Paroisse Pont-de-Veyle

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples car je suis doux et humble de Cœur ! »

Homélie à l’occasion du 15ème anniversaire de mon Ordination Sacerdotale

Solennité du Sacré-Cœur de Jésus – 23 juin 2017

Eglise de St André d’Huiriat.

 

Paroles qui résonnent au plus profond du cœur en cet anniversaire d’ordination Sacerdotale.

Paroles de l’Evêque à la remise du Calice et de la patène : « Recevez l’offrande du Peuple Saint pour la présenter au Seigneur. Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites, et conformez-vous au mystère de la Croix du Seigneur.

 

 

  • Le Prêtre, configuré au Christ-Prêtre.

 

« Le Sacerdoce c’est l’Amour du Cœur de Jésus …  Quand vous voyez un Prêtre, pensez à notre Seigneur Jésus-Christ… Après Dieu, le Prêtre c’est tout ! » St Curé d’Ars.

Action de grâce ce soir pour l’ordination Sacerdotale avec mes frères Abbé Eric Pouvaloue, Abbé Eric Morin.

Action de grâce pour notre père d’ordination, Mgr Guy-Marie BAGNARD. Reconnaissance et image du Père. Téléphone ce 23 juin au matin.

Action de grâce pour la Messe chaque jour, les Sacrements, le Pardon en particulier, les charges de mon ministère : Vicaire à Bourg-en-Bresse, puis Montluel.

Puis, Curé !!! «Etre Prêtre c’est une joie ! Etre Curé, c’est une épreuve ! » St Curé d’Ars. St Rambert-en-Bugey, Pont de Veyle.

Joie d’être au milieu du monde « le Prêtre ne l’est pas pour lui il l’est pour vous ! »

Joie d’être au cœur de la vie des personnes : moments de joie, de peine, de questions.

Joie d’accompagner les familles Baptêmes, mariages, funérailles.

Joie d’être dans les familles : moments simples et d’amitiés !! Familles, invitez vos Prêtres !

Joie d’être Père spirituel de beaucoup d’entre vous ! Saluts et Bénédictions. Prunelle de mes yeux.

Joie d’accompagner les mouvements. Mon Equipe Notre Dame (15 ans de mariage ensemble cette année !), les Scouts d’Europe (la Dombes libre ! mais aujourd’hui l’alliance mystérieuse avec le Beaujolais !!).

Joie d’accompagner des initiatives personnelles : la GB Lyon, Annecy – l’OSL

Joie simplement chaque matin de revêtir le col romain ou la soutane et ainsi s’habiller du Christ Prêtre.

Un appel : aux jeunes garçons présents aujourd’hui … mon Calice.. à qui ira-t-il ?

 

  • 15 ans : un tournant !

 

Officiellement à 15 ans, on n’est plus jeune Prêtre dans le Diocèse !!

En tous cas différentes prises de conscience et réponse à l’Appel du Seigneur qui se fait plus précise.

Cardinal Pie : Au 19ème, Archevêque de Poitiers. Rome voulait le remercier pour son grand travail en France et au concile Vatican I. C’est à lui, entre autres, que l’on doit la proclamation de l’Infaillibilité pontificaleGiuseppe Sarto, le futur Pie X, s’inspirera de son œuvre. Ses « Œuvres » (lettres pastorales, sermons, homélies, allocutions, etc.) remplissent douze volumes. Il meurt dans sa soixante-cinquième année, le 18 mai 1880, à Angoulême où il était venu prêcher. Il a été inhumé dans la crypte de l’église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers.

Extraits d’une de ses homélies :

«Enfin, ajoute-t-on, il est des faits accomplis dont il faut savoir prendre son parti ; l’esprit moderne ne permet plus d’espérer jamais le triomphe social des principes chrétiens : Il ne faut pas se heurter à des impossibilités. »

Des impossibilités ? Mais c’est dit bien vite. Le divin Sauveur Jésus- Christ a prononcé cet oracle : « Cela est impossible aux hommes, mais tout est possible à Dieu » (Matt., XIX, 26). Et l’épouse de Jésus-Christ, au long de sa carrière (…), a expérimenté souvent l’accomplissement de cette parole.

L’énumération serait longue de ces revirements subits de l’opinion, de ces retours inattendus des choses, de ces interventions manifestes de la Providence, qui ont fait revivre tout à coup, au sein de la société chrétienne, les institutions et les principes dont le rétablissement avait été déclaré impossible. En particulier, quand l’Église s’interroge elle-même aujourd’hui et qu’elle se compare avec les choses de ce temps, elle croit sentir en elle-même une vitalité, une fécondité, une force d’expansion et une richesse d’avenir qu’elle n’aperçoit nulle part ailleurs.

Des impossibilités ? Ah ! ce qui pourrait les créer ici-bas au profit du mal, c’est cette facilité des bons à y croire et à se les exagérer, c’est cette disposition à douter d’eux-mêmes et de la valeur de leurs principes, c’est cette promptitude à rendre les armes à l’ennemi de Dieu et de l’Église. Que dis-je ? C’est cet empressement à proclamer son triomphe lorsqu’il est loin encore d’être définitif. Je veux le dire bien haut: aujourd’hui plus que jamais, la principale force des méchants, c’est la faiblesse des bons, et le nerf du règne de Satan parmi nous, c’est la perte de nerf du christianisme dans les chrétiens.

Il ne faut pas se heurter à des impossibilités, dites-vous ? Et moi je vous réponds que la lutte du chrétien avec l’impossible est une lutte commandée, une lutte nécessaire. Car que dites-vous donc chaque jour : «Notre Père qui êtes dans les cieux, que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive, que Votre Volonté soit faite sur la terre comme au ciel» : Sicut in cœlo et in terra ? Sur la terre comme au ciel, mais c’est impossible ! Oui, c’est impossible ; et cet impossible, il faut travailler ici-bas, chacun selon nos forces, à en obtenir toute la réalisation qui est en notre pouvoir.

Une seule génération ne fait pas tout, et l’éternité sera le complément du temps. Nos pères, les anciens Gaulois, avaient une telle foi dans la vie à venir, qu’il leur arrivait de renvoyer la conclusion de leurs affaires à l’autre monde, et de prêter de l’argent recouvrable après la mort. Ce qu’ils faisaient en païens, sachons le faire en chrétiens. Encore un coup, ce que nous commencerons, d’autres le continueront, et le dénouement final l’achèvera.

Tant de nos aînés dans la Foi se sont heurtés à l’impossible, qu’ils ont péri dans une lutte avec l’impossible ; mais, après eux, d’autres champions ont pris la même cause en main ; et voici que l’ennemi toujours renaissant, contre lequel la chrétienté a bataillé durant près de douze siècles, touche enfin à son agonie. Le mal s’est produit depuis lors, il se produira jusqu’à la fin sous mille formes diverses. Le vaincre entièrement ici-bas, le détruire de fond en comble, et planter sur ses ruines l’étendard désormais inviolable du nom, du règne et de la loi de Dieu, c’est un triomphe définitif qui ne sera donné à aucun de nous, mais que chacun de nous n’en doit pas moins ambitionner avec espérance contre l’espérance même : Contra spem in spem (Rom., iv, 18).   Cardinal Pie

Pourquoi ce long extrait ? Souci depuis le début de mon ministère que la France est un pays Chrétien ! Un géant qu’il faut réveiller ! Un monstre endormi ! Tant de Saints au km carré !  Fêter ses 15 ans le jour du Sacré-Cœur n’est pas anodin et je vois cela comme un signe.

Ainsi, le Sacré-Cœur et la France :

C’est à la France, fille aînée de son Église, qu’Il confia ce que l’on peut appeler la charte divine du règne social du Sacré Cœur.

 

Il le fit dans un message adressé à Louis XIV, par l’entremise de Sainte Marguerite-Marie : « Fais savoir au fils aîné de mon Sacré Cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Cœur adorable. Ce Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards, et gravé dans ses armes pour le rendre victorieux de ses ennemis ».

 

Que signifie le nom de « fils aîné du Sacré Cœur » ?

 

  1. Si la France, dans la personne de son chef, est appelée à être la fille aînée du Sacré Cœur, toutes les autres nations sont appelées, elles aussi, à devenir les filles chéries de ce Cœur adorable.
  2. Ce nom s’adressait non à la personne de Louis XIV mais au gouvernement de la France ; ou plutôt à la nation elle-même personnifiée dans le Roi. Tout le contexte du message indique clairement que Notre Seigneur ne parle point à un individu mais à la nation représentée par son chef.

 

Trois points regardent la France :

  1. a) le Sacré Cœur veut qu’elle soit la première à se soumettre à son règne béni ; b) elle doit user de son influence pour l’étendre à toutes les nations ;
  2. c) si elle répond à l’attente du Cœur de Jésus, elle aura une part spéciale dans les bénédictions que ce divin Cœur a promises.

 

Je comprends aujourd’hui par différents signes, différents événements, que peut-être, le Seigneur m’appelle à être l’instrument de son Salut pour notre Pays. Et pourtant, je m’en sens bien indigne – Jésus à Marguerite-Marie : « je t’ai choisi comme un abîme d’indignité et d’ignorance pour l’accomplissement de ce grand dessein, afin que tout soit fait par moi ».

 

Ce 23 juin 2002, je lance un vibrant appel : Réveillons les racines Chrétiennes de la France ! Mettons-nous tous au travail dans nos vocations propres pour mettre le feu de l’amour du Cœur de JESUS dans notre pays. Faisons feu de tous bois de nos petites questions de clivages : Tradi – charismatique – progressiste… le combat à mener est celui de la Sainteté.

 

Je vous invite à laisser développer vos charismes. Développons les initiatives personnelles. Tant de choses aujourd’hui se mettent en place. Je suis témoin de merveilles qui se développent humblement, pauvrement.  Souvenons-nous que l’Eglise a commencé avec 12 bonhommes tous cabossés les uns et les autres ! nous sommes cabossés, je suis cabossé, vous êtes cabossé !!! je veux être un fou de Dieu, un fêlé de l’amour passionné de son cœur. Voulez-vous frères et sœurs être des perchés de l’Amour Divin ? Ensemble Prêtres, Diacres, laics redonnons à notre terre de France son climat Chrétien.

 

Avec le soutien de la Vierge Marie…

 

« Le Sacré-Cœur de Jésus est un abime d’amour ! si nous sommes dans un abime de privation, ce Cœur Divin est un abime de toute consolation.

 

Si vous êtes dans un abime de miséres, allez les abimer dans celui des miséricordes de cœur adorable

 

Lorsque vous vous trouverez plongé dans un abime de tristesse, allez l’abimer dans celui de la divine joie de ce sacré-Cœur.

 

Si vous vous trouvez dans un abime de crainte, abimez vous dans celui de confiance au sacré- Cœur. » Ste Marguerite-Marie.

 

Vive le Cœur de JESUS !

 

Père Olivier BARNAY +