Paroisse Ars

Congrès mondial de la Miséricorde à Manille

 

QUE S’EST-IL PASSE A MANILLE ?

 

 

QUELQUES ELEMENTS SUR LE CONGRES MONDIAL DE MANILLE

16-20 janvier 2017

 

 

 

Le Congrès apostolique mondial de la Miséricorde (WACOM en anglais) s’inscrit dans la suite des congrès du Latran (2008), de Cracovie (2011) et de Bogota (2014).

 

L’objectif est de rendre les baptisés toujours « plus conscients et plus motivés par la Miséricorde de Dieu dans toute leur mission », le Visage de la Miséricorde étant le Christ lui-même.

 

 Cette année, à la conclusion de l’Année de la Miséricorde et à l’aube des temps de Miséricorde invoqués par le Pape François, les grands sujets étaient :

 

1) Comment faire l’expérience de la Miséricorde aujourd’hui dans l’accueil de la Parole et des sacrements ; et comment la partager avec nos contemporains ? Comment faire de notre communion ecclésiale une Eglise de la Miséricorde de Dieu, qui sache accueillir et consoler chacun ? Comment vivre notre mission avec une créativité renouvelée au service de tous, avec une option préférentielle pour les plus fragiles, les pauvres, les malades, les dépendants, les prisonniers ?…

 

Le pape a voulu exprimer son intérêt pour ce Congrès en nommant un Envoyé spécial, le cardinal Barbarin. Etaient présentes des délégations de tous les continents et de nombreux pays, surtout de l’Asie (Malaisie, Indonésie, Singapour…) et d’Océanie (Papouasie, Samoa, îles Salomon…). Une vingtaine de Français ont fait le déplacement dont Mgr Pascal Roland, coordinateur pour la Conférence des Evêques de France ; une quarantaine d’Autrichiens, une vingtaine de Chiliens, une centaine d’Américains U.S., une quinzaine d’Africains, pour donner quelques chiffres.

 

Dans de nombreux pays, il existe un comité national de coordination présidé par un évêque coopté par le WACOM (présidé par le cardinal Schönborn et organisé par le  secrétaire général, actuel curé-recteur d’Ars, le P. Patrice Chocholski) et la Conférence des évêques. Il existe également une coordination continentale présidée par un évêque de la conférence du continent. L’évêque de la FABC (fédérations des épiscopats d’Asie) a joué un rôle déterminant. Le pape François a décidé au troisième jour du Congrès de reconnaître et inscrire ce processus WACOM (congrès mondial tous les trois ans, suivi de congrès continentaux et nationaux partout dans le monde dans l’entre-temps) au sein du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

 

Le Congrès s’est étalé sur la durée de 5 jours, organisé dans des lieux différents dans respectivement 4 diocèses de la baie de Manille. Il a regroupé globalement plus de 16.000 personnes. 4.500 étaient régulièrement inscrits et ont suivi assidûment tous les évènements. Il a été pris en charge par chaque diocèse, avec un profit qui sera dévolu à des œuvres sociales et à l’entretien de trois sanctuaires aux Philippines. Toute la conférence épiscopale composée de plus de 100 évêques était partie prenante avec à sa tête le président Mgr Socrates Villegas et le cardinal Tagle de Manille.

 

Le contexte social et politique a contribué à donner un relief particulier à ce congrès. Les Congrès de Bogota et de Manille n’ont pas été sans incidence (processus de paix avec les FARC et les paramilitaires, relations de l’Eglise avec la présidence de la République). L’insistance du pape Jean-Paul sur la miséricorde, unique espérance pour aujourd’hui, nous touche : « L’humanité ne trouvera pas la paix, tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers le mystère de la divine miséricorde. » Des politiques et des représentations d’associations y participent en nombre.

 

Les Congrès se déclinent jour après jour dans un équilibre entre des conférences formatives, des témoignages de baptisés, des moments de prière et de célébration joyeuse, des expressions culturelles, des visites aux institutions sociales, des rencontres avec la population locale sous forme de chants, danse, ou théâtre sur les places. Cette année, les participants ont été particulièrement touchés par l’homélie du président de la CBCP, menacé par des tueurs à gage, nous rappelant que l’engagement pour la miséricorde comporte un risque qu’il faut savoir assumer ; par les témoignages de réconciliation, par celui d’un Philippin affecté de poliomyélite, par d’une association favorisant les relations interreligieuses à Mindanao; par celui d’une coordinatrice libanaise organisant le premier congrès du Moyen-Orient au Caire ; par la beauté des eucharisties, par des danses culturelles hautes en couleur; par le climat fraternel et familial régnant parmi les coordinateurs internationaux; par la gentillesse des Philippins…

 

Entre les différents congrès, des orientations sont prises quant au cheminement des diocèses, des paroisses, des groupes de spiritualité. Dans les trois années qui viennent, l’inspiration nous viendra de la lettre apostolique Misericordia et misera. L’accent est mis sur la lectio divina et les œuvres de miséricorde, avec la mise en place de la journée de la Parole de Dieu et la Journée mondial des pauvres voulues par le Pape François. En Asie, l’exemple philippin fait des émules : presque tous les diocèses de l’Archipel ont leurs coordinateurs et aumôniers nommés par les évêques ; chaque diocèse a son sanctuaire de la Miséricorde. On envisage désormais un centre spécifique de formation pour les prêtres. Des programmes de formation pour les communautés de base sont en place. Un institut de la mission de miséricorde a été fondé à Manille pour les Chinois du continent et a formé de manière intensive (sur trois mois) plus de 500 prêtres, laïcs et religieux pour de nombreux diocèses. Des supports sont produits par les secrétariats asiatique, européen et d’Amérique latine, surtout afin de promouvoir la lectio divina et la connaissance des Pères et du catéchisme de l’Eglise Catholique de même que les documents du magistère sous le prisme de la Miséricorde.

 

Le prochain Congrès apostolique mondial de la Miséricorde se tiendra à Apia (Samoa) et sera préparé conjointement par les 4 conférences épiscopales d’Océanie, le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation et la coordination WACOM.

 

« Voici venus les temps de la Miséricorde. » C’est un projet qui prolonge l’Année de la Miséricorde sur le long terme.