St Thomas d’AQUIN

Thomas d’Aquin est avant tous un théologien: son objet principale est de soulever un coin du voile métaphysique (Science de l’être en tant qu’être)  qui cache Dieu à notre existence humaine. Dieu est présent dans l’ensemble de l’oeuvre de Thomas d’Aquin: en métaphysique (comme créateur, premier moteur etc….) en morale ( en tant que principe et fin de l’homme), en théologie morale ( en tant que dispensateur de l’Esprit Saint), etc…Dieu est identifié (et c’est novateur), à l’être et non plus au bien, comme chez Augustin d’Hippone (né 354 et mort en 430 philosophe et théologien chrétien). C’est une interprétation onto-théologique de Dieu qui repose sur l’analyse profonde de « Je suis Celui qui Est » de l’Exode. La méthode de la théologie développée par Thomas d’Aquin est une théologie dite négative, car elle progresse par mode de privation. La méthode sera ainsi la suivante: Dieu est infini parce qu’il n’est pas fini, il est bon parce qu’il n’est pas mauvais, etc…

 

Epoque Médiévale et la question sur l’Existence de Dieu:
Thomas d’Aquin et la Controverse sur l’Existence de Dieu:
La méthode pour remonter à Dieu par la raison en trois points:
Les cinq voies de Saint Thomas d’Aquin: La raison nous dit quelque chose sur Dieu:
 
Epoque Médiévale et la question sur l’Existence de Dieu:
                        Alors qu’au XIII Siècle en Europe, l’environnement est entièrement chrétien, que l’existence de Dieu repose sur la foi et que Thomas d’Aquin s’adresse à des théologiens, il entreprend de démontrer l’existence de Dieu selon 5 voies. Thomas d’Aquin ne cherche pas tant à prouver l’existence de Dieu qu’à trouver les conditions de possibilités qu’à l’homme pour remonter à Dieu par les forces de sa raison.
 
Thomas d’Aquin et la Controverse sur l’Existence de Dieu:
                         Selon Thomas, qui s’oppose à Bonaventure, l’existence de Dieu n’est pas une évidence: ce n’est pas une idée innée que tout homme à en lui et que la simple réflexion fait découvrir (contrairement à l’argument ontologique que Descarte développera) Thomas d’Aquin est aristotélicien: nous n’avons pas de notion naturelle d’un être infini. Dieu n’est pas connaissable « en soi » ou en lui-même (in se), mais seulement « pour soi » (per se), c’est à dire qu’on ne peut connaitre de Dieu que ce qu’Il est pour nous, non ce qu’Il est en Lui-même. Contrairement à ceux qui pensent que Dieu est évident par Lui-même, Thomas d’Aquin fonde ce problème sur une méthode différente, car il va de l’existence à l’essence, et il pense qu’il faut se fonder sur des raisons de croire.
                           nous pouvons cependant reconnaître que Dieu est par la « lumière naturelle », c’est à dire par la raison. Nous ne sommes pas encore dans la véritable théologie; Que Dieu est, c’est ce que montre la philosophie naturelle. Thomas reprend ainsi cinq voies de raisonnement qui partent du réel existant pour démontrer les arguments rationnels de l’existence de Dieu. De plus, dans ces trois manières de connaître dieu, il dit qu’on connaît plutôt le créé que l’incréé lui-même. Ainsi, par exemple, on ne saurait affirmer avec notre seule raison que Dieu est créateur en Lui-même, mais qu’Il est créateur par apport à nous en tant que nous sommes créés.
La méthode pour remonter à Dieu par la raison en trois points:
  • Par la causalité (il est cause de ce monde)
  • Par mode de négation ( c’est à dire en niant en lui ce qui est limite en nous (par exemple: Dieu n’st pas matériel, mortel, localité, etc….
  • Par mode d’éminence, en affirmant qu’il existe en Lui éminemment ce qui est qualificatif en nous: Dieu est amour, intelligence, puissance
Les cinq voies de Saint Thomas d’Aquin: La raison nous dit quelque chose sur Dieu:
  • Voie du mouvement:

               Elle est fondée sur « l’observation du mouvement des êtres dans le monde ». Le mouvement est causé par un autre être qui joue le rôle de moteur ou d’agent du changement, celui ci à son tour est mû par un autre, mais on ne saurait remonter à l’infini dans la série des mouvements, car alors on ne pourrait assigner un commencement (fini) au mouvement. Mais si éternellement rien ne se meut, éternellement rien ne se mouvra et il n’y aurait pas de mouvement. Il faut donc poser l’existence d’un « Moteur Premier » non mû seul à même d’expliquer le mouvement, qui tous reconnaissent comme Dieu.

  • Voie des causes:

            Elle est fondée sur la notion et la réalité de cause. Tout être ou toute modification d’être advient comme l’effet d’un être antérieur (logique) qui joue à son égard le rôle de cause et qui est lui-même l’effet d’un autre et ainsi de suite….toutefois, on peut aller à l’infini dans la série des causes, cela signifierait qu’il n’y aurait pas de commencement assignable et donc pas de suite ni de série de causale. El faut donc poser l’existence d’une « Cause Première » incausée  » que tous appellent Dieu ».

  • Voie de la contingence:

              Elle est fondée sur la distinction de « l’être possible » et de « l’être nécessaire ». On appelle possible un être qui peut exister mais qui n’existera jamais s’il n’est pas produit par une cause; on appelle nécessaire ce qui n’a pas de cause et, en vertu de sa propre essence, ne peut pas ne pas exister. En fait l’expérience ne nous fait connaître que des êtres dont l’existence dépend de certaines causes: chacun est possible mais leur cause aussi. La série totale des êtres est donc un simple possible: si les possibles existent, c’est qu’existe aussi un être nécessaire, cause de leur existence. Dans cette troisième voie, Saint Thomas d’Aquin reprend donc à son compte non seulement la distinction entre possible et le nécessaire mais aussi la marche générale de la preuve qui conduit à poser l’existence d’un Etre Nécessaire que tous appellent Dieu.

  • Voie des degrés de perfection:

            « On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble » ( St Thomas d’Aquin) Elle part de la constatation qu’il y a des degrés dans les êtres. En effet, il y a des degrés de beauté, de bonté dans les choses, qui ne s’entendent que par apport au beau, au vrai, au bon en soi. Pour être clair, cette voie peut être mise sous la forme syllogistique (raisonnement logique à deux Propositions) suivante: Des êtres possédant imparfaitement leur perfection la tiennent d’un être qui la possède par soi, ou sont causés par un être qui possède cette perfection dans ce genre (du bon, du vrai, du beau). En conclusion, « il y a donc un être qui est, pour tous les êtres, causes d’être, de bonté et de toute perfection. c’est Lui que nous appelons Dieu. »

  • Voie de l’ordre:

           Elle part de la constatation de « l’ordre du monde ». Elle peut être considérée comme une application de la cause finale d’Aristote. Les divers êtres que nous voyons, les astres, les plantes, les animaux suivent un ordre qui délimite leur place, c’est l’ordre statique ou structurel, et leur mouvement ou évolution, c’est l’ordre dynamique. Il y donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet Etre, c’est Lui que nous appelons tous Dieu.