Paroisse Pont-de-Veyle

Le mot… d’un Chapelain de Paray-le- Monial.

Sacré Coeur Paray Marguerite-Marie Miséricorde

 

Marguerite-Marie Alacoque (1646-1690) est au monastère de la Visitation depuis deux ans et demi lorsqu’une première apparition du Cœur de Jésus le 27 décembre 1673, en la fête de saint Jean, le disciple bien-aimé, va déterminer la vocation de la « confidente et apôtre » du Cœur de Jésus. Dans cette première manifestation, celle qui a été choisie par Jésus comme « instrument pour attirer des cœurs à son amour » reçoit clairement les grandes lignes de la dévotion qu’elle devra propager. Les autres apparitions, surtout celles de 1674 et 1675, viendront les préciser et les développer. L’Amour de l’Eucharistie : La première manifestation du Cœur de Jésus à Marguerite-Marie a été précédée de nombreuses communications du Seigneur à sa disciple. Bien avant qu’elle entre au monastère, il lui a appris lui-même à faire oraison, lui a donné un grand amour pour la sainte Eucharistie, l’a détournée des distractions mondaines, l’a choisie comme épouse et confiée aux soins de la Vierge Marie … Une fois au monastère, il l’a invitée à vivre « la vie d’un Homme Dieu » et l’a revêtue de la « robe d’innocence », il lui a enseigné une stricte obéissance à ses supérieures et depuis le 6 novembre 1672, jour de sa profession religieuse, il l’a gratifiée de sa divine et continuelle présence, tout en lui annonçant une vie marquée par la Croix. Marguerite-Marie a donc une certaine familiarité avec le Sauveur.

 

Et pourtant l’apparition du 27 décembre 1673 va lui apporter une certitude qui la bouleversera : « Il me découvrit les merveilles de son Amour » :

 

 

Au XVII siècle, on communie peu et on adore beaucoup. Depuis sa première communion, préparée chez les Clarisses de Charolles, Marguerite-Marie affectionne cette prière « le plus près possible du tabernacle ». Elle aime passer le plus de temps possible devant le Saint-Sacrement où « son cœur est comme dans son centre ». Ce jour-là, ses occupations lui laissent plus de loisir qu’à l’accoutumée. Elle se trouve « tout investie de la divine présence », au point de ne plus savoir ce qu’elle est ni où elle se trouve. Elle « s’abandonne à ce divin Esprit, livrant son cœur à la force de son amour ». C’est l’extase. Tout mouvement de la créature ayant été rendu impossible, Jésus intervient directement. « Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine, où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son Sacré Cœur, qu’il m’avait toujours tenu cachés, jusqu’alors qu’il me l’ouvrit pour la première fois ». Première découverte éblouie et émerveillée du Cœur de Jésus! Impossible d’en mesurer la longueur, la largeur ou la profondeur ! Impossible d’en parler avec des mots humains : « le souvenir de ces grâces me met hors de moi… L’impression m’en restera toute ma vie ». Cette impression est si forte qu’aucun doute n’est possible sur l’origine de ces grâces.

 

 

« Je t’ai choisie … » Cette révélation des trésors d’amour du Cœur de Jésus, Marguerite-Marie devra la partager. Nous pouvons imaginer la surprise que notre Sainte a dû éprouver en entendant le message de Jésus :  « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen, et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre, et qui contiennent les grâces sanctifiantes et salutaires nécessaires pour les retirer de l’abîme de perdition. Et je t’ai choisie comme un abîme d’indignité et d’ignorance pour l’accomplissement de ce grand dessein afin que tout soit fait par moi ». Jésus sait que Marguerite-Marie, humblement, va objecter son indignité et son ignorance, mais c’est précisément pour cela qu’il a choisi la petite Visitandine inconnue pour en faire son « instrument » … « Je veux que tu me serves d’instrument pour attirer des cœurs à mon amour » . Toujours la même mission, qui ne prendra toute son ampleur que quelque six années plus tard.

 

Jésus manifeste son dessein à Marguerite-Marie : enrichir les hommes des précieux trésors de son Cœur qu’il vient de lui découvrir ; trésors qui contiennent des grâces sanctifiantes et salutaires pour les retirer de l’abîme de perdition. Le grand désir du Cœur de Jésus ne varie pas « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu ».

 

 

Père Gérard Dufour

Chapelain des Sanctuaires de Paray-le-Monial de 1984 à 1993.