avec nos instruments de mesure.

 

Dans le judaïsme, on racontait une parabole proche de celle-ci : Dans son éloge funèbre de Rabbi Bun, mort prématurément en 325, Rabbi Zeera disait : « À quoi Rabbi Bun, fils de Rabbi Hiyah, est-il semblable ? À un roi qui avait engagé beaucoup d’ouvriers, et l’un de ces ouvriers était, dans son travail, plus diligent que nécessaire. Que fit le roi ? Il le prit comme compagnon pour se promener ça et là. Le soir venu, les ouvriers vinrent recevoir leur salaire, et il le paya autant qu’eux. Les ouvriers se plaignirent et dirent : ‘Nous avons travaillé toute la journée, et il a reçu le même salaire que nous’. Le roi répondit : ‘Cet homme a fait plus en deux heures que vous durant toute la journée’. Ainsi également, Rabbi Bun a fait plus pour la Loi en vingt-huit ans qu’un maître réputé n’est capable n’est capable d’en faire en cent ans. »

 

Rien de tel dans la parabole de Jésus : il n’y a pas de préséance. Celui qui a découvert la foi à 70 ans n’est pas défavorisé par rapport à ceux qui sont croyants depuis leur naissance. L’histoire du bon larron à la mort de Jésus en est une bonne illustration. Il s’agit donc d’une bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour rejoindre les ouvriers envoyés à la vigne. En même temps, l’avertissement est clair pour les chrétiens de longue date : ils n’ont pas à se considérer comme ayant des droits sur Dieu et des prérogatives sur les nouveaux convertis.

 

François Brossier